Bilan de la tragédie congolaise et ses racines I

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Bilan de la tragédie congolaise et ses racines I

Message par udps_be » sam. nov. 07, 2009 3:40 pm

Cinquantenaire de la proclamation de l’« Indépendance » du Congo
(30 juin 1960-30 juin 2010)



Bilan de la tragédie congolaise ses racines, son histoire et sa solution vraie, valable, définitive et durable

Réf. : UDPS/BELUX/RBL/DE/055/30/10/2009

Résumé :

La tragédie congolaise est la plus grave de toutes les tragédies connues sur terre depuis que l’humanité existe car elle est à la fois profonde, persistante, multidimensionnelle (ontologique, axiologique, spirituelle, politique, économique, sociale et écologique), multifactorielle et elle dépasse toutes les autres tragédies connues au cours de l’histoire humaine en durée (elle dure depuis 1482 à ce jour) et elle s’aggrave chaque jour, chaque mois, chaque année davantage de façon exponentielle.

Elle dépasses toute les autres tragédies connues au cours de l’histoire de l’humanité en durée, en ampleur, en atteintes contre la dignité humaine, en génocide, en violation des libertés et des droits de l’homme et des droits des peuples, en horreurs, en atrocités, en violences, en humiliations, en destructions, en pertes des vies humaines, en tortures, en viols, en violences sexuelles, en pillages des richesses naturelles, en destruction de l’écosystème, en conséquences politiques, économique, sociale et écologique.

De tous les Rapports des hommes sérieux, crédibles, responsables et objectifs, des auteurs, des experts, des analystes, des Organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme, des journalistes, des envoyés spéciaux, des responsables politiques, des démocrates, des humanistes et de tous les hommes épris de paix, d’amour, de liberté, de justice et de solidarité se dégage un consensus formel, clair, distinct et unanime ci-après :

- Aucun pays dans le monde, pas même l’Allemagne nazie ni les pays victimes du nazisme, n’a été ni à court, ni à moyen et ni à long terme, autant détruit et pillé comme l’est notre Patrie, le Congo/Kinshasa.
- Aucun autre peuple n’a été autant que le Peuple Congolais victime d’humiliations, de blessures, d’atteintes à la dignité humaine, aux libertés et aux droits de l’homme et droits des peuples, victime de tant d’horreurs, d’atrocités, d’injustices, de violences, de conflits armés endémiques et fratricides, de terrorisme d’Etat, d’insécurité généralisée, d’instabilité, de tyrannie, de viols, de tortures, de traitements cruels, inhumains et dégradants, de violences sexuelles, des massacres des populations civiles, d’assassinats politiques, de déplacements forcés.
- Aucun pays ne s’est jamais vu vidé de ses fils, de son sang, de ses énergies et de ses cerveaux comme l’est le Congo/Kinshasa.
- Aucun autre peuple autant que le Peuple Congolais n’a vu son Combat de libération nationale et le Combat de ses Leaders démocrates et humanistes, leurs efforts déployés, leurs sacrifices consentis, leur sang versé pour instaurer un Etat de droit démocratique au Congo être trahis, combattus et annihilés par la Communauté Internationale y compris par ceux qui se disent démocrates et humanistes occidentaux avec la complicité d’une fraction de l’élite congolaise vidée de toute substance ontologique, de toute densité axiologique, de toute notion de valeur, de dignité, de bien, d’amour propre, d’amour pour la patrie et pour le Peuple, de liberté, de justice, d’amour propre, de solidarité, de toute conscience patriotique et démocratique.

Dans le cas de l’Allemagne nazie, dès qu’il était apparu à la Conscience Internationale de façon claire et distincte que le régime du IIème Reich, ses concepteurs, penseurs et animateurs représentaient pour la survie de l’humanité, des idéaux et des valeurs nobles et inaliénables qui constituaient les racines et les fondements de la Civilisation, du Monde libre et l’Avenir de l’humanité, nous avons vu se coaliser immédiatement, sans atermoiements ni hésitations, même les ennemis naturels et irréductibles (les démocrates et humanistes - Roosevelt, Churchill et De Gaulle et les communistes – Staline) pour détruire par une guerre totale le régime hitlérien, mettre hors d’état de nuire par le Procès de Nuremberg ses concepteurs, penseurs et animateurs et instaurer un Etat de droit démocratique en Allemagne.

Ce qui se passe au Congo/Kinshasa est pire que le régime nazi et a des conséquences catastrophiques. Le Congo/Kinshasa est l’un des Géants de l’Afrique et du Monde ; l’un des plus grands réservoirs des matières, d’énergie et d’eau du Monde, l’un des Greniers de la Terre, l’un des Foyers de la Méga-biodiversité ; l’un des centres les plus riches en ressources humaines, en démocrates, humanistes et hommes d’Etat – écartés de la gestion de pays - , en richesses multiculturelles et multi-artistiques.

Si ce pays devient un Etat de droit réellement indépendant, souverain, démocratique, moderne et prospère géré par les hommes d’Etat, démocrates et humanistes démocratiquement élus parmi les meilleurs des fils du pays, compétents et responsables, ce pays qui occupe une position multi-géostratégique au cœur de l’Afrique assumera certainement sa vocation naturelle de devenir le pays le plus stable et le plus prospère de l’Afrique, l’Epicentre de la paix, de la stabilité, de la démocratie, de la solidarité, de l’entente, de la coopération et du progrès dans toute l’Afrique ; la nation-pilote du monde afro-asiatique et contribuera à la solution de nombreux problèmes qui se pose dans le monde.

Mais, malheureusement, bientôt 50 ans après l’Indépendance (30 juin 1960-30 juin 2010), le Congo est un territoire sous tutelle, domination et exploitation politique, militaire, sécuritaire et économique étrangères et classé parmi les pays les plus pauvres très endettés ; une jungle où les seigneurs de guerre, les imposteurs, les mercenaires, les médiocres pervers, les aventuriers, les opportunistes et leurs suppôts étrangers esclavagistes et prédateurs imposent leur loi et leur volonté arbitraire à un peuple démuni, paupérisé à l’extrême, sans défense ; un territoire sans armée nationale et républicaine ni services de sécurité dignes de ce nom, sans infrastructures administratives, routières, scolaires, académiques, sanitaires, ferroviaires, aériennes et maritimes.

En avril 2004, « Joseph Kabila » avait fait, du haut de la Tribune du Sénat belge, fait l’éloge de l’esclavage et de la colonisation dont notre Peuple a été victime : vous lirez, dans le document en pièce jointe, ce que nombreux responsables et auteurs occidentaux y compris belges disent du même l’esclavage et de la même colonisation.
En avril 2009, dans une interview au Journal New York Times, le même « Joseph Kabila », le « garant des institutions étatiques actuelles » et le chef de file du régime, a avoué la faillite de son système ; jeté l’éponge; révélé l’impuissance et l’inaptitude de son régime à faire sortir le Pays du trou noir; affirmé que presque tous ses collaborateurs étaient marqués du sceau d’infamie et de corrompus et que tout le système était paralysé par une corruption structurelle, généralisée et rampante : il a ainsi confirmé le diagnostic de l’International Transparency qui classe le Congo depuis 2001 dans le Top 10 des pays les plus corrompus du monde.

Le pays est diplomatiquement inexistant sur l’échiquier international : à cause du non-paiement des cotisations obligatoires dans les institutions et les instances internationales, il ne peut y prendre la parole ni y présenter ses candidats à un quelconque poste de responsabilité lors des élections. Le journaliste congolais, M. Ben-Clet, a révélé dans Le Potentiel, Edition 3961 du 28 Février 2007, que le cadavre d’un diplomate congolais mort en mission à Abudja, la Capitale politique du Nigéria, avait été délaissé à la morgue d’Abudja où il avait pourri pendant 5 mois. L’abandon de la dépouille du diplomate congolais à la morgue d’Abuja a, selon les chancelleries africaines à Kinshasa, jeté un discrédit supplémentaire sur le Congo et ses autorités.

Non seulement les richesses, ressources, potentialités et atouts considérables de ce pays ne sont pas utilisés pour les intérêts partagés du Peuple Congolais et de nos Partenaires, ils ne sont pas utilisés au service des nobles causes dans le pays même et ou dans le monde, ou pour résoudre les problèmes qui secouent notre Monde et relever les défis auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée, mais ils sont même gaspillés localement par les seigneurs de guerre, les imposteurs, les mercenaires, les aventuriers, les opportunistes et utilisés internationalement par les terroristes et les groupes maffieux pour blanchir l’argent sale, financer le terrorisme international qui sèment l’insécurité, le terrorisme et le deuil dans le monde.

Les cris de détresse et de S.O.S. s’élèvent du plus fond de notre Peuple et s’adressent à tous les hommes de progrès, aux démocrates, aux humanistes, à tous les responsables politiques, religieux et de la Société Civile répandus dans le Monde.

Où sont les hommes de progrès, les démocrates, les humanistes, les responsables politiques, religieux et de la Société Civile dans le monde ?

Que font-ils aujourd’hui face à la tragédie congolaise, face aux imposteurs, mercenaires, seigneurs de guerre, opportunistes et aventuriers locaux et face à leurs suppôts esclavagistes et prédateurs étrangers?

Que font-ils pour soutenir concrètement, ici et maintenant, le combat noble et juste et de notre Peuple et le combat des démocrates et humanistes congolais qui sont leurs alliés naturels (ceux qui partagent les mêmes idéaux, les mêmes valeurs, la même vision et la même conception du monde) ?

En laissant agit impunément et triompher au Congo/Kinshasa, les esclavagistes sadiques, les prédateurs voraces et insatiables étrangers et leurs « Kapitas médaillés » intronisés à Kinshasa, nous aurons nous tous échoué. Et les intérêts partagés du Peuple Congolais et de tous nos Partenaires (intérêts d’Etats à Etats et de nos Peuples réciproques) deviennent chaque jour gravement compromis.

Notre action nécessaire, urgente et collective est impérieuse ici et maintenant (hic et nunc événementiel).

Demain, ce sera trop tard, car le désastre risque sera total, le génocide sera complet et le chaos final sera atteint.

Développement

I. Les racines de la tragédie congolaise

1. Dans le contexte global des relations « Europe-Afrique » : l’Eurafrique = le rêve européen (Afrique, bien commun européen)

« L’Afrique, les matières premières, l’Europe, la matière grise »
(Pierre Vigny, 1957, ancien ministre belge).

1.1.1. La proximité géographique Europe-Afrique

Certaines parties de l’Afrique, au Nord du Sahara, se trouvent, géographiquement et historiquement, si proches de l’Europe méditerranéenne que certains européens les considèrent comme formant ensemble un espace culturel et économique.

Le général Smuts, ancien premier ministre de l’Union Sud-Africaine, avait dit en 1947, que les déserts du Sahara, et non la Méditerranée, constituaient en réalité la limite septentrionale de l’Afrique : « Les mers ne sont pas des frontières, mais des voies de communication », ajoutait-il, « Les déserts sont des frontières naturelles » (A.A.J. Bilsen, « L’Indépendance du Congo » (Casterman, 1962, p. 26).

Du temps des Romains, on aurait pu appeler l’Afrique du Nord, l’Europe du Sud… Seulement, au VIIème siècle de notre ère, l’Islam a conquis l’Afrique du Nord, l’arrachant à l’Europe et la séparant de celle-ci par un « rideau de fer » millénaire au point de vue économique, politique et spirituel.

Smuts entendait écarter de « son Afrique » les régions situées au Nord des déserts, tout comme la France, elle, aurait bien voulu « intégrer » par l’assimilation le Maghreb dans « son » Europe. Mais la géographie, l’histoire, l’islam, la révolution arabe ont fait que le l’Afrique du Nord soit aussi africaine qu’arabe. Toutes les conceptions géopolitiques au sujet de l’Afrique qui n’ont pas tenu compte de ces faits ont conduit à l’échec. En outre, le monde arabe est ancré en Afrique et toute tentative de vouloir confédérer l’Europe et l’Afrique doit inclure ce fait.

1.1.2. L’Afrique est, avec le Moyen-Orient-Orient, le principal et le plus proche fournisseur de matières premières de l’Europe

L’Europe et tout le monde industrialisé a besoin de ses ressources. Si, dans le contexte de la guerre froide, les pays du bloc soviétique devaient réussir, grâce à une politique d’influence et d’infiltration, à rendre le Moyen-Orient et l’Afrique inaccessibles et même hostiles à l’Europe, ce serait une catastrophe dont l’Europe ne se relèverait pas. L’Afrique est donc pour l’Europe et pour l’ensemble du monde occidental une région d’importance vitale aux points de vue géopolitique, géostratégique et économique. D’où, l’Eurafrique était pour les hommes d’Etat européens, un système de sécurité, une réponse au « vide » créé par la décolonisation.

En 1957, M. Pierre Vigny, ancien ministre belge, a exprimé d’une manière claire, brutale, instructive et frappante comment nombreux Européens concevaient l’Eurafrique : « L’Afrique fournit les matières premières, l’Europe la matière grise ».

L’Europe devait donc maintenir en permanence un certain contrôle sur une Afrique complémentaire quelles que soient les formes institutionnelles de l’évolution politique. Ce néo-colonialisme procédait de la peur du « vide » qui allait naître lors de l’effacement de la domination coloniale.

Ce sentiment était et est encore partagé par les milieux de la finance et des affaires « coloniales » habitués à des situations de monopole et de totale sécurité.

Un ensemble de facteurs – la proximité géographique de l’Afrique, la présence des matières premières en Afrique, le retard de l’éveil de l’Afrique par rapport à l’Asie, le guerre froide et son incidence sur les relations entre l’Occident et le bloc soviétique – ont favorisé la naissance, en Europe, du rêve eurafricain.

L’analyse du comportement des puissances coloniales envers leurs territoires africains émancipés montre, même chez les gouvernants progressistes, un désir d’insérer l’avenir de l’Afrique dans des structures englobant la projection de leurs intérêts nationaux sur l’Afrique et la sauvegarde des intérêts des colons. Les pays protectionnistes (France et Portugal) avaient tout simplement transformé leurs colonies en provinces et départements d’outre-mer. La Grande-Bretagne a englobé ses colonies dans un grand ensemble appelé le Commonwealth.

La Belgique, pour sa part, n’avait jamais ni voulu, ni prévu, ni préparé à brève et à longue échéance l’indépendance du Congo et a fait peser sur l’avenir de son-ex colonie des hypothèques (défaut de préparation des cadres dans l’administration et dans l’armée, sécessions…) qui allaient entraîner nécessairement les catastrophes dont le Congo n’a pas fini de subir les effets (Cfr Jules Chomé, « L’ascension de Mobutu du Sergent Joseph Désiré au Général Sese Seko », éditions complexe, pp. 7-25). Au contraire, la Belgique voulait créer une communauté belgo-congolaise. Jusqu’à ce jour, très peu d’hommes politiques belges considèrent le Congo/Kinshasa comme un pays réellement indépendant et souverain.

Nous verrons plus loin qu’une grande partie de la Classe politique belge continue à se comporter comme des esclavagistes sadiques, des néo-colonisateurs cyniques et des prédateurs insatiables; à s’ingérer de façon intempestive, indue, insupportable, humiliante et outrancière dans la gestion politique et économique interne du Congo/Kinshasa; à vouloir présider aux destinées de ce pays; à maintenir le Congo/Kinshasa ce pays dans un état permanent du sous-développement permanent; à y utiliser les méthodes et les stratégies coloniales et y bloquer l’émergence d’un Etat de droit réellement indépendant, souverain, démocratique, moderne et prospère géré selon les règles de la bonne gouvernance et les principes démocratiques par les hommes d’Etat congolais, démocrates et humanistes démocratiquement choisis parmi les meilleurs fils du pays, compétents, responsables et capables de préserver les intérêts partagés du Peuple Congolais et des partenaires y compris même de la Belgique.

La majorité de la Classe politique belge continue, jusqu’à ce jour, à se servir de « Kapitas médaillés », c’est-dire une fraction de congolais médiocres et pervers qu’ils ont réussi à vider de toute substance ontologique et axiologique, de toute notion de valeur, de bien, de liberté, d’amour propre, de dignité, d’amour pour leur Patrie et leur Peuple et de toute conscience patriotique et démocratique. Ce sont ces congolais qu’ils placent par tous les moyens au pouvoir au Congo/Kinshasa et avec qui ils détruisent ce pays, pillent pour leurs comptes individuels les immenses richesses naturelles de ce pays; compromettent gravement les intérêts partagés du Peuple belge et du Peuple Congolais (Intérêts d’Etats à Etats et des Peuples réciproques) et condamnent le Peuple Congolais à la mendicité, la famine, à la misère et au deuil permanent.

Revenons au rêve eurafricain. Nombreux milieux européens partisans de l’unité européenne considèrent jusqu’à ce jour l’indépendance des pays africains comme purement formelle mais s’attardent à considérer l’avenir de l’Afrique comme une conjonction de zones d’influence britannique, belge, française, portugaise… protégés par des bases militaires et gérées par eux par le canal de leurs pions et agents d’affaires locaux.

2. Le cas particulier du Congo/Kinshasa

La Belgique n’avait jamais ni voulu, ni prévu, ni préparé à brève ou à longue échéance l’Indépendance du Congo

Grâce à ses immenses atouts, à ses richesses, à ses ressources et à ses potentialités, le Congo/Kinshasa fut et est la convoitise de tous les groupes esclavagistes, coloniaux, néocoloniaux, maffieux et prédateurs. Il a vu et voit se succéder jusqu’à ce jour différents systèmes visant à maintenir le Congo dans un état de sous-développement permanent ; à bloquer l’insertion de notre Pays dans le concert des grandes nations modernes, libres, démocratiques, riches et développés, l’accession de ce pays à une vraie indépendance politique, culturelle, religieuse, sociale et économique et l’instauration d’un Etat de droit démocratique, moderne et prospère géré selon les règles de la bonne gouvernance et des principes démocratiques par hommes d’Etat démocrates et les humanistes congolais démocratiquement élus parmi les meilleurs fils du pays, capables de préserver les intérêts partagés de notre Peuple et de notre Partenaires et de permettre à notre beau et riche pays d’assumer sa vocation naturelle d’être le pays le plus riche, le plus stable, le plus prospère et le plus développé d’Afrique ; l’Epicentre de la paix, de la démocratie, de la stabilité, de l’entente, de la solidarité, de la coopération et du progrès dans la Région des Grandes Lacs ; la nation -pilote du monde afro-asiatique; contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire et de la solution des défis, fléaux et problèmes auxquels notre Monde est aujourd’hui confronté.

2.1. Esclavage et colonisation : illustration par quelques textes

1. Léopold II, Roi de Belgique, Discours prononcé le 12 janvier 1883 devant les missionnaires se rendant en Afrique:
"[...] Le but principal de votre mission en Afrique n'est donc point d'apprendre aux nègres à connaître Dieu, car ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à un Mundi, Un Mungu, Un Diakomba et que sais-je encore; ils savent que tuer, voler, coucher la femme d'autrui, calomnier et injurier est mauvais. Ayons donc le courage de l'avouer. Vous n'irez donc pas leur apprendre ce qu'ils savent déjà. Votre rôle essentiel est de faciliter la tâche aux administratifs et aux industriels. C'est donc dire que vous interprétez l'évangile de façon qui sert à mieux protéger nos intérêts dans cette partie du monde.
"Pour ce faire, vous veillerez entre autres à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leur sol et sous-sol, pour éviter qu'ils s'y intéressent, qu'ils ne nous fassent pas une concurrence meurtrière et rêvent un jour à nous déloger. Votre connaissance de l'Évangile nous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d'aimer la pauvreté, tel par exemple : " heureux les pauvres car le Royaume des cieux est eux ", " Il est difficile aux riches d'entrer au ciel ".
"Vous ferez tout pour que les Nègres aient peur de s'enrichir pour mériter le ciel.
"Pour éviter qu'ils ne se révoltent de temps en temps et pour que vous les fassiez craindre, vous devez recourir à la violence. Vous leur enseignerez de tout supporter même s'ils sont injuriés ou battus par vos compatriotes administratifs.[...]
"Évangélisez les Nègres à la mode des Africains, qu'ils restent toujours soumis aux colonialistes blancs. Qu'ils ne se révoltent jamais contre les injustices que ceux-ci leur font subir. Faites leur méditer chaque jour " heureux ceux qui pleurent car le Royaume des cieux est à eux ". Convertissez toujours des Noirs au moyen de la chicote. Gardez leurs femmes à la soumission pendant neuf mois afin qu'elles travaillent gratuitement pour vous. Exigez ensuite qu'ils vous offrent en signe de reconnaissance des chèvres, poules, oeufs, chaque fois que vous visitez leurs villages.
"Faites tout pour éviter que les Noirs ne deviennent jamais riches. Chantez chaque jour qu'il est impossible à un riche d'entrer au ciel. Faites-leur payer une taxe chaque semaine à la messe de dimanche. Utilisez ensuite cet argent prétendument destiné aux pauvres et transférez ainsi vos missions à des centres commerciaux florissants. Instituez pour eux un système de confession qui fera de vous de bons détectives pour démentir tout Noir qui a une prise de conscience envers les autorités investies du pouvoir de décision".
2. Pressafrique

"L'exploitation du Congo fut le plus grand crime contre l'humanité jamais commis dans l'histoire de l'humanité" Sir Arthur Conan Doyle, Letters to the press, 1909).

« La colonisation du Congo fut la plus infâme ruée sur un butin ayant jamais défiguré l'histoire de la conscience humaine ». (Joseph Conrad, Heart of Darkness: An authoritative text, Background and Sources; Criticism).

"Ils avaient pour roi l'ange de l'abîme, appelé en hébreu Abaddon, et en grec Apollyon (c'est à dire l'exterminateur)". (Apocalypse, chap IX,11). Cité par Jules Marchal, diplomate belge et ancien fonctionnaire territorial au Congo Belge dans E.D. Morel contre Léopold II, L'Histoire du Congo 1900-1910, L'Harmattan, 1985. Histoire de la colonisation Belge, Livre en intégral. Jules Marchal

3. Pressafrique : "Le Roi Léopold II : Criminel contre l’humanité. Exterminez toutes ces brutes, Voyage au cœur des tenèbres" :

"Voici un siècle, le roi Léopold II fit à son peuple l'encombrant cadeau d'un pays-continent, le Congo. A l'instar de François Mitterrand au Rwanda , Léopold II, roi de Belgique, derrière un visage humaniste cachait un visage monstrueux. Soucieux de passer à la postérité et de régner sur un royaume avec les pleins pouvoirs il décida de s'inviter au partage du gâteau colonial et d'obtenir une concession coloniale. Après avoir essayé en vain, il finit par sponsoriser les explorations du « civilizator » Henri Morton Stanley qui civilisait les nègres à la mitraillette au Congo. Lors de la conférence de Berlin de 1885, après maintes manoeuvres diplomatiques, la possession du Congo (futur Congo Belge) lui fut attribuée à titre personnel. Le roi Léopold II nomma sa nouvelle propriété : « Etat Indépendant du Congo ». La politique menée par le roi Léopold II au Congo constitue à bien des égards une préfiguration du génocide européen".

-"Léopold II proclama son intention de civiliser le Congo en l'ouvrant au christianisme et au commerce, et de protéger ses habitants de l'esclavage pratiqué par certaines tribus arabes. Ce fut l'apocalypse pour les habitants du Congo. Un « holocauste oublié de 10 millions de morts » entre 1880 et 1920 selon Adam Hochschild (Les fantômes du roi Léopold )

- "Même si l'on ne peut pas parler de génocide car il n'y avait pas intention d'exterminer un peuple pour ses origines, les massacres de masse réalisés par Léopold II à des fins mercantiles préfigurent dans une certaine mesure l'ignominie qui aura lieu en Europe cinquante ans plus tard. Il n'y a pas de césure radicale entre les massacres coloniaux et la Shoah mais une continuité comme l'explique Hannah Arendt dans son ouvrage "L'impérialisme. Les Origines du totalitarisme", publié en 1951. L'impérialisme rend le racisme nécessaire pour justifier ses actes : « Là sous le nez de tout le monde, se trouvaient un grand nombre des éléments qui, une fois réunis, pouvaient créer un gouvernement totalitaire sur la base du racisme ». Selon Sven Linquist, dans Exterminez toutes ces brutes, beaucoup oublie qu'Hannah Arendt tenait les « massacres terribles » et les « meurtres sauvages » des impérialistes européens pour responsables « de l'introduction triomphante de tels moyens de pacification dans des politiques étrangères banales et responsables », engendrant ainsi le totalitarisme et ses génocides. On y retrouve la même animalisation et infériorisation de l'Autre à partir d'un discours pseudo-scientifique hérité de Darwin et dénaturé au travers des thèses de Gobineau. Ce discours raciologique, accolé aux théories de l'eugénisme selon lesquels les peuples ou les individus ''dénaturés'', amenés de toute manière à disparaître, doivent être éliminés pour purifier la « race », «le peuple », a fourni le matériau idéologique nécessaire pour conditionner les masses au pire et justifier l'innommable. « L'extermination des brutes » : voyage au Coeur des ténèbres.

- « J'ai été tellement choqué, votre Excellence, par les histoires racontées par les autochtones que j'ai pris la liberté de leur promettre que dorénavant vous les tuerez seulement pour les crimes qu'ils commettront ». John Harris, Missionnaire à Baringa.

- "Dès 1872, le roi Léopold II, qui n'ira jamais sur sa propriété personnelle du Congo, a mis en place une gigantesque entreprise d'appropriation et d'exploitation éhontée d'un territoire et de ses habitants lesquels sont privés de tout pouvoir politique mais aussi de la propriété de leurs terres et des ressources naturelles produites par celles-ci. Les Congolais payeront de leurs vies l'appétit insatiable du roi Léopold II pour s'accaparer l'ivoire puis le caoutchouc qui nécessitait un travail harassant et douloureux. Pour parvenir à ses fins, Léopold II eut recours a un véritable système d'esclavage par le travail forcé et par la terreur. Les villages étaient brûlés, les habitants contraint à travailler en échange de leurs vies sauves et de rien d'autres. Ce trafic très lucratif se fait sauvagement : asservissement des populations autochtones, déportations, travail forcé avec prise d'otage des femmes et des enfants pour obliger les hommes à travailler à la cueillette extrêmement pénible du latex. Les villages sont rasés, les actes de torture avec mutilations sont courants, quand il ne s'agit pas de massacres de masse. Outre le fouet en peau d'hippopotame : la « chicotte » - innombrables sont les cas de flagellation à mort -, pour chaque balle fournie aux soldats oeuvrant pour le roi Léopold II il est demandé de ramener la main coupée du cadavre.

- MAIN COUPEE


"Les officiers européens exigeaient la preuve que les balles étaient utilisées pour abattre quelqu'un, et non pour chasser ou pour préparer une mutinerie. Cette preuve, c'était une main, coupée au cadavre. Ce qui explique certaines mains coupées à des indigènes vivants, pour justifier une balle en réalité utilisée à chasser. Léopold, accusé, répondait avec mépris : ''Les mains coupées, mais c'est idiot !. Je leur couperais bien tout le reste, mais pas les mains. C'est la seule chose dont j'ai besoin au Congo ! ''

« Pour faire du caoutchouc, il faudra couper des mains, des nez et des oreilles. » (Charles Lemaire, Belgique et Congo, cité par Daniel Vangroewe, Du sang sur les lianes, p.46.).

« Si un village, refusait de se soumettre à ce régime, des troupes de l'Etat ou d'une compagnie ou leurs alliés abattaient parfois toute la population en vue, de manière à bien faire parvenir le message aux villages voisins. Mais en de telles occasions, certains officiers européens se montraient méfiants. Pour chaque cartouche fournie à leurs soldats, ils exigeaient la preuve que la balle avait été utilisée pour tuer quelqu'un, et non ''gâchée'' ». (Adam Hochschild, Les fantômes du roi Léopold).

Site belge http://www.cobelco.org.: "10 MILLIONS DE MORTS: « En 1919, une commission officielle du gouvernement belge estima que, depuis l'époque où Stanley avait commencé à établir les fondations de l'Etat de Léopold, la population du territoire avait été réduite de moitié. Le commandant Charles Liebriechts, qui exerça de hautes fonctions au sein de l'administration de l'Etat Congo pendant la majeure de l'existence de ce dernier, parvint à la même conclusion en 1920. De nos jours le jugement qui fait le plus autorité est celui de Jan Vansina, professeur émérite d'histoire et d'anthropologie à l'université du WISCONSIN ; et sans doute le plus grand ethnographe actuel spécialisé dans les peuples du Bassin du Congo. Il fonde ses calculs sur d'innombrables sources locales de régions différentes : prêtres remarquant que le nombre de leurs ouailles étaient en nette diminution, traditions orales, généalogies, et bien d'autres. Son estimation est la même entre 1880 et 1920 la population du Congo a diminué de moitié. La moitié de quoi ? Les premières tentatives de recensement territorial ne firent effectuées que dans les années 1920, le décompte effectué donna comme résultat dix millions de personnes. Villages incendié, otages affamés, réfugiés terrifiés mourant dans les marécages, ordre d'extermination » (Adam Hochschild, p.273. Les fantômes du roi Léopold II. Un holocauste oublié. Paris, Belfond, 1998).

« Pour faire du caoutchouc, il faudra couper des mains, des nez et des oreilles. » (Charles Lemaire, Belgique et Congo, cité par Daniel Vangroewe, Du sang sur les lianes, p.46.)
« Si un village, refusait de se soumettre à ce régime, des troupes de l'Etat ou d'une compagnie ou leurs alliés abattaient parfois toute la population en vue, de manière à bien faire parvenir le message aux villages voisins. Mais en de telles occasions, certains officiers européens se montraient méfiants. Pour chaque cartouche fournie à leurs soldats, ils exigeaient la preuve que la balle avait été utilisée pour tuer quelqu'un, et non ''gâchée'' ». (Adam Hochschild, Les fantômes du roi Léopold. Paris, Belfond, 1998).
«En 1986, le Kölniscje Zeitung fit paraître, en se référant à un «Belge jouissant d'une haute estime, un communiqué selon lequel 1308 mains coupés avaient été remises au tristement célèbre commissaire de district Léon Fievez en l'espace d'une seule journée». Le journal allemand publia cette nouvelle à deux reprises sans que l'état du Congo réagisse ou publie un démenti.» ((Jules Marchal, L'Etat Libre du Congo , L'Histoire du Congo, 1876-1900, tome I, p. 339).
«Chaque fois que le caporal s'en va chercher du caoutchouc, on lui donne des cartouches. Il doit rendre toutes celles non employés ; et pour chacune des cartouches brûlés il doit rapporté une main droite ! Pour prouver jusqu'où cela pouvait aller, (Roi) me dit qu'en six mois de temps ils avaient eux, l'Etat, sur la rivière Momboyo, tiré 6000 cartouches, ce qui voulait dire que 6000 personnes avaient été tuées ou mutilées. Cela veut dire plus de 6000, car on m'a dit à diverses reprises que les soldats tuaient fréquemment des enfants à coup de crosse » (Lagergen, Mission and State in Congo).
4. Pressafrique: Aux Origines du totalitarisme, L'impérialisme (Hannah Arendt): Extrait de Race et bureaucratie, chapitre III.: "Le Roi Blanc, Le Caoutchouc Rouge, La mort Noire, Post-Input 2005":
" La race apportait une explication de fortune à l'existence de ces êtres qu'aucun homme appartenant à l'Europe ou au monde civilisé ne pouvait comprendre et dont la nature apparaissait si terrifiante et humiliante aux yeux des immigrants qu'ils ne pouvaient imaginer plus longtemps appartenir au même genre humain. La race fut la réponse des Boers à l'accablante monstruosité de l'Afrique - tout un continent peuplé et surpeuplé de sauvages -, l'explication de la folie qui les saisit et les illumina comme l'éclair dans un ciel serein : "Exterminez toutes ces brutes". Cette réponse conduisit aux massacres les plus terribles de l'histoire récente, à l'extermination des tribus hottentotes par les Boers, à l'assassinat sauvage perpétré par Carl Peters en Afrique du sud allemande, à la décimation de la paisible population du Congo - de 20 à 40 millions d'individus, réduite à 8 millions ; enfin et peut-être pire que tout le reste elle suscita l'introduction triomphante de semblables procédés de pacification dans des politiques étrangères respectables".
"Léopold II est honoré comme un grand roi dans les manuels scolaires belges depuis une centaine d'années, et, ce, même si on le croit responsable de la mort de dix millions d'Africains au Congo. C'est ce que ce documentaire controversé avance. En 1885, les grandes puissances occidentales ont accordé au roi Léopold un type de souveraineté philanthropique sur ce pays africain inexploré. Le roi a nommé un explorateur pour superviser le « défrichage » du pays, qui a souffert de l'exploitation démesurée de ses ressources naturelles pour répondre aux besoins industriels pressants en caoutchouc naturel. Le film satirique déterre l'histoire cachée et les pages les plus sombres du chapitre humain et économique et, empruntant un terme (très) lourd de sens, dépeint Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha comme l'égal de Hitler en ce qui a trait à la cruauté et la culpabilité universelle. Seriez-vous surpris d'apprendre que lorsque la diffusion du film a été annoncée, la maison royale s'est mise à fulminer et elle n'apprécie encore guère le film. Ils ne sont pas les seuls Belges à maudire le réalisateur britannique »
5. Extrait du livre « Le Congo, de la découverte à l’indépendance », par Hubert Galle et Yannis Thanassekos, éditions J-Collet, 1983, pp. 55-56
« En 1887, à son retour du Congo, Albert Thys avait signalé à Léopold II les déficiences de son administration coloniale, en même temps qu’il mettait en garde contre les traitements inhumains que celle-ci réservait aux populations. Dès 1890, d’autres personnalités belges – certains proches du roi, comme Banning par exemple – avaient vivement dénoncé le « système » lui reprochant notamment d’aller à l’encontre des dispositions de Berlin et d’impliquer pour les masses autochtones l’expropriation et la dépossession de leurs droits naturels.
« A l’étranger, la critique du « système » léopoldien prit, rapidement, l’allure d’une véritable dénonciation internationale. Une dénonciation dont la violence et l’ampleur ne firent que croître d’année en année. Dix ans durant, la « question congolaise » incarnera pour l’opinion humanitaire européenne le scandale du siècle, la honte internationale. Accablants et concordants, portés, décrits et rendus publics par des missionnaires, des hommes politiques et des publicitaires, les témoignages sur les « atrocités congolaises» sont à l’origine de ce vaste mouvement qui non seulement discréditera Léopold II, mais en plus fera s’écrouler son « empire », un empire, il est vrai, déjà profondément sapé par ses propres contradictions et archaïsmes. L’ainsi dite « campagne anglaise » n’a fait, en vérité, que sonner le glas d’un système déjà moribond….
« La structure économique du système léopoldien, inédite parce qu’elle concentra en quelques-années, et en Afrique, les brutalités, les violences et les abus de quatre siècles d’accumulation primitive en Europe occidentale, fut connue, et très tôt, sous le label de « système léopoldien » : absolutisation du pouvoir politique, monopole de l’Etat – et l’Etat, c’était le roi -, privilèges exorbitants accordés aux sociétés privées qui régnaient en maîtres sur leurs territoires, intensification de la politique domaniale, mobilisation coercitive de la force de travail et maximalisation des profits sur la seule base de l’extraction de plus-value absolue, impôt en nature, accentuation des méthodes répressives tant le plan de l’organisation économique que sur celui de l’organisation sociale…
« Mais ce « système », si fructueux fût-il pour Léopold II, et les quelques groupes privés qui partageaient avec lui le « gâteau africain », ne résistera longtemps ni aux contradictions internes qui minaient ni à la désapprobation internationale qui, pour avoir été quelques années plus tôt la force mobilisatrice de la campagne antiesclavagiste, ne pouvait tolérer les abus de plus en plus flagrants de la politique léopoldienne……
« Le premier cri d’alarme avait été lancé d’Amérique. Le Noir George Washington Williams, venu au Congo chercher la Terre promise, y avait découvert, horrifié, l’enfer des « mains coupées ». Son rapport, publié en 1890, constitue le premier réquisitoire contre le régime léopoldien. En Amérique, ce fut une surprise. Mais pour l’Angleterre, depuis longtemps « chez elle » en Afrique et donc au fait des réalités congolaises, ce fut pas une découverte. Très tôt, dès 1891, des plaintes s’étaient accumulées sur les bureaux du Colonial Office concernant des sévices infligés à des Noirs recrutés dans les territoires sous autorité britannique et mis au travail au Congo. Après enquête, le secrétaire d’Etat aux Colonies, J. Chamberlain, interdit tout recrutement de main-d’oeuvre dans les colonies anglaises à destination de l’E.I.C.. Quelques années plus tard, en 1895, c’est l’affaire Lothaire qui focalise l’attention et précipite les événements. Le capitaine Lothaire, fonctionnaire de l’E.I.C., avait exécuté sommairement un négociant anglais, Charles Stokes, travaillant au Congo pour une société allemande. L’E.I.C. reconnut officiellement sa responsabilité dans cette sinistre affaire, mais jugea bon d’acquitter Lothaire. Le verdict fit sensation. Aux yeux de tous, l’administration léopoldienne affirmait sa volonté de légitimer, contre toute règle légale et morale, l’état de choses existant dans son territoire : l’ordre de l’arbitraire ».
6. Extrait de la Lettre du Roi Edouard II d’Angleterre au Roi Léopold II au sujet des atrocités commises au Congo :
« Sa Majesté partage entièrement l’avis de ses sujets et entretient certainement une opinion peu favorable à l’égard du roi des Belges et de ses ministres. Il ne fait aucun doute ni pour le peuple britannique ni, je pense, pour le Gouvernement, que des actes d’une grande cruauté se commettent sur le territoire du Congo belge, et … le roi des Belges en est tenu pour responsable dans une large mesure (…). Sa Majesté ne pourrait donc éprouver de sympathie envers un souverain, parent ou non, qui, à ses yeux, a négligé ses devoirs envers l’humanité. (Le secrétaire particulier d’Edouard VII à l’ambassadeur anglais à Bruxelles, 4 novembre 1903, Cité par Barbara Emerson, op. cit., p. 241, Cfr : « Le Congo, de la découverte à l’indépendance », par Hubert Galle et Yannis Thanassekos, éditions J-Collet, 1983, p. 57).
7. CADTM 01.07.07: Les crimes de la Belgique coloniale au Congo. Devoir de mémoire:
"...En effet, au début du 20e siècle, dans le cadre d'une campagne internationale de protestation contre les crimes dont se rendait coupable le régime de Léopold II au Congo, une période d'opprobre frappe Léopold II. Puis, on enregistre au cours des années 1930, une sorte de réhabilitation de Léopold II : on érige des statues équestres de Léopold II et on inaugure des plaques « commémoratives » dans une série de lieux publics extrêmement importants au niveau de la mémoire, comme le hall de l'hôtel de ville de Liège....
8. Le Roi blanc, le Caoutchouc rouge, la Mort noire (© Périscope Productions): Un documentaire belge de Peter Bate (2004), diffusé dans les Mercredis de l’histoire. 1 h 30 min. Mercredi 10 mai 2006, 20 h 40. Rediffusion TNT : samedi 13 mai, 15 h 15:
L’émission: Ce documentaire-fiction évoque le destin tragique et mal connu du Congo, ce grand territoire au cœur de l’Afrique, propriété personnelle de Léopold II, roi des Belges de 1885 à 1908, colonie de la Belgique jusqu’en 1960. Ce pays connaît depuis son indépendance différents épisodes tragiques. Une guerre civile jusqu’en 1965, la dictature de Mobutu qui change le nom du pays en Zaïre et un destin incertain depuis 1997, avec la succession des Kabila père et fils sur fond de troubles maintenus dans la région des Grands Lacs, à proximité du Rwanda. La première colonisation du Congo, entreprise à titre personnel par le roi des Belges Léopold II, a longtemps été un sujet tabou. Elle se révèle la plus barbare et la plus impitoyable de l’histoire coloniale. Elle remet largement en cause les prétentions d’évocation d’un quelconque « bilan positif de la colonisation ». Le film de Peter Bate met en scène un tribunal fictif qui confronte le roi Léopold II aux témoins à charge pour reconstruire cette page particulièrement sombre de l’histoire coloniale.
9. Lettre au Roi des Belges à propos de... Notre Hitler à nous, par Michel Collon:
"Sire, Avez-vous comme moi regardé hier soir sur Arte le remarquable film documentaire Le roi blanc, le caoutchouc rouge, la mort noire? Avez-vous été, vous aussi, horrifié en voyant ces souffrances terribles infligées à la population du Congo par le roi Léopold II entre 1885 et 1908 ? Ces enfants dont on tranchait la main quand ils ne rapportaient pas assez de caoutchouc ! Ces hommes dont on prenait les femmes en otage afin qu’ils produisent plus ! Ces villages entiers qu’on brûlait pour asseoir la terreur ! Ces tortures sadiques ! Avez-vous frémi, vous aussi, en entendant l’historien M’bokolo expliquer que ce génocide avait fait tomber la population du Congo de vingt millions à dix millions ? Ce n’est pas ce qu’on nous racontait à l’école, n’est-ce pas ? On nous parlait d’un « grand souverain visionnaire et bâtisseur » ! Alors qu’il s’est construit une des plus grandes fortunes du monde, à coups de tortures, de massacres et de mensonges ! Bruxelles, notre ville à vous et à moi, regorge de statues et monuments à la gloire de ce « grand roi ». C’est gênant. C’est comme si Berlin arborait fièrement des statues d’Hitler. Car, si on se place du point de vue des Noirs, Léopold II, c’était bien notre Hitler, n’est-ce pas ? Blanches ou noires, les victimes ont la même valeur. Que comptez-vous faire, Sire ?
Bien sûr, personne n’est responsable des actes de son arrière grand-oncle. Mais enfin, s’il est vrai que la fortune de la famille royale belge a pour origine un génocide, ça doit vous gêner terriblement ! Alors, voici deux suggestions… On parle beaucoup ces temps-ci, et à raison, du devoir de mémoire. On visite Auschwitz, et c’est très bien. Mais enfin, ne serait-il pas encore plus méritoire de s’occuper de notre Hitler à nous ? Je ne propose pas d’enlever ces statues choquantes. Il serait plus éducatif de les accompagner de quelques plaques expliquant ce qui s’est vraiment passé. Et de créer un musée du génocide congolais que les écoles pourraient visiter. Vous pourriez aussi, je ne sais pas, demander pardon?
Pas personnellement bien sûr, mais pour montrer que vous ne voulez pas être complice de ces crimes. Et puis aussi, pour ne pas rester seulement dans les symboles, ne pourriez-vous aider à réparer ? Comme vous le savez, les plus grosses fortunes de la Belgique se sont construites en pillant le Congo. Il existe un excellent livre, «Et l’Europe sous-développa l’Afrique» où le professeur Walter Rodney montre, faits et chiffres à l’appui, comment le colonialisme a bloqué le développement de ce continent. (Ce livre est déjà ancien et sans doute épuisé. Si vous ne le trouvez pas, appelez-moi, je vous le prêterai volontiers).
Donc, si votre grand-oncle a tant volé, vous serez bien d’accord qu’il est juste de restituer. Vous donnerez ainsi un bel exemple à plusieurs grosses sociétés belges. C’est important pour le peuple du Congo. Il se débat dans une misère épouvantable parce qu’on l’a volé. Et, comme vous savez, parce que le pillage continue aujourd’hui. Sous des formes plus camouflées mais plus efficaces encore. C’est aussi important pour nous en Belgique. On dit que vous êtes très préoccupé par la montée de nos partis fascistes et racistes. Vous avez là un excellent moyen de les contrer. Puisqu’ils ne cessent de présenter les réfugiés noirs comme des «profiteurs» qui viennent nous prendre notre bien-être, n’êtes-vous pas le mieux placé pour leur couper l’herbe sous le pied ? En montrant que les peuples noirs ne sont pas des profiteurs, mais des victimes. Et que notre bien-être (enfin, plutôt le vôtre que le nôtre) provient largement de ce pillage commis contre les Noirs. Alors, Sire, je vous le dis bien sincèrement : Remboursez ! Remboursez de bon cœur, ne gardez pas pour vous le fruit du génocide ! Ainsi, vous pourrez regarder vos enfants et petits-enfants les yeux dans les yeux. Et tous les enfants noirs. Ca vaut mieux qu’un gros tas d’or mal acquis, n’est-ce pas ? MICHEL COLLON
10. Pressafrique: L'horreur, L'horreur : Dix Millions de morts?
"Pendant une vingtaine d'années, les agents territoriaux, la force publique, et les milices armées des sociétés privées, allaient répandre la terreur dans les régions de l'Équateur, de l'Aruwimi, du Lomami, du Mai-Ndombe, de l'Itimbiri, de l'Uele, du Kasaï et de la Mongala. Esclavagisme, déportations, guerres, massacres, pillages, captures, emprisonnements et tortures étaient les moyens et les méthodes utilisés pour forcer la population à récolter le caoutchouc et à le livrer aux autorités coloniales. Selon certaines sources, des millions de Congolais allaient mourir à cause du régime mis en place par le roi Léopold II. Ce régime de terreur ne sera quasiment jamais dénoncé par les missionnaires catholiques qui participaient à la prétendue mission civilisatrice du roi. Pourtant de larges zones d'ombres subsistent encore sur cette période durant laquelle périrent 10 millions de Congolais selon Adam Hochschild . Adam Hoschschild s'appuyant sur les relevés démographiques, estime que la moitié de la population aurait disparu durant une vingtaine d'année. Cette estimation semble confirmée par des écrits officiels :
« En 1919, une commission officielle du gouvernement belge estima que, depuis l'époque où Stanley avait commencé à établir les fondations de l'Etat de Léopold, la population du territoire avait été réduite de moitié. Le commandant Charles Liebriechts, qui exerça de hautes fonctions au sein de l'administration de l'Etat Congo pendant la majeure de l'existence de ce dernier, parvint à la même conclusion en 1920. De nos jours le jugement qui fait le plus autorité est celui de Jan Vansina, professeur émérite d'histoire et d'anthropologie à l'université du WISCONSIN ; et sans doute le plus grand ethnographe actuel spécialisé dans les peuples du Bassin du Congo. Il fonde ses calculs sur d'innombrables sources locales de régions différentes : prêtres remarquant que le nombre de leurs ouailles étaient en nette diminution, traditions orales, généalogies, et bien d'autres. Son estimation est la même entre 1880 et 1920 la population du Congo a diminué de moitié. La moitié de quoi ? Les premières tentatives de recensement territorial ne firent effectuées que dans les années 1920, le décompte effectué donna comme résultat dix millions de personnes. Villages incendié, otages affamés, réfugiés terrifiés mourant dans les marécages, ordre d'extermination ». Adam Hochschild, p.273 .
Dans un documentaire de la BBC réalisé par Mark Dummet, le professeur congolais Elikia Mbokolo reprend le même chiffre et fait état de dix millions de Congolais qui auraient disparu des statistiques. Ce chiffre reste controversé et est lié à une interprétation des chiffres démographiques. Néanmoins il montre l'ampleur et l'ignominie du régime mis en place par Léopold II.
Adam Hochschild relie les causes de mortalité à des causes directes : meurtres de masse, assassinats, mais aussi à des causes indirectes liées au régime de terreur exercé par les vassaux de Léopold : famines, maladies, chute du taux de natalité. « Presque toujours les maladies tuent davantage, et plus vite, lorsqu'elles s'attaquent à des populations sous-alimentées et traumatisées : les nazis et les soviétiques n'avaient pas besoin de gaz toxiques ou de pelotons d'exécution pour achever nombre de ceux qui sont morts dans leurs camps » (p. 271). En 1929, le comité permanent du Congrès national de Belgique alerté par la diminution conséquente de la population et donc de la baisse du nombre de 'travailleurs' déclara : « Nous courrions le risque de voir un jour fondre et disparaître la population noire au point de nous trouver dans une sorte de désert ». (The Native Problem in Africa cité par Adam Hochschild, p. 273-274).
"Nombreux villages avaient été détruits, les populations traumatisées et affamées fuyaient dans une nature pour le moins hostile (forêts vierges, climat équatorial ou tropical, maladies infectieuses et parasitaires). Un missionnaire catholique qui travailla de longues années dans le district du lac Maï Ndombé, importante région productrice de caoutchouc remarqua la disparition de classe d'âge entière d'enfants : « A son arrivée en 1910, il fut surpris par l'absence quasi totale d'enfants âgés de sept à quatorze ans, bien qu'il n'y en eût beaucoup de plus âgés et de plus jeunes. Cela désignait la période 1896-1903, pendant laquelle, précisément, la campagne du caoutchouc battait son plein dans le district. A la même époque, un autre témoin se trouvait dans une région proche : Roger Casement, qui effectuait son voyage d'information. Selon son estimation, la population avait diminué de soixante pour cent. » (Ibid, p.271).
11. Du Congo à l’Oubangui-Chari : Une Généalogie du crime
"Si le Congo de Léopold fut le lieu où les massacres furent les plus nombreux, cette pratique de pacification coloniale et d'extermination par le travail pour le profit fut aussi appliquée par les puissances coloniales dans presque toute l'Afrique centrale. Ainsi en Centrafrique, selon Stephen Smith et Géraldine Faes : « Dans l'Oubangui-Chari, le régime instauré a été aussi féroce que la terreur exterminatrice au royaume africain de Léopold II. Entre 1890 et 1940, selon une estimation prudente, la moitié de la population centrafricaine a péri. Dans son livre publié en 1998, Le Centrafrique entre mythe et réalité, Pierre Saulnier cite le témoignage d'un prêtre spiritain, le père Daigre, qui a séjourné en Centrafrique de 1905 à 1940 en y faisant de grandes tournées à pied en brousse, mal vu pour sa « négrophilie », le père Daigre a été un témoin gênant : « A la fin de janvier 1917, je me rendais chez les Langbassis installés sur la Kandjia et, en cours de route, je rencontrai un caporal de milice qui me dit : « Ah ! tu vas là-bas ? Regarde bien, et toi qui es blanc, tu pourras dire au gouverneur ce que tu as vu, car nous les noirs, il ne nous croît pas ! » De fait, jamais je n'ai trouvé comme ici autant de maux accumulés : famine, maladies, assassinats, esclavage, anthropophagie, tout contribue à anéantir la population Langbassi de la Pandé. Dernièrement, un administrateur du Kouango me disait que les deux tiers des Mangbassis du Kouango avaient déjà disparu. Les exterminateurs de ces races ne pourront-ils pas toujours se réclamer des ordres reçus : ''du caoutchouc, par n'importe quel moyen ?'' » (Géraldine Faes et Stephen Smith, Bokassa 1er, un empereur français, p.59).

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