ALERTE BALKANISATION

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john mitima
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ALERTE BALKANISATION

Message par john mitima » ven. mai 28, 2010 4:35 pm

Pendant que nous continuons à chercher le sexe des anges voilà que chaque jour qui passe met en lumière le projet des"puissant" de ce monde sur notre pays. Nous avons comme l'impression que ce là n'arrive qu'aux autres mais attention car avec l'envie des uns et des autres de se faire des petits royaumes dans leur soi disant territoire "pseudo provincettes" ne soyons pas surpris demain que ces roitelets cherchent à avoir une "républiquette".




Balkanisation : après le Soudan, la RDC

Par Le Potentiel

Des officines occidentales ne démordent pas d’une obsession qui remonte à la Conférence de Berlin de 1885. De leur point de vue, la RDC, à l’instar de certains pays africains bien ciblés, devrait être démembrée et ses frontières redéfinies. Vigilance !

L’idée fait du chemin. Les apôtres de la redéfinition (par qui ?) des frontières des pays africains héritées de la colonisation ont la peau dure. Le 28 avril dernier, le très sérieux Foreign Policy Magazine a publié un pavé dans ce sens depuis les Etats-Unis d’Amérique.

Se référant aux tonitruantes déclarations du colonel Kadhafi, chef de l’Etat libyen, recommandant au Nigeria de résoudre le récurrent conflit interreligieux par la substitution du Nigeria actuel par deux Etats distincts : l’un musulman au Nord et l’autre, chrétien au Sud. Kadhafi préconisait même la création de trois ou quatre nouveaux Etats. Il a ouvert ainsi la boîte de Pandore et donné du grain à moudre aux prophètes de la balkanisation de l’Afrique. On connait la réaction d’Abuja envers Tripoli. L’aventure de l’Etat du Biafra, dans les années 1960, hante les esprits.

Bousculer le sacro-saint principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, c’est théoriquement se mettre sur le dos les pères fondateurs de l’Union africaine et, on pense, leurs successeurs. Seulement voilà. Une chose est de brandir le principe et une autre est de le fouler souverainement au pied. Exemple : le développement futur du Soudan - probablement en l’an 2011- et l’éventuel avènement d’un Etat du Sud-Soudan ne sont-ils pas avalisés par les élites africaines elles-mêmes ? L’Union africaine est-elle neutre ou aphone ?

Et pourtant, les adeptes de la balkanisation appellent de leurs vœux le démembrement de certains Etats ciblés pour soi-disant donner des opportunités de développement aux populations qui seraient délaissées par les pouvoirs centraux.

Un terreau pour des revendications

De la même manière qu’ils ont collaboré à la disparition de la Yougoslavie en Europe, c’est de la même façon qu’ils encouragent l’érection des Etats nouveaux sur les cendres des Etats dits « faibles » ou « insuffisamment gouvernés ». La Somalie est tombée dans l’escarcelle. Mais la suite ? Moins enviable, en tout cas.

L’analyste du Foreign Policy Magazine considère par ailleurs que les conflits intercommunautaires et interconfessionnels constituent un terreau pour des revendications séparatistes. Il suffit d’y ajouter la proximité avec des ressources naturelles d’une certaine importance pour aiguiser les appétits des indépendantistes, les encouragements des multinationales et l’activisme des trafiquants d’armes.

L’analyste pense aussi que le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation est un obstacle à l’émergence des Etats forts, viables et respectables. Il estime, en conclusion, que le bien-être des populations, la stabilité et la croissance économique de l’Afrique sont conditionnées par la redéfinition des frontières actuelles. Bref, la balkanisation de certains pays.

Test grandeur nature, le référendum de janvier 2011 au Soudan donnera à évaluer la crédibilité des élites africaines aussi bien politiques qu’intellectuelles. Toutes semblent avoir succombé aux miroirs aux alouettes. Car rien n’indique objectivement, comme le prétendent les « balkanisateurs », que la stabilité de l’Afrique ne pourrait provenir que du découpage et du démembrement des Etats existants.

Plus sombre est le sort réservé à la RDC dans le magazine américain. L’auteur, G. Pascal Zachary, révèle que le pays de Lumumba et Kasa-Vubu figure dans le top de ceux qui sont visés par la démarche de balkanisation.

Pour la RDC, ce ne sera pas la première fois. Le pays a connu dans son histoire d’autres expériences de déstabilisation. La tentative de sécession, en juin et juillet 1960, par Moïse Tshombe au Katanga et Albert Kalondji Mulopwe au Sud-Kasaï avait été matée. Celle des « Nationalistes » qui écumaient la Province Orientale avait fait flop.

Une approche pragmatique

Mais, déterminés, les démons sont revenus à la charge en 1998 en utilisant, d’abord des Banyamulenge auxquels ils ont joint ensuite de nouvelles têtes de turc provenant d’autres provinces de la République. L’armistice a été signé à Sun City (Afrique du Sud) en 2003. Laissant sur leur passage une lourde ardoise après 5 ans de guerre civile et d’invasion étrangère : près de cinq millions de morts, des dizaines de milliards de dollars de ressources naturelles pillées et des infrastructures détruites.

Sans polémiquer ni avec l’analyste du Foreign Policy Magazine, ni avec ses souffleurs tapis dans l’ombre, Le Potentiel soutient qu’une telle initiative devra être suffisamment sophistiquée pour arracher l’adhésion de tous les 70 millions des Congolais. On l’a vu : la mayonnaise a toujours pris dans des territoires où les populations ressentent le mal de vivre ensemble, là où elles se rejettent mutuellement. Ou encore là où elles sont en froid vis-à-vis des gouvernants. Or, tous ces facteurs ne se retrouvent pas réunis de manière significative dans l’espace géographique congolais.

Ceci ne constitue pourtant pas une garantie pour le présent et l’avenir. Il importe donc que le gouvernement fasse attention aux facteurs qui ont déstabilisé ou risquent de déstabiliser les Etats. Il est urgent qu’il fasse des ajustements indispensables pour créer et maintenir la cohésion nationale. Et qu’il investisse dans le progrès économique et social des populations. En toute impartialité. Sans discrimination aucune.

En plus, le gouvernement doit se garder d’observer naïvement ce qui se passe ailleurs et dans le voisinage. Pour conjurer l’implosion tant annoncée, il tirerait grand bénéfice d’une approche pragmatique : dans le choix de ses partenaires, dans le choix de ses orientations politiques et diplomatiques. C’est à ce prix que pourrait encore être retardée la menace de balkanisation du pays.

En matière de balkanisation de l’Afrique, les experts occidentaux qui se sont chargés du dossier ont d’ores et déjà levé leurs options. En effet, le Soudan et la RDC sont bien placés, au regard certainement de leurs superficies, de servir de terrain d’expérimentation à cette version revue et corrigée du scenario monté il y a plus d’un siècle à la conférence de Berlin. Seulement, l’Occident oublie que les réalités ne sont plus les mêmes que celles qui ont prévalu lors du partage de l’Afrique entre les grandes puissances de l’époque.

Bien que jeunes, pour la plupart, les Etats africains se sont forgé une identité. En cinquante ans d’indépendance, ils se sont dotés d’une élite capable d’affronter l’Occident. Aussi, n’est-il pas fort établi que la pilule de la balkanisation passera avec douceur dans le mental africain comme ce fut le cas à Berlin à la fin du 19ème siècle. Et, en cette matière, la RDC regorge encore d’une série d’exceptions qui lui confèrent plus de particularité par rapport à son voisin du Nord. Car après toutes les tensions dans sa partie Est, le pays a prouvé à la face du monde son niveau de résistance à toute forme de partition. Depuis une décennie, le peuple congolais vit sous ce spectre de la balkanisation. En contrepartie, il a multiplié des stratégies pour contourner toute idéologie qui irait dans le sens de morceler son territoire. Aidé en cela par l’émergence d’une élite plus consciente et d’une Société civile très engagée. Mais aussi par les nouvelles technologies d’information, notamment l’Internet qui lui permet, partout où il se trouve de savoir, à la minute près, ce qui se trame contre sa patrie.

Entre le Soudan et la RDC, il n’y a donc pas commune mesure. Ce qui a été tenté au Soudan, encore que ce ne soit pas encore acquis, ne devrait pas être extrapolé aussi simplement en RDC. Terrés dans leurs tours d’ivoire, les experts occidentaux devraient revoir leurs analyses d’idées. L’Union européenne s’accroit chaque jour davantage, les Etats d’Amérique ont lancé l’ALENA, c’est que Le monde resserre ses liens et tend à devenir un village planétaire. Cela vaut alerte et opposition pour les bakanisateurs incrustés qui soutiennent, de manière absurde, que l’Afrique ne peut se développer qu’en éclatant en petits morceaux ou Etats nains.
Jean de Dieu Mitima
UDPS/BELUX SECTION WALLONIE
E-mail: bulinz@voila.fr

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