Il faut sauver l’Udps

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Il faut sauver l’Udps

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(Kenge Mukengeshayi)

Des combattants de base qui concoctent une déclaration proclamant les dernières décisions du Président national de l’Udps anti-statutaires. Le Comité National qui tend à s’opposer à l’investiture du nouveau secrétaire général. Le Collège des fondateurs qui s’énerve d’avoir été pris à partie et ridiculisé. Et, pour la toute première fois, des termes qu’on n’entendait pas jusque là à l’Udps qui commencent à siffler pour fustiger toute gestion paroissiale du parti… Où va donc l’Udps, au point où ce parti hier tant vanté pour ses ressources morales ne semble plus en mesure de stopper cette ambiance de « guerre civile » ou de suicide collectif qui s’est installée durablement dans ses rangs ?

L’effondrement d’un mythe ? Mardi, la confusion atteignait son paroxysme avec des initiatives aussi bizarres que contradictoires des différentes structures. Au point où la plupart des combattants interrogés avouaient, très sérieusement, ne rien comprendre à ce qui arrivait à leur parti, hier encore le porte-étendard de la lutte pour la démocratie mais qui n’a pas fini, aujourd’hui, avec une série de bourdes aussi incroyables qu’inattendues, de consommer sa descente aux enfers. Et de citer, la semaine dernière déjà, une déclaration signée Udps, dont on s’est gaussé dans les milieux politiques et diplomatiques, confirmant noir sur blanc la chute de Goma aux mains des rebelles du CNDP. Si, au sein du parti d’Etienne Tshisekedi, personne n’a trouvé utile de rectifier et de s’excuser, « c’est que l’Udps a cessé de se prendre au sérieux. C’est qu’elle a renoncé à assumer les responsabilités les plus élevées dans notre pays, qui requièrent tout de même, au minimum, de prendre soin des déclarations qu’on fait à l’intention de l’opinion tant nationale qu’internationale, de chaque mot et de chaque détail », analysait un observateur de la vie politique congolaise. Plus terre à terre, on s’est posé la question de savoir si quelqu’un prenait le temps de lire effectivement les documents destinés à être rendus publics. On s’est demandé comment il pouvait être possible que des documents attribués à Etienne Tshisekedi aient pu contenir des bourdes et des contrevérités aussi énormes. Sous peu, en pleine mêlée des tiraillements entre le comité organisateur du premier congrès et les différentes coordinations chargées de gérer les activités du parti au quotidien, une autre décision, vite rattrapée, avait soulevé des doutes et provoqué des éclats de rire dans la capitale, tant elle avait, au même moment, pris tour à tour le ton et la forme d’une décision et d’une circulaire, en plus de fautes lourdes de grammaire et de syntaxe. « Et comme s’il était écrit quelque part que l’Udps mourrait par l’Udps, voilà qu’il y a récidive avec la série des décisions du week-end dernier », s’étonne un combattant. Avant de poursuivre : « Pourquoi n’ y a-t-il pas pause ? Pourquoi ne prend-on pas le temps d’expliquer à la base ce qui se passe, de lui permettre de digérer le flot des décisions qui tombent les unes après les autres comme des graines d’un chapelet ? Pourquoi ne lui demande –t-on pas son avis ? Pourquoi ces décisions qui se suivent et s’annulent à un rythme effrayant, avec comme unique effet de paralyser chaque jour un peu plus la machine ? » C’est comme si l’Udps était devenue le parti des seuls cadres qui se disputent sans compter le pouvoir », s’insurge un cadre, se posant ouvertement la question de savoir « si Tshisekedi n’était plus Tshisekedi ». C’est le même cadre qui poursuit : « Comment une décision peut-elle avoir deux objets à la fois ? Comment une décision réhabilitant le secrétariat national peut-elle en même temps s’occuper du COC dont elle précise le rôle ? Comment expliquer qu’une décision d’organisation soit au même moment celle qui nomme ? Enfin, a-t-on déjà vu une telle décision fixer en même temps les modalités et les délais de la remise et reprise ? On dirait que quelqu’un tient absolument à donner l’impression que Tshisekedi ne contrôle plus son parti » Il faut sauver l’Udps Du côté des cadres nouvellement nommés, on est certes resté serein. Mais on indiquait, tout aussi clairement, que la riposte se préparait. Elle devrait être foudroyante, a-t-on même assuré. N’empêche, les observateurs étaient sûrs d’une chose : engagée sur une mauvaise pente, l’Udps ne pouvait que sortir encore plus divisée de l’épreuve. « On dirait qu’ils ont été tous aveuglés, au point de ne plus rêver que des coups bas, de revanche et de règlements des comptes, sans que l’on sache où s’arrêtera le cycle », s’exclamait un observateur. Pire, une rumeur non confirmée évoquait très sérieusement la menace d’une démission collective du bureau du comité organisateur du premier congrès de l’Udps. Reste que pour beaucoup de Congolais, face à un tableau aussi apocalyptique, une seule personne peut encore calmer la tempête. C’est en effet Etienne Tshisekedi qui avait décrété le premier congrès de l’Udps celui de l’autocritique et de la conquête du pouvoir par l’ensemble du peuple congolais. Plus que jamais, il doit apporter la preuve que ce n’était pas un vœu pieux ou un simple slogan pour compenser les frustrations et meubler l’espoir des combattants. C’est à lui de démontrer qu’il a encore et toujours les moyens de son ambition, en commençant par ceux qui peuvent sauver l’Udps du démon de la division et de la manipulation.
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