Kin Kiey Mulumba:inspirateur du discours haineux de Kyungu

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Ngandu Bukasa Etienne
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Kin Kiey Mulumba:inspirateur du discours haineux de Kyungu

Messagepar Ngandu Bukasa Etienne » Lun Juin 13, 2011 4:43 pm

Ceux qui s'interrogent sur les vraies raisons du retour de Gabriel Kyungu Wa Kumuanza sur le devant de la scène politique congolaise avec son discours haineux seront édifiés en lisant le texte ci dessous, écrit par un proche de Kabila, Kin Kiey Mulumba, On y relève clairement la tentation forte de tribaliser le débat politique.


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Pour que la majorité reste la majorité...

MISE EN LIGNE LE 11 JUIN 2011 | LE SOFT INTERNATIONAL N° 1107 DATÉ 10 JUIN 2011
Par le Prof. Tryphon Kin-kiey Mulumba
Docteur en Science Politique,
Université de Paris-1 Panthéon-Sorbonne.



Pour la Majorité, gagner demain c’est investir dans les «Swing States» aussi bien que dans des Personnalités Politiques Populaires (PPP)
.


1. Introduction.
Ce texte basé sur une observation empirique comme sur des éléments de théorie veut montrer comment le Président de la République Joseph Kabila Kabange qui préside aux destinées du pays depuis 2001, peut se succéder confortablement (sans contestation pertinente aucune) à lui-même lors d’un scrutin à un tour prévu pour se tenir le 28 novembre 2011.

Ce texte en trois points pose les principes qui assurent une élection notamment lors de la Présidentielle, montre une Stratégie gagnante à appliquer dans une R-dC sociologiquement émiettée, indique la Machine politique dont la Majorité présidentielle doit disposer pour gagner.

Ce texte est un extrait d’une étude approfondie inédite.

2. Les principes qui assurent une élection.
D’entrée de jeu, il faut poser ce qui suit: se méfier des idées simples ou simplistes qui souvent permettent de dormir sur ses lauriers.

Ces idées simples consistent à dire:
- Nous avons un bilan;
- Nous avons les médias;
- Nous avons les millions.

Conclusion: la victoire est à portée de la main.

Or, l’évolution récente du monde et l’observation de quelques grandes confrontations électorales récentes ont montré toutes les limites de cette thèse.

2.1. Très clairement:
2.1.1. Il n’existe pas de rapport mécanique entre un bilan et un succès électoral.
En France, le Premier ministre Lionel Jospin, successeur désigné de François Mitterrand avait présenté le plus beau bilan de gestion économique de France. Il fut battu à plate couture dans une élection à deux tours à la fois par le président sortant Jacques Chirac que par le chef de l’extrême droite française Jean-Marie Le Pen.

Pour que la majorité de Français sauve la République et l’État de droit républicain, la victoire de Chirac ne fut obtenue que grâce à un rassemblement sans précédent sous la Vème République des partis démocratiques de gauche et de droite.

Le fiasco de Jospin fut si retentissant qu’au soir de la déroute, le Premier ministre prit congé de la politique. Il venait ainsi de comprendre à quel point la France ui avait tourné le dos malgré ses performances économiques.

2.1.2. Il n’existe pas de rapport mécanique entre le contrôle des médias (le pouvoir anesthésiant des médias) et un succès électoral. S’il y a en Italie le cas exceptionnel de Silvio Berlusconi, qui contrôle un empire de presse totalement soumis à sa cause et qui lui a assuré la prise du pouvoir (dans des circonstances de crise généralisée avec les scandales financiers de la gauche italienne mêlée à la mafia), en France, on note que François Mitterrand l’emporta haut la main face au président sortant de droite Valéry Giscard d’Estaing.

Le leader de la gauche unie n’avait avec lui aucun média, tous les médias (audiovisuels) français étaient à l’époque sous la férule de l’État, donc du Gouvernement. Les principales télés étaient quasiment hostiles à l’idée d’une prise du pouvoir par la gauche (PS et PC) et ne s’en cachaient pas.

Le moins que l’on puisse dire est que s’il ne faut pas ignorer la place des médias dans une campagne électorale, il faut en relativiser le pouvoir anesthésiant. L’homme quand il vient à la presse, il a souvent arrêté son opinion et il recherche souvent dans la presse un certain confort idéologique. La presse n’agit que sur des petites marges flottantes de l’électorat. D’où la belle phrase des Public Relations: «Bien faire et faire savoir».

2.1.3. Il n’existe pas de rapport mécanique entre une fortune personnelle et un succès électoral.
En R-dC, Antoine Gizenga arriva troisième à la Présidentielle de 2006 et son parti PALU rafla une trentaine de sièges au Parlement. Nul ne peut prétendre que le Chef du Palu était crésus à la veille de cette élection.

Aux États-Unis, un Noir, membre du Parti démocrate, est arrivé à la Maison Blanche. Au lancement de sa campagne, BarackObama ne disposait d’aucun dollar dans sa caisse. Les millions de dollars ne se mirent en route que quand l’espoir vînt à pointer à l’horizon.

Conclusion partielle: Que ce soit Chirac (en France), Mitterrand (en France), Gizenga (en R-dC), Obama (aux États-Unis), pour gagner, chacun de ces leaders a su se projeter dans l’avenir, représenter (incarner) l’espoir d’un lendemain meilleur.

Une élection se tient toujours dans un contexte (de crise sociale, de crise économique, de crise diplomatique, de pauvreté accrue, de perte de confiance dans les dirigeants actuels, etc.) et c’est ce contexte qui fait émerger un homme providentiel (aux États-Unis, les frasques d’un George Bush ont laminé tout espoir républicain de l’emporter et l’élection, sauf accident improbable, était gagnée d’avance par le parti démocrate, quelque pu être le candidat. D’où la guerre fratricide qui opposa Mme Clinton et Obama).

L’observation du discours à l’occasion de quelques grandes Présidentielles dans le monde met en évidence les phrases et idées ci-après qui reviennent avec récurrence:
- «Ne soyons pas défaitistes, l’avenir nous appartient à condition de…»;
- «Tournons-nous résolument vers l’avenir…»;
- «Ne nous laissons pas allés à l’abandon, nous pouvons (nous devons) nous relever»;
- «Nous symbolisons la force tranquille: celle qui vient du plus profond de notre être, de nous-mêmes, de nos campagnes pour changer la vie…»;
- «Le changement? Oui, nous pouvons» (Change, Yes We Can).

Lors des débats contradictoires, on entend souvent:
- «Vous, vous êtes l’homme du passé; moi, je suis l’homme de l’avenir…».

C’est signe que le Peuple a tendance à oublier le passé (et le présent). Ce qui importe pour lui c’est construire l’avenir et il fera confiance à celui qu’il croira le mieux à même de l’y aider dans cette voie…

En R-dC, le vétéran Gizenga a surfé grandement sur son passé messianique. Cela a marché dans un terreau bandundois mystico-religieux euphorique qui a cru en un Pierre Mulele et symbolisé un rêve.

Ce phénomène aura de la peine à se reproduire en 2011. Il ne s’est d’ailleurs produit qu'à la Présidentielle couplée avec les Législatives nationales lorsqu’on surfa, face à des masses paysannes non informées, sur des capacités mystiques de transformation sociale et, a crontrario, celles de jeter un mauvais sort sur un peuple réfractaire; il a disparu aux élections suivantes.

Le Palu n’a pas réalisé ses performances aux Provinciales qu’il a perdues, ni aux Sénatoriales qu’il a perdues et qui ont eu lieu peu après les Nationales.

Si les premières élections ont été euphoriques, celles à venir seront critiques.

Conclusion générale: A partir de ces analyses, on voit que, pour l’emporter à une élection, un candidat doit prioritairement se tourner vers l’avenir, proposer un monde meilleur - qui fait rêver -, où il fait bon vivre (des emplois, des services de santé, des écoles, de l’eau potable pour tous, de l’électricité pour tous, de la mobilité, etc.) outre un État de droit irréprochable (chances d’accès aux responsabilités garanties à tous), de paix (loin des guerres, une économie prospère, etc.

Pour l’emporter à une Présidentielle, l’homme politique doit surtout apparaître comme le Candidat naturel de la Nation pleine et entière, celui qui, dans un contexte précis, apparaît comme porteur de solutions: le bien-être général.

Pour être élu Président, il faut que la majorité du pays se dise:
- «C'est lui, ou, tout compte fait, face à nos problèmes d’aujourd’hui, c’est cet homme qu’il nous faut aujourd’hui à la tête du pays pour le conduire demain; c’est lui qui saura le mieux se battre face aux défis majeurs de la vie».

3. Une stratégie politique gagnante.
3.1. Cartographie politique du pays.
La R-dC est un pays à mille cultures. Notre pays est culturellement et sociologiquement émietté. C’est sa richesse. Si ce pays est resté uni c’est parce qu’il fut placé sous la férule d’un dictateur appuyé par les Occidentaux dans un contexte de guerre froide.

Ses mille cultures qui sont sa richesse ne sont pas toujours sa force, bien au contraire, ce sont sa faiblesse.. Avec les guerres, la misère, la pauvreté, des revendications identitaires enfouies se font jour et menacent la cohésion et la concorde nationales.

Du fait de ses mille cultures, ce pays n’a jamais vu s’éclore un parti politique national. Le MNC-Lumumba a échoué; le MPR-Mobutu mêmement; tout comme les CPP; le PPRD, en dépit de ses moyens, n’a su en 2006 ni rafler la majorité de sièges au Parlement, ni le tiers de celui-ci. Dans le Kwilu, le parti présidentiel ne dispose que d’un Député! Dans tout le Bandundu, il ne compte que trois ou quatre Députés. Dans le Bas Congo, c’est plus tragique!

En 2006, le PPRD n’a fait de score qu’à l’est du pays, le MLC-Bemba à l’Équateur, le contingent du PALU vient du Bandundu et du Bandundu seul et de sa diaspora kinoise.

Les élections de 2011 vont cristalliser cette tendance. L’Équateur devrait plébisciter plus encore les courants mobutistes-bembistes (le MLC qui pourrait faire alliance avec Nzanga Mobutu) tandis que le Katanga et les Kivu resteraient la terre du PPRD même si les Kivu seront disputés avec Kamerhe.

Il faut néanmoins noter l’absence de fief qui est la caractéristique principale du PPRD dans la mesure où le Katanga par exemple ne lui appartient pas (les Kasaïens peuplent la voie ferrée et les centres commerciaux et constituent le terreau de l’UDPS).

Les Kasaï devraient s’offrir tête baissée à Tshisekedi. Le Bas Congo restera majoritairement encore grognon, une province d’opposition pour l’opposition, une province du refus - - une Madame Non -, anti-pouvoir, balayée majoritairement par des courants messianiques notamment de Bundu dia Kongo.

3.2. Situation politique actuelle du pays.
En 2006, pour constituer une majorité pour gouverner, le PPRD a dû passer de douloureuses alliances avec des partis politiques et des personnalités politiques indépendantes populaires (PPIP). En 2011, de toute évidence, les partis au pouvoir vont subir de plein fouet un vote sanction.

Selon les tendances qui se dessinent clairement début 2011 et qui sont bien sûr susceptibles de subir des modifications dans un sens ou dans l’autre en fonction du contexte, s’il restera le principal parti du pays, le PPRD va subir un tassement (90 à 100 Députés), le PALU devrait sauver une dizaine de sièges - peut-être moins - sur sa trentaine actuelle, le MSR, l’UDÉMO, l’ARC pourraient disparaître de la prochaine législature ou ne représenter que l’ombre d’eux-mêmes.

La campagne 2011 sera dure (affaires, corruption, enrichissement illicite, etc.) et les partis de la coalition en paieront comptant le prix.

A la législature à venir, on s’attend sinon à une transformation, du moins à une reformation de la majorité avec l’entrée des partis émergeants.

Mais la campagne sera aussi tribale et tribalisée. D’où l’urgence pour le camp présidentiel de rechercher non pas avec qui il a gagné en 2006 (c’est hier, c’est du passé, c’est sans importance, il faut passer un trait), mais avec qui il va (il doit) gagner demain, dans neuf mois. A savoir quelles sont les 10 ou 15 Personnalités Politiques clés du pays.

Nous pensons à ces Personnalités politiques majeures (PPM), populaires chacune dans son milieu d’origine. Ces Personnalités politiques capables de se fondre dans et au sein de la population. Des personnalités à forte influence et non pas des personnalités virtuelles.

Il faut bien sûr garder avec soi les grands commis de l’État (ces hommes exceptionnels dont l’appareil politique a toujours eu besoin dans la production d’idées) mais en 2011, année de campagne électorale, année de communication par excellence, le camp présidentiel doit recenser les grandes tribus du pays (les «Swing States») et mettre sur orbite leurs plus authentiques représentants.

Le but est de monter en première ligne ces Personnalités (avec la meilleure visibilité afin qu’elles soient investies de l’autorité voulue et de la respectabilité nécessaire) et de les lâcher, sans attendre désormais, dans leurs milieux d’origine avec un discours cohérent.


4. La machine politique gagnante.
Pour être gagnante, une action politique doit bénéficier d’assez de clarté et de visibilité. Le public a horreur à écouter des anonymes se succéder sur des télés.
- «Il parle au nom de qui? Il m’invite à débattre avec lui mais qui représente-t-il? C’est pure perte de temps: je ne l’écoute pas; je ne m’y rends pas…»

Le public réclame les poids lourds. Ceux qui drainent des foules et donc de l’audimat.

On n’écoute que des personnes investies de l’entière et pleine confiance de la Nation ou de son représentant, le Chef de l'État; celles qui incarnent cette Parole ou cette Personne.
- «Cet homme quand il prend la parole, il dit des choses sérieuses, qui annoncent des événements à venir et qui se réalisent: je l’écoute…»

A l’Université de Kisangani, le PPRD pouvait à raison déclarer être en mesure à lui seul de faire élire Joseph Kabila dès le premier tour quand il s'agissait à l'époque d'une Présidentielle à deux tours.

Depuis l’incroyable accélération du contexte:
- national (retour de Tshisekedi apparemment en parfait état de santé, démission dans la grande douleur de Kamerhe avec ses suites médiatiques (la campagne de diabolisation à l’étranger de la personne du Chef de l’État et de son entourage) qui n’en finissent pas, démission de Nzanga Mobutu avec son alliance avérée avec son beau-frère JP Bemba, évasion de Munene et insécurisation du Bandundu, etc.);

- et international (Guinée, Côte d’Ivoire, Tunisie, Égypte, Libye, Jordanie, Yémen, Bahrein, Algérie, etc.),
la réélection du nouveau Président de la République toujours en tête dans les sondages mais qui doit assurer son avance de façon confortable (suivi relativement ex æquo par Kamerhe et Tshisekedi) ne sera possible que par une action politique volontariste menée ensemble et par des PPP, Personnalités politiques Populaires dans leurs milieux d’origine coordonnées par un homme qui a pleine et entière confiance du Candidat Président.

Il faut non seulement que l'AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle) existe, il faut qu’elle soit restructurée et relevée (structures et hommes), renforcée pour en faire une machine de guerre (qui représente effectivement le Chef, en qui le Chef a entière et pleine confiance). C’est de cette confiance que l’AMP Nouvelle tirera sa force et sa crédibilité qui lui font aujourd’hui grandement défaut.

Il faut se méfier du Peuple. Pris comme foule, le Peuple n’a jamais raisonné. Il suffit à un malin de mettre le feu pour que le feu se transforme en incendie.

Et voilà que le Peuple se surprendra dans une dynamique qu’il n’avait pas prévue.

Nous aurions tort de sous-estimer l’opposition interne qu’intègre jour après jour de plus en plus bien de malins poussés par des intérêts étrangers déçus, bien de manipulateurs avérés, qui disent parfaitement connaître le modus operanti du camp présidentiel.

Il faut enfin noter qu’à l’heure actuelle, l’étranger laisse généralement les peuples agir sans intervenir directement - c’est ce qui s’est passé à Abidjan ou en Libye - avant d’en tirer fermement proft et de s’en revendiquer publiquement. Ce qui constitue un tournant dans les relations internationales.

5. Quelle Majorité aujourd’hui?
L’unanimité est faite - et cela correspond à la théorie politique dans ce pays à mille cultures - que ce pays sera toujours gouverné par une Coalition. Celle-ci doit reconnaître aux Partis Politiques leur identité propre.

Pour son fonctionnement, la Majorité doit disposer d’une Structure de Coordination qui doit être un lieu d’échange, de concertation, de décision, d’impulsion. A la Majorité de concevoir les grandes théories fédératrices, de laisser s’appliquer sur le terrain par les Partis Politiques et de suivre leur fidèle exécution.

Elle devrait disposer de Grandes Commissions Politiques Nationales (Stratégiques, Sociales, Reconstruction, etc.) et laisser aux Partis Politiques l’implantation locale. Ce n’est pas à la Majorité de mener les activités politiques sur le terrain. C’est aux partis politiques alliés. La Majorité ne saurait empiéter sur les Partis politiques. La Majorité a pour interlocuteurs les Chefs des Partis politiques qui, à leur tour, mobilisent leurs bases respectives.

Ce qui manque le plus à la Majorité est son opérationnalité (absence de réunion et de décision) et sa fonctionnabilité (absence de distribution des moyens logistiques aux Partis politiques).

La personnalité qui doit conduire cette Structure doit être investie de la confiance pleine et entière de l’Autorité Morale de la Majorité - parler en Son nom, Le refléter parfaitement. Elle doit de ce fait disposer d’un haut niveau de décision. Cette personnalité doit faire montre d’assez de neutralité et être objective dans ses décisions. Elle ne saurait être accusée de favoritisme, ce qui est susceptible de démolir le moral des troupes.

Par le Prof. TryphonKin-kiey Mulumba, Docteur en Science Politique, Université de Paris1 Panthéon-Sorbonne.
Ngandu Bukasa Etienne
Mail: etngandu@udps.be
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