Joseph Kabila : Ex-Président de la République ou Président sous réserve ?

Répondre
Avatar du membre
Dieudonne Mukendi
Messages : 16
Enregistré le : lun. déc. 19, 2016 8:40 am

Joseph Kabila : Ex-Président de la République ou Président sous réserve ?

Message par Dieudonne Mukendi » lun. janv. 23, 2017 5:44 pm

Selon la logique formelle, Joseph Kabila est un ex-Président de la République Démocratique du Congo, tout en restant un ex-Président sans mérite. Il s’est illustré, pourtant, pendant son règne sans partage, par un manque criant d’imagination et de savoir.

Le constat amer l’aurait même poussé à installer, au Congo Kinshasa, une dictature féroce dont la cruauté a poussé bon nombre de Congolais instruits, compétents et altruistes, à l’exil forcé à travers le monde, en attente de la fin des mandats présidentiels le 19 décembre 2016, à minuit, mandat non renouvelable, selon notre conviction commune, afin que chacun puisse, en toute quiétude et sérénité d’esprit, organiser son retour volontaire au pays de ses ancêtres, pour y servir avec abnégation et loyauté, la mère « Patrie », actuellement sous cette occupation ougando-rwandaise, vécue dans un silence assourdissant de la Communauté internationale.

Celle-ci, pour une raison mal identifiable, n’arrive pas à qualifier le génocide subi par les Congolais, en l’absence d’investigation des milieux financiers puissants d’Outre-Atlantique.

Malgré toutes les tracasseries, massacres et tueries que le régime de Joseph Kabila a provoqué au Congo-Kinshasa, et récemment, la disparition fort inquiétante de Frédéric Boyenga et de Pablo, tous deux sujets français, en séjour à Kinshasa, cet individu au
commande de l’appareil répressif à Kinshasa est demeuré imperturbable !

Et de plus, à son profit incompréhensible, Joseph Kabila bénéficie du soutien sans faille, et des béquilles des Congolais de souche, qui, à l’évidence, apportent aveuglément leur soutien, moyennant prébendes et libéralités conséquentes, de la part de Kabila, mais au détriment du peuple congolais qui vit la disette presque chaque jour.

Bref, les médiocres politiciens congolais, ceux de l’Opposition comme ceux de la défunte Majorité Présidentielle, qui, du fait, n’existe plus depuis le 19 décembre 2016, s’emploient à multiplier les stratégies de toute sorte, pour violer les prescrits de la Constitution, et pour ainsi permettre à Joseph Kabila d’être maître du jeu dans tous ses calculs politiques.

A ce jour, Josep Kabila devenu ex-Président de la République contrôle sous sa coupe l’armée, les services de Sécurité, les finances publiques, les Services régaliens de l’Etat, en bref, tous les attributs de l’Etat, sont entièrement sous sa dépendance. Sa capacité de nuisance demeure, en dehors de toute compréhension, encore intacte. D’où la difficulté qu’éprouve le peuple congolais d’opérer un changement de régime politique, le « Kabilisme » de pacotille tant décrié par le peuple et par des personnalités guidées par le bon sens.

De fait, cette cacophonie est rendue possible, certes, par l’hypocrisie politique et la médiocrité congénitale des hommes et des femmes politiques de notre ère, qui ne se gênent pas pour s’exhiber, devant Joseph Kabila, notre bourreau, et recevoir, en contrepartie, des espèces trébuchantes ! Malgré tout, ces hypocrites déplorent, en catimini, la présence de Joseph Kabila à la tête de l’Etat congolais au-delà du 19 décembre 2016. Car, pour eux, Joseph Kabila n’est qu’un simple ignare, parachuté par la magie du hasard, et un psychopathe qui tue, viole et massacre son peuple à visage découvert. N’est-il pas paradoxal de constater que le Conseil de Sécurité de l’ONU lui laisse le privilège de continuer à dominer la République Démocratique du Congo ?

Il appert à ce propos que l’intervention de la CENCO, sur demande de Joseph Kabila, engendre plus d’incertitudes que de solutions. D’ailleurs, l’accord obtenu par la CENCO, le 31 décembre 2016, même si les Evêques ont la prétention d’avoir un pouvoir moral, venant de leur vocation, l’accord de la Saint Sylvestre est une véritable honte nationale. Est-ce que cet accord n’est-il pas comparable à celui d’un juge qui condamnerait la victime d’un viol à épouser son bourreau ? C’est un terrorisme intellectuel sans comparaison !

Il se maintiendrait donc comme Président de la République sous réserve ? Oui, Joseph Kabila est tel, spécialement dans la tête des politiciens véreux et corrompus, naïfs et ignorants qui se recrutent même au sein de l’Opposition radicale en apparence, comme dans l’ex majorité présidentielle !

Ces compatriotes égarés excellent donc, dans la démagogie, dans la stratégie du mensonge et de l’intimidation pour asseoir, en faveur de leur maître à penser, une certaine légitimité et légalité, et pourtant non associable au fait que, depuis le 19 décembre 2016, Joseph Kabila est dépouillé de tout attribut ! Au peuple congolais de savoir que ce dernier est redevenu un citoyen ordinaire, appelé à rendre des comptes sur son identité, sa gestion de la chose publique et ses divers massacres qu’il a occasionnés dans notre pays. La jeunesse congolaise est prévenue, Joseph Kabila n’a plus de carte à jouer pour se succéder à lui-même. C’est un cadavre politique appelé à disparaître, pour toujours, dans notre subconscient collectif.

Par ailleurs, il est à signaler que tous ces faux opposants, signataires de l’accord de la Saint Sylvestre, n’ont, en fait, rien obtenu de concret, aucun pouvoir régalien significatif, au contraire, « en appart », ils ont tout simplement arrangé le lit du criminel tant décrié par le peuple congolais, en le confirmant dans son rôle de dictateur impénitent.

Fallait-il sacrifier autant de vies humaines, autant d’arrestations arbitraires, des condamnations de justice sans aucune investigation, et occasionner par la suite autant d’exilés économiques et politiques, pour ensuite, aller s’incliner à 90 degrés, et lécher les bottes du même individu cynique, qui, par ailleurs, ne jouit d’aucune légitimité ?

Il est vrai, outre leur incompétence notoire, les opposants congolais dans leur ensemble, députés et sénateurs confondus, n’ont ni projet social, ni le sens de responsabilité, encore moins l’amour de la patrie. Dans ce lot d’inciviques caractérisés et ennemis du peuple congolais, j’ajouterai également, l’identité de certaines personnalités politiques, dont : Lambert Mende Omalanga, Aubin Minaku, Henri Mova Sakany, André Atundu Liongo, Gaspard Mugaruka bin Mubibi, Daniel Makila, et tant d’autres. Ce ne sont que des vulgaires charlatans, des opportunistes, qui s’accrochent au pouvoir pour la défense d’intérêts partisans, et le plaisir du ventre.

Malgré le vase des accords initiés auparavant, par Joseph Kabila, dont la CENCO a récemment pris le relais, cette initiative prise à la hâte, produit plus de problèmes, des frustrations et des suspicions destructrices que des solutions. Cette manière de résoudre la crise congolaise en octroyant une prime d’impunité à un criminel, sans tenir compte du grondement du peuple en colère détenteur du pouvoir réel en tant que souverain primaire, risque de faire basculer le Congo-Kinshasa dans l’inconnu.

Du reste, les politiciens congolais n’ont aucune volonté de sortir de leur idiotie, de leur médiocrité et de leur naïveté légendaire !

Seule option : le peuple déçu n’a plus qu’à recourir à l’article 64 de la Constitution, seule arme qui reste à sa disposition pour se débarrasser de Joseph Kabila, ex-Président de la République, redevenu par concours des circonstances Président sous réserve, et de sa clique des gangsters qui se sont accaparés du pouvoir d’Etat par la force des armes.

Ceci est ma conclusion !

Bamba di Lelo Docteur en Sciences politiques de l’UCL Analyste des Questions politiques du Congo jbadil@hotmail.be


© Congoindépendant 2003-2017

Répondre