Pompier-pyromane : "Kabila" attendu à Kananga

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Dieudonne Mukendi
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Pompier-pyromane : "Kabila" attendu à Kananga

Message par Dieudonne Mukendi » sam. juin 03, 2017 5:35 pm

Huit mois après le déclenchement de la crise sanglante née à la suite de l’exécution, par la force publique, du chef traditionnel Kamwina Nsapu, "Joseph Kabila" compte se rendre (finalement) au Kasaï Central. La nouvelle a été donnée, mardi 23 mai, par Jean Muamba Kantu Kanjila, le tout nouveau maire de la ville de Kananga. Après avoir allumé le feu dans cette partie du pays - pour une raison connue de lui seul -, "Kabila" va se muer en "pompier".

Dans une adresse faite mardi 23 mai, le maire de Kananga, Jean Muamba, a invité, les habitants de la municipalité de Nganza à Kananga "à se mobiliser comme un seul homme pour réserver un accueil délirant" à "Joseph Kabila". Celui-ci est attendu "incessamment" au chef-lieu de cette province meurtrie.

Membre de la mouvance kabiliste, Muamba a exhorté la population de ladite à œuvrer "pour la restauration d’une paix durable" et "à réclamer" le lancement des opérations d’enregistrement des électeurs pour permettre aux citoyens de cette entité "de participer aux prochaines échéances électorales".

Le nouveau maire a, par ailleurs, décidé d’élire domicile à Nganza durant une semaine. Ce laps de temps sera consacré (interdiction de rire) à une campagne de "réconfort" et de "conscientisation" des habitants de cette commune. Des hommes, des femmes et des enfants dont les blessures physiques et psychologiques sont encore béantes. Des hommes, des femmes et des enfants qui ont été et sont encore victimes de l’arbitraire et de la barbarie de la part des soudards de "Joseph Kabila".

Fosses communes

Selon le BCNUDH (Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits humains), pas moins de 40 fosses communes ont été répertoriées dans le Kasaï Central. De son côté, l’Ocha (Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies), parle de plus d’un million d’individus qui seraient affectés par la crise qui prévaut au Kasaï. Et ce suite à l’assassinat, le 12 août 2016, du chef Kamwena Nsapu.

Au lendemain de la "disparition" des enquêteurs du Conseil de sécurité Zaida Catalan et Michael Sharp à Tshimbulu, la Mission onusienne au Congo avait dépêché ses forces spéciales dans cette région. Contre toute attente, les forces gouvernementales congolaises avaient restreint les déplacements des onusiens.

Coïncidence ou pas des policiers et des militaires menaient des opérations de ratissage contre les "miliciens Kamuina Nsapu" dans la commune de Nganza. Ils passaient maison à maison. L’armée et la police avaient-elles des choses à cacher? Quoi donc? Interrogé à ce sujet, le ministre de la Communication Lambert Mende, a imputé ces restrictions à "un mouvement d’humeur des autorités locales". Un mensonge d’Etat cousu de fil blanc.

"Mur de méfiance"

Au cours de la même période, des sources militaires signalaient la présence à Kananga des ex-miliciens Bakata Katanga dont le chef, Kyungu Mutanga alias "Gédéon", est devenu un des alliés de "Kabila". L’homme s’était évadé de la prison de "haute sécurité" de Kasapa. C’était le 7 septembre 2011. Il "s’est rendu" le 11 octobre 2016 aux autorités de la province du Haut Katanga. Le patron de l’ANR (Agence nationale de renseignements) Kalev Mutondo était présent à cette "cérémonie".

Dans une déclaration faite jeudi 25 mai, le député national Delly Sessanga Hipung, membre du Rassemblement, a fait état de plus de 3.300 morts depuis le déclenchement des événements sanglants au Kasaï. Notons que les opérations militaires menées dans cette partie du pays sont gérées dans une totale opacité par "Joseph Kabila" et ses "sécurocrates".

L’Unicef vient de tirer la sonnette d’alarme sur l’insécurité alimentaire qui menace pas moins de 400.000 enfants de cette province. L’agence onusienne a estimé ses besoins à 40,2 millions de dollars pour faire face à cette crise humanitaire annoncée.

Au cours d’un point de presse organisé le 7 avril dernier à Bruxelles, trois natifs du Kasaï en l’occurrence Louise Ngandu (Asbl La Maison du Kasaï), Laurent Mutambayi (conseiller du secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la Migration) et Dieudonné Tshibwabwa Mbuyi (avocat au barreau de Bruxelles et de Kananga), n’avaient pas manqué d’exiger l’organisation d’une "enquête indépendante et impartiale" pour déterminer les responsabilités dans ces événements.

En attendant cette enquête, "Joseph Kabila" aura le loisir de constater le "mur de méfiance" qui sépare désormais la population du Kasaï Central et les gouvernants en général et la force publique en particulier. On espère que les "Kasaïens" vont exiger la justice pour leurs parents et proches victimes de la folie humaine.

En bon pompier-pyromane, le "raïs" va atterrir à Kananga avec les bras remplis de "cadeaux" pour émousser la capacité d’indignation de ses victimes. Des membres des ligues des jeunes et des femmes du PPRD vont lui réserver un "accueil délirant". Pauvre Congo!

B.A.W
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