Massacre de Sharpeville, Nelson Mandela et la Communauté Internationale

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Tshipamba Mpuila
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Massacre de Sharpeville, Nelson Mandela et la Communauté Internationale

Messagepar Tshipamba Mpuila » Mar Août 01, 2017 7:24 pm

Face au Massacre de Sharpeville :

⦁ Qu’a fait Nelson Mandela en tant que Leader libérateur ? C’est une référence pour les Leaders Congolais libérateurs.

⦁ Qu’a fait la Communauté Internationale ? C’est une interpellation que nous lançons à la même Communauté Internationale pour appliquer les mêmes sanctions contraignantes contre les auteurs de la Tragédie Congolaise.

⦁ Que s’est-il passé à Sharpeville, en Afrique du Sud, le 21 Mars 1960 ?

Le 18 mars 1960, Robert Sobukwe, président du Congrès panafricain (PAC), avait appelé pour le 21 mars 1960 à des manifestations non-violentes dans tout le pays afin de protester contre les « pass » (passeport intérieur), demander leur abrogation ainsi que l’augmentation de la rémunération de base de la journée de travail. Les manifestants étaient appelés à se réunir devant les postes de police et se porter volontaires à l’arrestation pour « non port du pass ». Le but visé était que tous les postes de police soient rapidement débordés et incapables de procéder aux arrestations et aux emprisonnements.
Le 21 mars, les militants du PAC s’activèrent dans tout le pays (Soweto où Sobukwe fut arrêté et emprisonné, Langa et Marcha au Cap, la région du Vaal notamment Boipatong et Bophelong).
Près de Vereeniging, dans le township de Sharpeville, les militants du PAC immobilisèrent les transports en commun bloquant les banlieusards dans leur township. Ces derniers furent alors nombreux à venir manifester pacifiquement leur colère devant le commissariat pour y brûler leurs documents d'identités controversés.
Le 21 mars 1960, des centaines de personnes se regroupèrent autour du poste de police de Sharpeville. Se sentant vite dépassés et débordés, les quelques policiers du poste reçurent des renforts des brigades de Vanderbijlpark et de Johannesburg.
Le commandement du poste de police avait reçu la consigne de disperser la foule des manifestants mais celle-ci comptait maintenant entre 3 000 à 5 000 personnes.
Trois chars furent alors dépêchés du township tandis que des avions effectuaient des survols pour tenter de pouvoir ainsi impressionner et disperser la foule. Celle-ci formant par endroit une masse compacte était composée, pour l’essentiel, de femmes, d'enfants, de personnes âgées, des ouvriers et des employés.
Les policiers tirèrent impitoyablement et à belles réelles sur les manifestants alors que les manifestants étaient déjà en train de se disperser puisque le rassemblement était arrivé à la fin. On releva 69 morts et parmi les 178 blessés, un nombre très impressionnant de blessures par balles dans le dos, à la tête, à la poitrine.
⦁ Nelson Mandela après le massacre de Sharpeville
Mandela prit alors la décision de passer à la lutte armée, comme moyen supplémentaire de pression sur les dirigeants de l’Apartheid, en fondant une organisation militaire, l’Umkhoto we Sizwe (MK), «la Lance de la nation ». Et il entreprit, en janvier 1962, une tournée à l’étranger pour recueillir de l’argent et organiser la formation des combattants du MK. Elle le mena en Tanzanie, au Ghana, en Ethiopie, en Tunisie, en Égypte, en Algérie, au Maroc, à Londres. Il rentra en Afrique du Sud le 24 juillet, via l’Éthiopie, et fut arrêté le 5 août. Le 7 novembre, il fut condamné à trois ans de prison pour incitation à la violence, plus deux ans pour être parti à l’étranger sans autorisation.
Après le massacre de Sharpeville, l’ANC et le PAC furent interdits. Nelson Mandela abandonna alors la stratégie non violente de l’ANC et fonda une organisation militaire. En 1962, il fut condamné à cinq de travaux forcés. Et en 1963, il fut inculpé avec d’autres leaders de l’ANC pour sabotage, trahison et complot.
Pour ces faits, il fut condamné en 1964, avec sept autres militants, à la prison à vie. Ils restèrent en prison à Robben Island pendant 27 ans.
⦁ L’attitude de la Communauté Internationale après le massacre de Sharpeville
Après le massacre de Sharpeville, les critiques internationales contre l'Apartheid commencèrent à prendre de l'ampleur :
⦁ Exclusion de l’Afrique du Sud de l'⦁ Organisation Mondiale de la Santé ;
⦁ Exclusion de l’Afrique du Sud, du ⦁ bureau international du travail ;
⦁ Exclusion de l’Afrique du Sud du ⦁ comité international olympique ;
⦁ Retrait du mandat sur le ⦁ sud-ouest africain.
⦁ Les émeutes de Soweto
Les émeutes de Soweto regroupent une série de manifestations qui ont commencé le matin du 16 juin 1976 et étaient menées par des élèves noirs de l'enseignement public secondaire en Afrique du Sud soutenus par le mouvement de la Conscience noire.
Le but de ces manifestations était de protester dans les rues de Soweto contre l'introduction de l'afrikaans comme langue officielle d'enseignement à égalité avec l'anglais dans les écoles locales. Pour disperser la foule, la police tira à balles réelles, causant au moins 23 morts.
Environ 20 000 élèves ont participé à ces manifestations et entre 176 et 700 personnes ont été tuées au total lors de la répression menée par les forces de police. Le 16 juin est devenu en 1994 un jour férié en tant que fête de la jeunesse.
⦁ L’attitude de la Communauté Internationale après les émeutes de Soweto et la répression qui s’ensuivit
Des sanctions internationales contraignantes furent prises contre le régime de l’Apartheid de l’Afrique du Sud : ce fut notamment l’embargo sur les ventes d'armes imposé par le Conseil de sécurité des Nations unies contre l'Afrique du Sud.
Les réformes entamées sous les gouvernements de Pieter Botha (autorisation de syndicats non blancs puis mixtes, abolition des emplois réservés, nouvelle constitution ré- instaurant de droits politiques aux indiens et aux métis, abolition de la loi sur les laissez-passer et de celle interdisant les mariages mixtes, ouverture des lieux publics à toutes les communautés) ne suffirent pas à enrayer la multiplication des sanctions internationales bilatérales (restrictions diplomatiques ou commerciales, embargo sur les importations de charbon, refus d'exportation de technologies) tandis que les townships devinrent ingouvernables.
À la suite de l'arrivée au pouvoir en août 1989 du président Frederik de Klerk et à la libération, après vingt-sept années d'emprisonnement, le 11 février 1990, de Nelson Mandela, chef de file de la lutte contre l'apartheid, les dernières lois piliers de l'Apartheid (notamment le group Areas Act et le Population Registration Act) furent abolies en juin1991.
Les négociations constitutionnelles (CODESA) menées entre le gouvernement, le congrès national africain, le parti national et les principaux partis politiques sud-africains aboutirent à l'élaboration d'une constitution intérimaire, aux premières élections parlementaires non raciales au suffrage universel (27 avril 1994) et à l'élection de Nelson Mandela comme premier président noir d'Afrique du Sud le 10 mai 1994.
Pour avoir pacifiquement mis fin à la politique d'Apartheid et entamé des négociations politiques, Nelson Mandela et Frederik de Klerk reçurent conjointement le Prix Nobel de la paix en 1993.
Fait le 29 Juillet 2017.
Dr François Tshipamba Mpuila
GSM 0032-493-325-104 ; E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr.

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