Joseph Kabila rattrapé par un nouveau scandale

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Tshipamba Mpuila
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Joseph Kabila rattrapé par un nouveau scandale

Message par Tshipamba Mpuila »

Après avoir quitté le pouvoir, Joseph Kabila est rattrapé par un nouveau scandale. Son entourage et lui auraient tenté de prendre le contrôle des banques de la RDC d'après une enquête de l’ONG américaine "The Sentry".
L’affaire est révélée dans un rapport publié par l’ONG américaine The Sentry, cofondée par l’acteur George Clooney. Selon ce rapport, quelques 140 millions de dollars pourraient ainsi avoir bénéficié au clan de l’ex-chef d’état congolais.
Au cœur de ce scandale se trouve la « Kwanza Capital », une société d’investissement créée, selon l’ONG Sentry, par Francis Selemani Mtwale, un des frères de Joseph Kabila.
Kwanza Capital a participé à plusieurs tentatives d’acquisitions de banques congolaises grâce à des fonds en partie détournés des coffres du gouvernement.
Des opérations douteuses
Et selon le rapport, cette société a pris également des parts dans des banques commerciales au Congo et obtenu de nombreux avantages, des prêts, sans pour autant être soumise à un véritable contrôle entre 2013 et 2017, pendant que Kabila était au pouvoir.
The Sentry avance ainsi le chiffre de 180 millions de dollars que le clan Kabila aurait amassé comme l’explique l’ONG.
"On espère que les citoyens congolais peuvent voir ce que les anciens dirigeants du pays ont fait avec des fonds publics et ce qu’ils ont fait avec le secteur bancaire. Et c’est très important de souligner cela. Parce que le niveau de bancarisation en RDC, c’est un quart du niveau en Afrique subsaharienne en général, c’est à dire 6 %. Donc peu de gens en RDC ont accès aux services bancaires, a déclaré John Dell’osso, l’auteur du rapport."
Selon l’activiste et lanceur d’alerte congolais Jean Jacques Lumumba, ce rapport est une interpellation directe à l’actuel président Félix Tshisekedi qui a promis des réformes pour assainir la gouvernance publique.
"C’est un test pour le président Tshisekedi. C’est maintenant qu’il doit réagir et prendre les bonnes mesures pour éviter que des choses pareilles se reproduisent à l’avenir. C’est à lui comme il l’a promis de réellement lutter contre la corruption, de prendre des mesures qui vont marquer la rupture entre lui et l’ancien régime. Parce qu’on a déjà vu des rapports semblables sortir quand le président Kabila était au pouvoir et du fait qu'il était impliqué, rien ne se faisait. Maintenant, nous voulons vraiment sentir la rupture parce que le président Tshisekedi nous a promis de lutter contre la corruption."
Notons que cette affaire a aussi une portée internationale car selon Sentry, ces détournements de fonds auraient servi les intérêts de sociétés basées sur trois continents.
https://www.dw.com/fr/rdc-le-clan-kabil ... a-49921215


Fonds clandestins : La banque secrète d’investissement de la famille Kabila – The Sentry
Par DESC-Wondo.org Le 5 août 2019


Initialement publié dans thesentry.org

Synthèse de l’enquête

Un garage commercial quelconque sans panneau indicateur dans le quartier d’affaires de Kinshasa : voilà où se cache le siège de Kwanza Capital, qui a brassé plus de cent millions de dollars provenant de comptes placés auprès d’une banque liée à l’ex-président congolais Joseph Kabila (président en fonctions entre 2001 et janvier 2019).
Mais cette discrétion permet également de dissimuler le fait que la famille de l’ex-président et ses alliés les plus proches contrôlaient la société. Des individus ayant connaissance des activités de l’entreprise ont indiqué à The Sentry qu’elle s’est montrée discrète à dessein et que ses acteurs principaux ont cherché à minimiser leurs rôles en public. Kwanza Capital, désormais placé en liquidation selon certaines informations, n’a retenu que brièvement l’attention du public à cause de ses manœuvres inhabituelles dans le secteur bancaire.
Cette enquête approfondie révèle un historique bien plus complexe. L’enquête menée par The Sentry porte un nouveau regard sur les démarches commerciales de la famille Kabila et de son cercle intime.
Les opérations de Kwanza Capital, son financement, ses bénéficiaires présumés, ses associés ainsi que ses relations avec des agences gouvernementales et des officiels du gouvernement révèlent que la société a tenté de procéder à des achats dans le secteur bancaire congolais, tout en maintenant des liens renforcés avec une banque gérée par le frère de Kabila et des proches de l’ancien président.
Ces efforts impliquent un réseau important d’individus et d’entreprises, notamment un financier suisse-angolais, un conglomérat chinois et un avocat auparavant associé à la branche française d’un cabinet d’avocat basé aux États-Unis.
Bien que les efforts de Kwanza Capital pour mettre la main sur la banque principale du pays aient échoués, une analyse des dossiers financiers de la société et de son actionnaire minoritaire révèle des activités de blanchiment d’argent et suggère que les compagnies ont reçu des millions de dollars détournés du trésor public congolais.
Ces dossiers indiquent en effet qu’un montant élevé ne dépassant pas 140 millions de dollars a circulé dans les comptes bancaires de ces sociétés. Les proches de l’ancien président congolais ont ensuite utilisé ces fonds comme source d’argent liquide.
L’enquête révèle que les membres de la famille Kabila et son cercle intime ont misé sur un contrôle du secteur bancaire et financier de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon des documents examinés et des entretiens menés par The Sentry, l’objectif de Kwanza Capital et de ses alliés était de contrôler des banques afin de saisir plus d’un quart du secteur bancaire d’environ cinq milliards de dollars du pays.
Bien qu’aucune loi n’empêche des hommes politiques d’exercer un tel contrôle — qui permettrait de blanchir les fonds tirés de la corruption endémique du pays — cela demeure une question compliquée, comme le soulignent ce présent rapport et d’autres révélations sur l’ampleur des affaires de la famille Kabila.
Les risques détaillés ici ont des échos bien au-delà de la RDC.
Selon le Groupe d’action financière (GAFI/FATF), la stabilité des secteurs bancaire et financier sont menacés, ainsi que le système mondial contre le blanchiment des capitaux et contre le financement du terrorisme, lorsque des fonctionnaires de haut niveau, ainsi que leur famille et leurs associés—identifiés dans leur ensemble comme des personnes politiquement exposées —contrôlent des institutions financières.
Lorsque ces individus contrôlent de telles institutions, que ce soit directement ou indirectement, elles tentent de compliquer les efforts des banques étrangères et des régulateurs, les empêchant d’identifier la source et la destination des fonds passant par ces entités.
En effet, ces personnes utilisent leur accès aux fonds publics, aux données budgétaires, ainsi que leur savoir sur les entreprises et les contrats publics entre autres pour blanchir des revenus obtenus de manière corrompue.
Ces conclusions démontrent également combien les institutions financières devraient mieux vérifier au préalable les transactions concernant des personnes politiquement exposées, leurs associés et leurs entreprises par le biais d’un processus de diligence raisonnée.
Les banques doivent pouvoir documenter clairement si leurs clients bénéficient de leurs parts afin de déterminer qui sont les bénéficiaires—financiers ou autres—d’une société ou d’une transaction.
Les documents financiers et autres données consultés par The Sentry indiquent que les proches de Kabila s’appuyaient sur Kwanza Capital pour obscurcir leurs liens afin d’échapper à un tel examen, même si certains acteurs internationaux s’en sont rendu compte.
Le gouvernement congolais devrait assurer une transparence en ce qui concerne les bénéficiaires afin d’éviter de tels risques. Les banques internationales devraient également prendre en compte l’éventualité que des entreprises et des individus qui leur demandent de réaliser des transactions en RDC servent de mandataires aux personnes politiquement exposées afin d’échapper à une diligence raisonnée conforme.
Le gouvernement congolais devrait donner la priorité à une amélioration des normes de conformité bancaires et instaurer des précautions contre la corruption auprès des agences gouvernementales et des régulateurs qui gèrent le secteur financier.
Suivant les recommandations The Sentry d’août 2018, le gouvernement congolais devrait émettre des directives pour lutter contre le blanchiment des capitaux et contre le financement du terrorisme, ainsi qu’encourager les banques à fournir des rapports sur toute transaction suspecte.
Le gouvernement congolais devrait également créer des directives sur les personnes politiquement exposées et les typologies du blanchiment d’argent dans les industries minière et du pétrole.
Bien que la scène politique changeante du pays présente une occasion de faire passer des réformes importantes, les enjeux vont au-delà de la politique.
L’accès au système financier international sera sûrement réduit si les problèmes chroniques du secteur financier ne sont pas résolus, ce qui aurait de fortes conséquences pour l’ensemble de l’économie.
La RDC peine déjà à assurer l’accès aux services bancaires pour ses citoyens. Selon une étude de 2017, seulement 6% de la population avait accès à ces services —moins du quart de la moyenne pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.
Recommandations principales :
Suite à son enquête, The Sentry propose plusieurs mesures à mettre en œuvre. Le texte intégral de ces recommandations figure à la fin de ce rapport.
Mesures contre le blanchiment des capitaux : Le Trésor américain et les cellules européennes de renseignement financier devraient examiner les relations bancaires décrites dans ce rapport et avertir les banques et d’autres institutions concernées par ce dossier.
Ces entités doivent surtout considérer s’il faut souligner les actions précédentes du groupe BGFI Bank —dont l’ampleur fait l’objet d’une grande partie de ce dossier —ainsi que les risques de blanchiment de capitaux au sein du secteur bancaire congolais.
Sanctions ciblées : Les États-Unis et l’Union Européenne devraient passer en revue les membres du réseau de l’ex-président Kabila ainsi que les autres personnes impliquées dans les transactions décrites dans ce rapport, et envisager l’application de nouvelles sanctions ciblées conformément aux régimes de sanctions actuels.
Diligence raisonnée bancaire : Les institutions financières internationales, y compris aux États-Unis, doivent prendre des mesures pour mieux vérifier les transactions impliquant des entreprises ou des personnes politiquement exposées de nationalité congolaise, ou des personnes fondé de pouvoir.
The Sentry propose à ces institutions d’effectuer un suivi si elles ont traité des transactions liées aux individus ou aux autres acteurs identifiés dans le présent rapport. Dans tous les cas possibles, ces institutions doivent souligner l’importance d’une diligence raisonnée améliorée de la part de leurs homologues congolais.
Réformes et transparence :
The Sentry propose au gouvernement congolais et à ses partenaires de mener des réformes. Le gouvernement actuel doit :
• Habiliter la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF),
• Enquêter sur toute malversation éventuelle de la Banque centrale du Congo et des entreprises nationales,
• Imposer une déclaration publique des biens des fonctionnaires publics et
• Améliorer la transparence en utilisant un registre commercial intégral auquel le public aurait accès.
The Sentry propose également au gouvernement américain d’encourager le gouvernement congolais à saisir le Fonds monétaire international (FMI) pour relancer la facilité élargie de crédit en RDC afin d’améliorer la transparence financière.
Télécharger l’enquête complète en pdf
Lire ci-dessous l’enquête complète depuis notre lecteur pdf
file:///C:/Users/tship/Downloads/Le%20Clan%20Kabila%20et%20le%20contrôle%20du%20secteur%20bancaire%20congolais%20Fonds-clandestins_TheSentry_2019.pdf

https://desc-wondo.org/fonds-clandestin ... he-sentry/











RDC : des proches de Kabila ont tenté de mettre la main sur un quart du secteur bancaire
• Dans République démocratique du Congo
• 22 mai 2019
• Belga


Des membres de la famille et des proches de l’ancien président congolais Joseph Kabila ont tenté de mettre la main sur trois banques constituant ensemble le quart du secteur bancaire du pays, affirme mercredi un communiqué de l’organisation The Sentry, spécialisée dans l’investigation sur la corruption en Afrique.

L’enquête de The Sentry met en lumière le rôle de Kwanza Capital, une firme d’investissement clandestine dirigée par le frère de l’ex-président, Francis Selemani Mtwale. Selon le rapport, il existe un réseau international d’hommes d’affaire et de sociétés liés à Kwanza Capital.

« Dans le cadre de nos efforts pour tracer le blanchiment d’argent, nous démontrons comment l’ancien-président Joseph Kabila et sa famille ont cherché à infiltrer le système bancaire via Kwanza Capital et ont ainsi pu apparemment mettre la main sur des millions de dollars », explique l’acteur américain George Clooney, co-fondateur de The Sentry. « Notre enquête identifie également les autres participants à ce montage destiné à créer du profit ».

« Kwanza Capital s’est rué sur le secteur bancaire et financier congolais en suscitant visiblement peu de réactions des autorités censées protéger contre ce genre d’abus », ajoute l’enquêteur John Dell’Osso. « Pire, certains responsables semblent avoir tiré profit de ces opérations. Cette affaire dépasse le Congo puisqu’elle implique également des acteurs étrangers ».

https://afrique.lalibre.be/36749/rdc-de ... -bancaire/

RDC : L’ONG de George Clooney accuse le clan Kabila
• 5 août 2019
• Hubert Leclercq

Tentatives d’un réseau secret international de saisir un quart du secteur bancaire congolais. Le rapport de The Sentry, l’ONG coprésidée par l’acteur George Clooney, met à jour les activités d’une banque d’investissement liée à l’ancien président Joseph Kabila.

Une enquête menée par The Sentry (qui a déjà révélé les relations entre le clan Kabila et certains groupes terroristes internationaux) révèle que des membres de la famille de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et ses proches ont cherché à saisir des parts dans trois banques différentes qui ensemble correspondaient à plus d’un quart du secteur bancaire congolais de cinq milliards de dollars.

Kinshasa entretient le terrorisme mondial selon l’ONG de George Clooney

Le rapport d’enquête, publié en mai en anglais et dont la traduction française paraît ce lundi 5 août, détaille les activités de Kwanza Capital, une banque d’investissement contrôlée par le frère de l’ancien président, Francis Selemani Mtwale, dans le plus grand secret. L’enquête a établi l’existence d’un réseau d’hommes d’affaires et d’entreprises liés à Kwanza Capital, y compris un financier helvetico-angolais, un conglomérat chinois et un avocat qui était alors membre du conseil d’administration et qui dirigeait le bureau France du cabinet d’avocats international Orrick.
RDC: bloomberg épingle Zoé Kabila, le frère cadet
Selon cette enquête
• Plus de 100 millions de dollars ont été brassés dans des comptes ouverts par Kwanza Capital auprès d’une banque liée à la famille de Joseph Kabila.
• Des dossiers financiers consultés par The Sentry comportent plusieurs indicateurs de blanchiment d’argent et que certaines entreprises auraient pu recevoir des millions de dollars de fonds détournés.
Consulter l’intégralité du rapport et ses recommandations

Le rapport s’inscrit dans une série d’exposés sur les activités potentiellement illicites de chefs corrompus et violents en Afrique centrale et de l’est. L’enquête a été menée par The Sentry, un organisme d’enquête fondé par George Clooney et John Prendergast.

« Dans le cadre de nos efforts pour suivre les cours du blanchiment d’argent, notre enquête révèle comment l’ancien président Joseph Kabila et sa famille ont tenté d’infiltrer dans le système bancaire congolais par le biais de Kwanza Capital. Ces manœuvres leur auraient permis de faire main basse sur plusieurs millions de dollars. Notre enquête expose également les acteurs commerciaux internationaux qui ont cherché à en tirer profit », explique en note l’acteur George Clooney, cofondateur The Sentry

« Kwanza Capital a fait fi des règles du secteur bancaire et financier congolais sans rencontrer de résistance réelle de la part des autorités responsables d’empêcher de tels abus. En outre, certaines de ces autorités semblent avoir tiré profit des opérations de Kwanza Capital. Bien plus qu’une simple affaire congolaise, des acteurs commerciaux internationaux ont cherché à profiter d’un cadre légal faible et d’une corruption endémique », explique John Dell’Osso, enquêteur principal The Sentry.

« La situation devient très préoccupante lorsque les intérêts personnels des responsables politiques congolais, des régulateurs et des entreprises internationales s’alignent aussi facilement, comme c’est le cas avec Kwanza Capital. Les activités de Kwanza Capital démontrent le peu d’intérêt qu’ont les kleptocrates congolais pour l’assainissement et la transparence dans le système bancaire. Les régulateurs internationaux et les banques devraient examiner en urgence ces activités et d’autres cas possibles impliquant du blanchiment d’argent », commente John Prendergast, cofondateur The Sentry et directeur fondateur de l’Enough Project

Les recommandations de The Sentr
• Mesures contre le blanchiment des capitaux. Le Trésor américain et les cellules européennes de renseignement financier devraient examiner les relations bancaires décrites dans ce rapport et avertir les banques et d’autres institutions concernées par ce dossier. Ces entités doivent surtout considérer s’il faut souligner les actions précédentes du groupe BGFIBank — dont l’ampleur fait l’objet d’une grande partie de ce dossier — ainsi que les risques de blanchiment de capitaux au sein du secteur bancaire congolais.
• Des sanctions ciblées. Les États-Unis et l’Union européenne devraient passer en revue les membres du réseau de l’ex-président Kabila ainsi que les autres personnes impliquées dans les transactions décrites dans ce rapport, et envisager l’application de nouvelles sanctions ciblées conformément aux régimes de sanctions actuels.
• Les banques doivent s’investir dans cette lutte. Les institutions financières internationales, y compris aux États-Unis, doivent prendre des mesures pour mieux vérifier les transactions impliquant des entreprises ou des personnes politiquement exposées de nationalité congolaise, ou des personnes fondé de pouvoir. The Sentry propose à ces institutions d’effectuer un suivi si elles ont traité des transactions liées aux individus ou aux autres acteurs identifiés dans le présent rapport. Dans tous les cas possibles, ces institutions doivent souligner l’importance d’une diligence raisonnée améliorée de la part de leurs homologues congolais.
Message au gouvernement congolais

The Sentry propose au gouvernement congolais et à ses partenaires de mener des réformes. Le gouvernement actuel doit enquêter sur toute malversation éventuelle de la Banque centrale du Congo et des entreprises nationales, imposer une déclaration publique des biens des fonctionnaires publics et améliorer la transparence en utilisant un registre commercial intégral auquel le public aurait accès.

The Sentry propose également au gouvernement américain d’encourager le gouvernement congolais à saisir le Fonds monétaire international (FMI) pour relancer la facilité élargie de crédit en RDC afin d’améliorer la transparence financière.

https://afrique.lalibre.be/39694/rdc-lo ... an-kabila/




RDC : bloomberg épingle Zoé Kabila, le frère cadet
• Dans République démocratique du Congo
• 19 juillet 2017
• Marie-France Cros

L’agence financière américaine Bloomberg a publié mardi un article consacré à Zoé Kabila, 38 ans, un des jeunes frères du président Joseph Kabila, et à son « empire financier qui s’étend à tout, du tourisme à l’extraction minière ».

Ses compagnies, écrit l’agence, « ont vendu des diamants, possédé un hôtel de luxe sur la côte atlantique du Congo, investi dans les activités agricoles, installé une franchise de fast-food et imprimé des permis de conduire », sans compter des activités minières « en partenariat avec Ivanhoe Mines Ltd » de Vancouver (Canada) et « Nzuri Copper Ltd », une entreprise australienne. Dans un article publié la veille, Bloomberg ajoutait le négociant en minerais belge Traxys SA, « aujourd’hui propriété du groupe Carlyle » des Etats-Unis.

Permis de conduire et le fast-food Nando

Une de ces sociétés, Isis-Congo, dont Zoé Kabila est sorti en novembre dernier, est installée dans un bâtiment du gouvernement à Kinshasa. Elle avait, selon l’agence financière, « remporté en 2007 le contrat pour imprimer 25 000 permis de conduire biométriques mais a seulement commencé à fournir les permis en 2012 ». Le contrat gouvernemental de «15 millions de dollars » avait été remporté par Isis avec un partenaire français, selon un des partenaires en affaires de Zoé Kabila.

« Grâce à ses 90% de parts dans la société Cosha, Zoé a aussi possédé des parts d’une compagnie aérienne, la franchise congolaise sur la chaîne de fast-food Nando et contrôlé huit permis miniers pour des diamants, de l’or et du calcaire », détaille Bloomberg.

« Au moins une des entreprises de Zoé a eu un contrat avec des investisseurs pour les aider à naviguer dans l’administration de son frère » le Président, ajoute l’agence.

Difficile de ne pas tomber sur un Kabila

Les affaires de Zoé Kabila et de ses frères et sœurs (il y en aurait 25 en tout) « ont ramené des centaines de millions de dollars au clan Kabila », indique Bloomberg, qui rappelle son enquête à ce sujet, publiée en décembre dernier ( http://www.lalibre.be/actu/internationa ... 2eb2881a5c ).

Si Jaynet, la sœur jumelle du chef de l’Etat, possède une part de Vodacom et Gloria, une autre sœur, 40% « d’une des plus grandes banques du pays », écrit Bloomberg, Zoé « a mis sur pied au moins 12 entreprises » depuis son retour au Congo, en 2001, après l’assassinat de son père, Laurent Kabila, et l’accession au pouvoir de Joseph.

«Les intérêts commerciaux » du clan Kabila « s’étendent dans toute l’économie, rendant difficile à une société d’opérer sans entrer en contact avec un membre de la famille » écrit l’agence.

Selon celle-ci, Zoé Kabila a refusé de commenter ses informations malgré « deux mois » d’insistance.

https://afrique.lalibre.be/6242/rdc-blo ... ere-cadet/








Kinshasa entretient le terrorisme mondial selon l’ONG de George Clooney
• Dans République démocratique du Congo
• 16 octobre 2017
• Hubert Leclercq

Par Hubert Leclercq
The Sentry est une organisation non gouvernementale qui a décidé de consacrer notamment ses efforts sur l’Afrique « du nord-est à la République démocratique du Congo », explique ses fondateurs parmi lesquels la star hollywoodienne George Clooney.

Une ONG qui a décidé de frapper au portefeuille en tentant de mettre à jour les réseaux financiers qui permettent à certains pouvoirs de se maintenir en place et d’engranger des fortunes sur le dos de leur population.

Le dernier rapport en date de The Sentry est particulièrement accablant pour le régime congolais. Il met les agissements de la BGFIBank en RDC en lumière.

Une institution financière déjà pointée du doigt par les accusations, en octobre 2016, de Jean-Jacques Lumumba, ancien cadre de la banque qui avait tenté de mettre en garde ses supérieurs contre certains mouvements de fonds plus que douteux avant de devoir fuir le pays avec certains documents très compromettants pour la banque et plus particulièrement pour son patron Francis Selemani Mtwale, le demi-frère de Joseph Kabila.

Kabila court-circuite les sanctions américaines

Le titre du rapport est élogieux : « Les financiers du terrorisme : ou comment une banque liée au président congolais a permis aux bailleurs de fonds du Hezbollah de contourner les sanctions américaines ».

Et le contenu du rapport est à la hauteur du titre. On peut ainsi lire :

« Le problème portait sur le fait que ces transactions impliquaient des sociétés liées aux bailleurs de fonds du Hezbollah, un groupe terroriste et parti politique libanais. Les principales entités concernées étaient des filiales de Congo Futur, un groupe d’entreprises basé à Kinshasa et assujetti au régime de sanctions du Département du Trésor américain. Ces avertissements s’adressaient notamment à Selemani Francis Mtwale, frère du président Joseph Kabila dirigeant la BGFIBank RDC. Mais les relations entre la banque et les sociétés liées au Hezbollah se sont poursuivies. La BGFIBank RDC a même été jusqu’à demander que certaines transactions soient débloquées par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain après que d’autres banques ont refusé d’effectuer ces mêmes opérations. La BGFIBank RDC tenait toujours des comptes pour les sociétés affiliées à Congo Futur en 2016. Cette situation soulève d’importantes questions concernant la capacité et la volonté de la banque à s’acquitter de ses obligations quant à l’application des sanctions et au respect des règles contre le blanchiment d’argent.

La BGFIBank RDC aurait été utilisée aux fins du détournement d’importants fonds publics au Congo, y compris des millions de dollars de retrait imputés à la commission électorale congolaise (CENI) et des transferts d’espèces s’élevant à 8 millions de dollars – des « avances fiscales » irrégulières de la part de la Gécamines, la plus grande société minière publique du pays. Les rapports publiés soulèvent de sérieuses questions quant au régime de réglementation et de conformité de la banque. »

Successions de dossiers pourris

En quelques lignes, les experts de The Sentry épinglent :
• La BGFIBank RDC du demi-frère de Joseph Kabila, l’accusent de ne pas avoir respecté, sciemment, les sanctions américaines à l’égard d’un groupe finançant un mouvement terroriste. Ils pointent clairement du doigt le pouvoir en place à Kinshasa et ses liens étroits avec la société Congo Futur qui « continue de prospérer » en RDC et qui a même « décroché des contrats publics ». Pour faire simple, le Hezbollah a accès au monde bancaire grâce aux manœuvres de la BGFIBank RDC qui elle-même est entre les mains de la famille Kabila. Kinshasa court-circuite donc les efforts américains et mondiaux.

• Suite à cette accumulation de découvertes, l’ONG appelle à des sanctions ciblées de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne contre tout individu et institution qui seraient mêlés de près ou de loin aux actions de Congo Futur. Le président et ses proches collaborateurs ne peuvent pas être exclus de ces sanctions.

• Ils en appellent aussi à l’ouverture d’enquêtes pénales pour connaître notamment les responsabilités de la BGFIBank RDC dans ce dossier en lien avec Congo Futur.

• The Sentry met aussi en lumière des malversations concernant la Ceni

• The Sentry épingle des jeux d’écriture financière à l’avantage de la Gécamines.
Washington insensible ?

The Sentry a essentiellement collationné et vérifié des informations déjà disponibles de manières diffuses et éparses. En les regroupant dans un seul et même document, il démontre la puissance de la corruption et la capacité de nuisance internationale du pouvoir en place à Kinshasa.

Les Etats-Unis si sensibles à la lutte contre le terrorisme ne pourront rester à l’écart d’un tel dossier. Personne ne comprendrait que Washington ne demande pas un minimum de comptes aux responsables de la BGFIBank RDC et au pouvoir en place à Kinshasa.

Lire le rapport sur : www.thesentry.org

https://afrique.lalibre.be/9865/kinshas ... e-clooney/
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