Le cas de l’Afrique du Sud n’est pas comparable à celui de la RDC

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Tshipamba Mpuila
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Le cas de l’Afrique du Sud n’est pas comparable à celui de la RDC

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LEADERSHIP NATIONAL CONGOLAIS DE PROGRES

Le cas de l’Afrique du Sud n’est pas comparable à celui de la RDC

Le Discours de la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie est un mode d’emploi pour ne pas être dupe du pouvoir, car ce n’est pas en luttant contre la tyrannie qu’on parvient à l’abattre, mais en comprenant ses mécanismes qu’on parvient à ne pas la subir, ni la désirer.
(Etienne de la Boétie, le Discours sur la Servitude volontaire)
Certains Compatriotes Congolais ont tort de justifier les négociations, les Accords, la formation des Fronts Communs et des Coalitions entre l’Opposition Congolaise et le régime esclavagiste, colonialiste, prédateur et génocidaire imposé par le Rwanda au Peuple Congolais en citant l’Acte historique réalisé en Afrique du Sud entre Nelson Mandela (Un Noir et Leader de l’ANC) et Frederick De Klerk (un Blanc Afrikaner et Lead de l’Apartheid).
C’est cette justification erronée qui nous pousse à démontrer la différence et le fossé large et profond existant entre les deux cas.
Nous ne basons pas sur notre imagination, les suppositions, les élucubrations cérébrales et les hallucinations, mais sur les faits réels et vérifiables en RDC, en Ouganda et au Rwanda, les écrits d’Etienne de la Boétie, de Hegel, de Cheikh Anta Diop, de Jan Vansina, de Gaspard Musabyimana et de Charles Onana ainsi que sur les faits réels et vérifiables en Afrique du Sud et sur de nombreux écrits sur l’histoire de l’Afrique du Sud.
1. Afrique du Sud
Les Négociations et les Accords en Afrique du Sud ont eu lieu à l’initiative et sous la supervision de deux Leaders qui étaient sincères, honnêtes, vrais, justes et loyaux dans leur démarche et ils étaient habités par une Vision de Progrès et par une superstructure idéologique qui mettait en exergue l’apologie des valeurs politiques et morales et des causes nobles et justes : Nelson Mandela et Frederick Willem De Klerk.
Autour de la table des négociations, les interlocuteurs étaient tous de bonne foi et de bonne volonté, ils étaient animés de volonté politique positive et d’un esprit réceptif, ouvert et constructif, Ils étaient tous motivés, déterminés, préoccupés par le triomphe de l’Intérêt général et du Bien commun.
Ils tenaient réellement à mettre fin à l’Apartheid et à la guerre civile permanente suscitée dans leur Pays par le système de développement séparé basé sur le racisme, les inégalités sociales et le mépris de la dignité humaine et de la couleur de la peau de l’autre ; à instaurer le système démocratique dans leur Pays et à inaugurer l’Ere de la paix, de la coexistence pacifique, de l’entente, de l’unité nationale, de la cohésion sociale, de la stabilité, de la citoyenneté, de la liberté pour tous, de l’égalité des races et de tous en libertés et en droits et des perspectives de prospérité, de bonheur et d’avenir meilleur pour tous les Citoyens Sud-Africains et pour leur Pays.
Pour s’en convaincre, il faut lire notamment le parcours politique et biographique de chacun de ces deux Leaders.
Nous y ajoutons M. Jacobus François Pienaar, le Capitaine de Springboks, équipe sud-africaine de Ruby à qui le Président Nelson Mandela avait recouru pour obtenir en Afrique du Sud l’Unité et la Cohésion nationale par le Sport.
Depuis les Accords entre Nelson Mandela (Un Noir Leader de l’ANC) et Frederick De Klerk (Un Afrikaner Blanc Leader de l’Apartheid) :
• Les Accords sont scrupuleusement et intégralement respectés par tous ;

• L’Afrique du Sud est devenue un pays démocratique : institutions démocratiques, bonne gouvernance, participation de tous à la vie politique et publique, citoyenneté, élections crédibles et transparentes, contre-pouvoirs de pouvoirs, partis politiques, organisations de la Société Civile, débat démocratique ouvert,, égalité politique, égalité de tous dans la jouissance des libertés et des droits ;

• Le modèle du panafricanisme sud-africain multiracial instauré par Nelson Mandela et Frederik De Klerk fait partie désormais de grands courants idéologiques qui ont marqué le 20ème siècle et suscite beaucoup d’admiration ;

• Tous les Afrikaners ont cessé d’être des Etrangers en Afrique du Sud, ils sont tous devenus des citoyens Sud-Africains ;

• Les Noirs ont cessé d’être des Esclaves dans leur propre Pays, ils sont tous devenus des Citoyens libres ;

• Les Afrikaners et les Noirs jouissent de toutes les libertés et de tous les droits reconnus par la Constitution de l’Afrique du Sud ;

• L’ANC, majoritaire dans l’ancrage populaire, est aussi majoritaire dans toutes les Institutions étatiques ;

• Les Anciens Membres de l’Apartheid (Blancs) ont jusqu’ici la mainmise sur l’exploitation des ressources économiques du pays et sur la vie économique, mais ils sont tenus d’engager 60% des Noirs dans leurs entreprises ;

• L’instruction est ouverte aux Noirs. Ceux- ci accèdent de plus en plus à l’instruction, à la richesse (ex. : Cyril Ramafosa, le Président actuel de l’Afrique du Sud) et deviennent de plus en plus nombreux parmi les propriétaires des Petites et Moyennes Entreprises (PME) ;

• L’une des preuves qui démontrent que les Acteurs politiques et des organisations de la Société civile ont intériorisé la vision du Changement démocratique ; que personne n’est au-dessus de la Loi et que le Peuple Sud-Africain est désormais constitué de Citoyens, c’est-à-dire des femmes et des hommes ayant une conscience aiguë d’appartenir à une collectivité politique (locale, provinciale, nationale) envers laquelle ils ont des droits, des devoirs et des responsabilités : les deux Hauts Responsables politiques (Thabo Mbeki et Jacob Zuma) qui n’ont pas poursuivi la politique sanitaire et sociale convenue dans les Accords et dans le Programme de leurs gouvernements respectifs et qui ont enfreint les règles de la Bonne Gouvernance ont été, de l’intérieur même de leur propre parti politique et des institutions étatiques, désavoués et démocratiquement démis de leurs fonctions, laissant les ghettos plus démunis et plus appauvris comme jamais auparavant. D’où les frustrations, la colère et les émeutes contre les Etrangers.

2. La RDC
Nous rappelons les propos d’Adolf Hitler (Mein Kampf) : « Les négociations, les accords, la diplomatie... ne sont que des leurres, des mascarades. Seul compte le glaive ».
Quand un tyran, un esclavagiste, un colonialiste, un prédateur et un génocidaire irrémédiablement irrécurables sont au sommet de leur puissance et de leur pouvoir, ils ne cherchent jamais les négociations.
Mais quand leur légitimité est contestée et que leur puissance et leur pouvoir vacillent, chancellent et tendent à s’effondrer, ils cherchent alors les négociations.
Autour de la table des négociations, alors que leurs interlocuteurs sont sincères, loyaux, honnêtes, habités par la vision du progrès et animés de volonté politique positive, de bonne volonté et bonne foi, et prêts à respecter le contenu intégral des Accords qui seront conclus et signés, eux sont pleins de ruse, de mauvaise foi, de perfidie, de malice et de mensonge ; ils n’ont pas la vision du progrès, ils n’ont pas la volonté politique nécessaire ; ils ne veulent pas que la situation s’améliore pour tous, et ils savent qu’ils ne prendront des Accords conclus et signés que ce qui assure, restaure et renforce leur seule légitimité et leur pouvoir ; ils jetteront tout le reste dans la poubelle.
Plus grave encore, ces négociations et ces accords décupleront et potentialiseront même leur rage, leur férocité, leur méchanceté, leur voracité, leur soif de sang, leur propension au crime, leur cruauté, leur atrocité et aggraveront la tragédie.
Rappelons-nous de la situation de Mobutu, du MPR et de tous les Mobutistes. Ils avaient perdu toute légitimité politique et juridique en 1990.
Vomi, désavoué, mis sous une pression nationale et internationale irrésistible, Mobutu avait déjà fui Kinshasa, il se cachait à Kawele, il attendait dans le désespoir la fin des Travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS, 7 Août 1991-6 Décembre 1992) et était prêt à s’enfuir en exil à l’Etranger à une moindre insurrection nationale généralisée.
Mais il a tenté dans le désespoir le dernier geste de survie en sollicitant les négociations avec les Forces Acquises au Changement.
Malheureusement, les Forces Acquises au Changement ont avancé l’argument célèbre d’«Alternance apaisée, démocratique et civilisée » et ont mordu à l’hameçon.
Ces négociations ont abouti à l’Accord Politique et Global du 31 Juillet 1991 et ont permis à Mobutu de bénéficier d’une nouvelle légitimité politique et juridique et de récupérer tous les leviers du pouvoir.
Mobutu ordonna les massacres du 16 Février 1992 ; bloqua l’application des Résolutions de la CNS par le nième Coup d’Etat militaire le 1er Décembre 1992 ; réinstaura la dictature jusqu’en 1996 ; géra très mal l’afflux massif des réfugiés Rwandais dans notre Pays.
Cette mauvaise gestion de l’afflux des Réfugiés Rwandais servit d’alibi au Leadership rwandais et ougandais pour initier la signature des Accords de Lemera le 23 Octobre 1996 et pour envahir militairement notre Pays, l’occuper entièrement, le réduire à un Département, à une Province du Rwanda, l’administrer dans le domaine institutionnel, juridique, politique, militaire, sécuritaire, administratif et économique et piller ses richesses naturelles.
L’AFDL est le mécanisme politico-militaire de gestion de la colonie congolaise par le Rwanda.
Pour tromper l’opinion nationale et internationale, l’AFDL s’est affublée du vernis extérieur local tout en gardant son ADN rwandais et sa substance étrangère, vêtue de maquillages congolais (différents noms : CCP, PPRD, MP…).
Nombreux congolais, vidés de tout patriotisme par les 32 années du mobutisme, se sont rués dans ce mécanisme politico-militaire rwandais ; ils se sont mis bien volontiers au service du Cerveau Local rwandais et des intérêts rwandais ; ils ont accepté d’être des éléments décoratifs du Système Rwandais et d’être des esclaves lucides, conscients, fiers et heureux d’accéder au Bol de la Soupe de la Vulgaire Mangeoire.
Le Cerveau Rwandais Local a même réussi un grand coup en aspirant dans ce mécanisme politico-militaire rwandais une grande partie de l’Opposition Congolaise et en formant avec elle des fronts communs et des coalitions qui le reconnaissent tous comme étant le Seul Grand Prêtre. Il a la mainmise sur toutes les institutions du Pays (tant au niveau de la Base – provinces- qu’au niveau national : ses hommes sont majoritaires dans toutes les institutions politiques, militaires, sécuritaires, économiques et ont fait allégeance à sa personne en signant des pactes avec lui.
Puisqu’il a réussi à fragiliser l’Opposition en aspirant une grande partie de ladite Opposition et en l’enfermant dans des fronts communs et des coalitions dont il est le Seul Grand Prêtre, il est donc devenu plus fort qu’avant.
A l’aide des manettes et selon ses émotions, ses pulsions et ses humeurs, il actionne à partir de son Bureau ovale les marionnettes congolaises placés dans toutes ces institutions à l’aide des manettes.
Tous les Accords signés depuis lors (Accord de Lusaka, Accord Global et Inclusif de Sun City, Accord avec le CNDP, l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba, l’Accord de la Saint-Sylvestre
Bref : en RDC, le Système n’a pas changé comme en Afrique du Sud, il s’est même renforcé.
Pour terminer, nous rappelons que M. Hegel dans la « Dialectique du Maître et de l’Esclave » et le Professeur Francis Fukuyama ont suffisamment démontré dans son livre « La fin de l’Histoire et le dernier Homme » que les idéologies rivales du système démocratique (Esclavage, colonialisme, tyrannie…) contiennent, au niveau même de leurs principes, des défauts graves, des incohérences et des contradictions fondamentales qui conduisent tôt ou tard ces idéologies à leur échec, leur défaite, leur effondrement et leur éclatement.
Là où ces idéologies résistent et perdurent comme c’est le cas de la RDC, ce sont leurs victimes qui les acceptent, deviennent leurs collabos, leurs complices, leurs remparts, leurs boucliers et leur fournissent la sève nourricière, leur légitimité permanente, leur survie et leur longue viabilité.
M. Etienne de la Boétie a décrit, dans « Le Discours de la Servitude volontaire », comment certaines victimes des idéologies ci-haut-citées sont tellement anéanties, écrasées, broyées, détruites ontologiquement, moralement et spirituellement par ces idéologies que ces victimes deviennent finalement dénaturées, vidées de toute notion de dignité humaine, de valeur, de cause noble et juste, de liberté, de droit, de justice, de bien, d’intérêt commun, d’égalité des êtres humains en libertés et en droits, Ces victimes sont tellement vidées de toute notion de cause noble et juste qu’elles n’aspirent plus à la liberté mais à la servitude volontaire.

Fait le 08 Novembre 2019

Pour le Leadership National Congolais de Progrès
Dr François Tshipamba Mpuila
GSM : +32-493-325-104
E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr
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