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Le Bilan positif et négatif du Combat politique des Treize Parlementaires de 1980 à 1997

Publié : sam. août 08, 2020 3:27 pm
par Tshipamba Mpuila
LEADERSHIP NATIONAL CONGOLAIS DE PROGRES
Le Bilan positif et négatif du Combat politique des Treize Parlementaires de 1980 à 1997
1. La nécessité de connaître le passé et l’histoire

1.1. La connaissance du passé nous permet d’en tirer des leçons appropriées afin de pouvoir avoir des fondements solides, innover, améliorer et éviter de commettre les mêmes erreurs.
Celui qui veut gouverner un pays ou gérer une entreprise ex nihilo, construire sa vie ou une organisation ex tabula rasa, est un homme qui veut bâtir une maison sur le sable mouvement et sans fondements solides : l’édifice s’écroulera au moindre vent.
1.2. Nelson Mandela : Humilité et reconnaissance de la contribution des Anciens au Combat politique de la libération nationale et de la démocratie
Le symbole, l’exemple et les actes de Nelson Mandela interpellent, inspirent et donnent à penser et à agir.
M. Claude Allègre, dans Figures de proue, considère Nelson Mandela comme étant la Sagesse africaine personnifiée.
Le 27 Avril 1994, Jour des premières élections démocratiques et multiraciales en Afrique du Sud, Nelson Mandela a livré un symbole et un exemple ci-après d’humilité et de reconnaissance envers la contribution des Anciens, des Compagnons de lutte et du sacrifice suprême de nombreux Membres et Cadres de l’ANC qui avaient combattu l’Apartheid avant lui.
Ce jour-là, Nelson Mandela a voté, ni à Johannesburg ni à Prétoria, mais au Natal, dans un petit bureau de vote. Pourquoi ? Donnons-lui la parole :
J’ai voté le 27 Avril 1994, le premier des quatre jours du scrutin. J’avais décidé de voter au Natal pour montrer aux gens que, dans cette province divisée, aller dans les bureaux de vote ne représentait aucun danger.
J’ai voté au lycée Ohlange à Inanda, un township dans des collines verdoyantes, au nord de Durban, car c’était là que JOHN DUBE, le premier de l’ANC, était enterré. Ce patriote africain avait participé à la fondation de l’organisation (ANC) en 1912, et j’ai déposé mon bulletin dans l’urne près de sa tombe, fermant ainsi le cycle historique car la mission qu’il avait entamée quatre-vingt-deux ans plutôt était sur le point de s’achever.
Debout près de sa tombe, sur une colline au-dessus de la petite école, je ne pensais pas seulement au présent mais au passé. Quand je me suis avancé vers le bureau de vote, j’ai évoqué le souvenir des héros qui étaient tombés afin que je puisse me trouver là, aujourd’hui, ces hommes et ces femmes qui avaient fait le sacrifice suprême pour une cause qui avait finalement triomphé. J’ai pensé à Oliver Tambo et à Cris Hani, au Chef Albert Luthuli et à Bram Fisher. J’ai pensé à nos grands héros africains qui s’étaient sacrifiés pour que des millions de Sud-Africains puissent aller voter aujourd’hui ; j’ai pensé à Josiah Gumede, à Helen Joseph à Yusuf Dadoo, à Moses Kotane.
En ce jour du 27 Avril 1994, je ne suis pas entré seul dans le bureau de vote, tous m’accompagnaient. Quand j’ai déposé mon bulletin de vote dans l’urne, ils m’entouraient tous et ils ont déposé à travers ma main ce bulletin avec moi.
Cfr. : Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, p. 637-638, Jean Guiloineau (traducteur), ISBN 2253140634, Editeur Le Livre de Poche, 1 Décembre 1996.
1.3. Rappel de quelques citations

- Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. Winston Churchill
- Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut. Fréderic Mistral
- La nouveauté trouve ses racines dans le passé. Marcello Fois
- Les racines de l'éducation sont amères, mais ses fruits sont doux. Aristote
- Celui qui oublie ses racines n’atteint jamais sa destination. Proverbe Philippin
- On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes. Proverbe juif
- Pour les êtres humains, penser au passé veut dire se mouvoir dans la dimension de la profondeur, poser des racines et ainsi se stabiliser, afin de ne pas se laisser balayer par ce qui peut se produire - le Zeitgeist, l'Histoire ou la simple tentation.
- Notre témoignage existe pour vous appeler à incarner et à défendre ces valeurs démocratiques qui puisent leurs racines dans le respect absolu de la dignité humaine, notre legs le plus précieux à vous, jeunesse du XXIe siècle. Discours de Simone Veil en 2005 - Simone Veil

2. Une minorité infinitésimale dans les Institutions du MPR Parti-Etat et dans la Classe politique Congolaise
Même dans un conte de fée, personne n’aurait pu imaginer le meilleur scénario que celui qui a marqué les racines, les origines et le parcours de l’UDPS.
Les Treize Parlementaires ont officiellement débuté leur Combat politique par la Lettre Ouverte adressée le 1er Novembre 1980 au Président Mobutu.
Les Treize Parlementaires étaient une minorité infinitésimale par rapport :
• Aux 500 Députés que comptait l’Assemblée Nationale : tous les autres Députés étaient des Cadres du Mobutisme et zélés, dévoués et très actifs pour la pérennité du MPR Parti-Etat et du pouvoir du Guide et Président Fondateur ;
• A des milliers des Cadres du Pays : Tous les Cadres congolais étaient des Cadres du Parti Unique MPR Parti-Etat (= La Nation Congolaise politiquement organisée) ;
• A toute la Classe politique Congolaise ;
• A tout le Peuple Congolais (35 millions d’habitants en 1980).
Toutes les Institutions de notre Pays étaient les Organes du MPR Parti-Etat : Présidence de la République, Bureau Politique, Assemblée Nationale, Comité Central, Comité Exécutif, Gouvernement, Régions, Entreprises….
Tous les Gestionnaires de ces Institutions étaient des Présidents Sectionnaires du MPR Parti-Etat. Tous les Congolais (jeunes, adultes, vieillards, bébés, fœtus…) étaient des militants du MPR Parti-Etat. Il était impensable de songer, même dans un rêve, à l’éventuelle existence des autres partis politiques et des Organisations de la Société Civile.
3. L’une des dictatures les plus féroces de l’histoire humaine
Le pouvoir politique était une dictature féroce qui se caractérisait à la fois par :
• L’unidimensionnalité politique, social et économique ;
• Le Culte excessif de la personnalité du Chef et
• La déification de Mobutu.
Le Président-Fondateur était un tyran et un dieu. Le début des informations à la Radio et à la Télévision Nationale était précédé par le Cantique à la divinité, à l’honneur et à la gloire immortelle du dieu Mobutu : l’Hymne emblématique de « Dia Lelo Mulopwe Mobutu ».
Durant le Chant, les Congolais se mettaient, à partir de leurs salons, dans une attitude de prière, de recueillement, de dévotion, d’adoration et de vénération envers le Guide.
Les écrans des télévisions montraient le dieu Mobutu descendant du Ciel à travers les nuages. Le dieu, d’abord invisible, prenait de plus en plus la chair humaine et la forme de Mobutu et devenait visible. Il prononçait ensuite un passage-clé de ses enseignements adressés « urbi et orbi » (à la Ville et au Monde). Alors, les informations démarraient.
Seul Mobutu pouvait initier, créer et penser à la place de tous les Congolais. Le Culte de sa personnalité et la puissance du MPR Parti-Etat avaient transformé notre Pays en une caserne de prisonniers apathiques et d’esclaves passifs ; annihilé la capacité d’initiative, de créativité et de transcendance ; mithridatisé l’esprit de contestation et de révolte ; anesthésié toute initiative de reconquérir les libertés et les droits ; généré les antivaleurs et provoqué l’immobilisme politique et l’unanimisme réducteur.
Pour nombreux Compatriotes :
• Mobutu était doté de pouvoirs magiques qui l’avaient rendu immortel, invincible, inamovible et intouchable et
• Son pouvoir durerait pendant au moins cent ans : ce thème répété dans les Cantiques et les Slogans du MPR Parti-Etat avait fini par formater les esprits des Congolais et s’incruster dans leur conscience et leur imaginaire collectif.
Le MPR Parti-Etat avait le monopole de tout le discours. Kinshasa était le Point culminant de l’Etat-spectacle, de la démesure, de l’exhibitionnisme du mobutisme et le Lieu de tous les paroxysmes, des ressassements et d’envoûtement collectif par la prestidigitation de l’animation politique.
L’animation politique était un nom donné aux scènes d’hystérie et d’extase au cours desquelles les chansons et les cantiques étaient exécutés au Stade par les groupes des danseuses et danseurs habillés en uniformes à effigies du Guide, venus de toutes les Régions, ayant à leur tête les gouverneurs des Régions et dont les thèmes étaient les honneurs et la gloire immortelle de Mobutu et la pérennité du pouvoir du MPR Parti-Etat.
4. Pendant la Guerre froide : Mobutu dans l’Olympe
Les Treize Parlementaires ont débuté le Mouvement d’Opposition démocratique (1980) pendant la Guerre froide, c’est-à-dire au moment où Mobutu était, pour tous les Pays Occidentaux, le Rempart contre le Communisme et bénéficiait ainsi du soutien massif multilatéral et bilatéral de tous les Pays Occidentaux.
Ce soutien avait hissé Mobutu au sommet de sa puissance et de sa gloire. Toute la Classe politique Congolaise était à genoux à ses pieds et rampait devant lui comme des reptiles qui rivalisaient en adoration, en dévouement, en flatteries, en zèle et en délation pour mériter la confiance du Guide, être nommés dans les Institutions politiques, économiques, sociales, académiques… et accéder ainsi à la Mangeoire, aux honneurs et aux privilèges...
5. Avant la Perestroïka
Les Treize Parlementaires ont débuté leur Combat politique avant la Perestroïka. La perestroïka est le nom donné aux réformes économiques et sociales menées par le président de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique d'avril 1985 à décembre 1991, selon trois axes prioritaires respectivement économique, social et éthique : l'accélération, la démocratisation et la transparence. Le mot signifie en russe « reconstruction », « restructuration ».
Ce mouvement avait fini par se diffuser sous le nom du Vent de l’Est dans nombreux pays, réveiller les peuples, ébranler les dictatures et même faire tomber certaines d’entre elles.
Tous ces facteurs susmentionnés avaient poussé nombreux Compatriotes, Décideurs et Experts internationaux à considérer que l’Acte posé le 1er Novembre 1980 par les Treize Parlementaires était l’effet de la démence, d’un mauvais rêve, d’une hallucination, d’une illusion, d’une témérité inouïe, un suicidaire politique, social et humain certain, une tentative vouée à un échec cuisant et inéluctable.

6. L’inédit dans le Combat politique de l’UDPS : une conscience patriotique et démocratique très aiguë, l’acceptation des sacrifices et même du sacrifice suprême, le courage, l’héroïsme, la fermeté et la détermination

6.1. Mobutu directement, personnellement et clairement mis en cause
La Lettre de 52 pages des Treize Parlementaires fut, depuis le coup d’Etat militaire du 24 Novembre 1965 par Mobutu, la toute première contestation non-violente, sous forme d’une analyse critique, rigoureuse et globale du Culte de la personnalité dont jouissait Mobutu et de l’ensemble du système politique de MPR Parti-Etat.
Pour la première fois, le dieu Mobutu fut directement, personnellement et clairement mis en cause et interpellé par les Treize Parlementaires dans leur Lettre ouverte.
La Lettre se terminait par dix propositions invitant Mobutu à démocratiser le système politique conformément :
• Aux aspirations profondes et légitimes du Peuple ;
• Au Manifeste de la N’Sele - Document fondateur du MPR qui, dans sa conception, faisait du MPR un parti politique démocratique à côté d’un 2ème parti politique dont la création était prévue à l’article 4 de la Constitution du 24 Juin 1967 ; et
• A l’ouverture démocratique annoncée par Mobutu lui-même dans son Discours du 25 novembre 1977, Discours connu sous le nom de “Discours sur le mal zaïrois”.
Pour les Treize parlementaires donc, Mobutu était un déviationniste par rapport à l’essence même du MPR et un traître par rapport à l’aspiration profonde et légitime du Peuple à l’avènement d’un Etat de droit indépendant, souverain, démocratique, pluraliste, moderne et prospère au cœur de l’Afrique.
6.2. La répression
Au lieu d’écouter les Treize Parlementaires et de démocratiser le régime et les institutions, Mobutu se livra à cœur joie à la répression impitoyable et sanglante contre les Treize Parlementaires et contre tous les Compatriotes qui laissaient transparaître la sympathie, l’approbation et le soutien à l’égard des Treize Parlementaires.
La répression fut multiforme : relégations dans leurs villages d’origine ou dans des prisons, des lieux des tortures et des cachots souterrains disséminés à travers le Pays, emprisonnements, traitements cruels, inhumains et dégradants, dénouement des victimes par spoliations de leurs biens matériels, tortures, bannissements, déchéance de leurs droits civils, politiques, sociaux, massacres…
6.3. La création de l’UDPS en tant qu’un Parti politique d’Opposition démocratique
Ayant sous-estimé la détermination et la résistance intérieure des Treize Parlementaires et l’écho favorable que leur Message avait eu chez nombreux compatriotes, Mobutu obtint le résultat tout-à-fait opposé :
• Plusieurs compatriotes rejoignirent librement les Treize Parlementaires dans la lutte clandestine contre Mobutu et contre son régime dictatorial ;

• Le 15 février 1982, les Treize Parlementaires ainsi que les Fondateurs et les Co-Fondateurs qui les avaient rejoints dans le combat politique créèrent paradoxalement un 2ème parti politique d’opposition en pleine dictature à Parti-Etat (MPR) : Union pour la Démocratie et le Progrès Social, en sigle UDPS. La création de l’UDPS eut lieu dans la Parcelle de M. Vincent M’Bwankiem, sise au numéro 3535 /14, Avenue de la Source, à Ma Campagne dans la Commune de Ngaliema à Kinshasa. Le Génie créateur M. Joseph Ngalula Mpandanjila donna la 1ère partie du Nom du Parti : L’Union pour la Démocratie ; et de la Fibre sociale de M. Vincent M’Bwankien jaillit la 2è partie du Nom : Et pour le Progrès Social.

• L’UDPS se dota de tous les fondements d’un parti politique démocratique moderne : Structure et organisation depuis la Direction politique jusqu’à la Base, Textes statutaires et disciplinaires, Valeurs, Objectifs, Intérêts, Carte d’adhésion des Membres, Projet de Société dans lequel les aspirations profondes et légitimes de notre Peuple étaient recensées, identifiées, définies, hiérarchisées et thématisées.

• Très vite, l’UDPS connut un ancrage populaire dans toutes les couches et catégories sociales de la Société nationale, sur toute l’étendue de notre Pays, au-delà des clivages familiaux, claniques, tribaux et régionaux.

• Les Organisations internationales humanitaires et de défense des droits de l’homme commencèrent à dénoncer la répression dont les Combattants de l’UDPS étaient victimes à travers toutes les régions de notre Pays.

6.4. D’autres spécificités et singularités
Depuis le 24 novembre 1965, le combat de notre Peuple contre la dictature de Mobutu s’était caractérisé par :
• Sa forme (par intermittences, vagues récurrentes entrecoupées des années d’accalmie) ;

• Sa nature multiforme dans les objectifs (manifestations estudiantines pour les réformes politiques et l’amélioration des conditions académiques ; grèves des fonctionnaires réclamant l’amélioration des conditions de vie sociale…) ;

• Sa nature multiforme aussi dans ses leaders (syndicalistes, étudiants meneurs…) ;

• Le lieu du combat politique : les opposants politiques s’exilaient à l’Etranger : ils ne réussissaient pas à drainer derrière eux les Congolais de la Diaspora ; ils se livraient seuls à la publication des livres, à la tenue des conférences de presse devant les journalistes... Face à l’indifférence et même à l’hostilité des Décideurs internationaux, ils se décourageaient ; revenaient au Pays ; acceptaient d’être publiquement humiliés ; demandaient humblement pardon au Président-Fondateur ; lui faisaient allégeance ; redevenaient des Cadres dévoués du MPR et reprenaient des fonctions au sein du Parti-Etat : cette forme du combat politique rendait Mobutu encore beaucoup plus sûr de lui, plus fort, plus arrogant, plus sadique et plus puissant ; et

• La lutte armée venant de l’extérieur du pays ; le FNLC venant d’Angola….
Le combat de l’UDPS se singularisa aussi par les éléments ci-après :
6.4.1. Combat politique non- violent, permanent, ininterrompu, constant et mené à partir de notre Pays
Le combat non-violent et permanent fut mené à partir de l’intérieur même du pays, au sein du Peuple et au cœur de la dictature même pour délivrer le Peuple de son pire ennemi (la peur) ; désacraliser et démystifier Mobutu ; mobiliser le Peuple en se rendant soi-même crédibles par la cohérence des messages suivis par les actes ; inviter le Peuple à se prendre en charge ; à s’organiser et l’aider à le faire ; provoquer le débat politique dans notre Pays même ; ébranler et extirper la dictature à ses racines et ses fondements.
6.4.2. Combat politique à l’extérieur de notre Pays
Certains Membres et Cadres de l’UDPS ont dû s’exiler pour échapper à la mort. Mais arrivés à l’Etranger, ils ont formé les structures de l’UDPS (Cellules, Sections, Fédérations, Bureaux de Représentation, Bureau d’Etudes, Expertise et Stratégies) dans les pays hôtes et ils ont poursuivi le Combat politique à partir de ces pays hôtes pour :
1) Sensibiliser les Congolais de la Diaspora congolaise afin qu’ils rejettent l’indifférence par rapport à la tragédie qui sévissait dans notre Pays ; qu’ils quittent le réconfort des salons ; qu’ils cessent de ne s’intéresser à la politique et à la tragédie congolaise que dans des deuils et des fêtes mais qu’ils participent activement au Combat de la libération et de la démocratisation de notre Pays par la création des organisations politiques et sociales ou par l’adhésion à l’UDPS ; les cotisations, la présence effective aux manifestations, aux conférences… ;

2) Etablir les liaisons et les canaux d’informations avec la Direction politique restée dans notre Pays et avec toutes les Régions de notre Pays pour échanger les informations : ce qui a permis d’alerter l’opinion internationale sur la répression contre les Membres de l’UDPS et contre tous les Combattants de la liberté à travers l’ensemble de notre Pays et sauver nombreuses vies humaines ;

3) Informer l’opinion internationale sur l’existence de la dictature dans notre Pays et sur ses crimes politiques, sociales et économiques ;

4) Démontrer qu’il existait une opposition politique effective menée par les Congolais contre Mobutu et contre sa dictature ;

5) Dénoncer le soutien extérieur dont Mobutu et son régime bénéficiaient de la part de certains Décideurs internationaux ;

6) Mobiliser l’opinion internationale contre Mobutu et contre sa dictature ;

7) Aider nombreux Compatriotes et certains Africains exilés à obtenir le droit de l’asile politique dans les pays hôtes démocratiques… ;

6.4.3. Combat fondamentalement politique
Le combat fut clairement déclaré, depuis le début jusqu’à ce jour, comme étant un combat fondamentalement et éminemment politique visant à :
• Combattre tout système déshumanisant, avilissant, prédateur et génocidaire (esclavage, colonisation, dictatures, pillage illégal des richesses nationales, massacres de notre Peuple...) ;

• Accéder au pouvoir, arrêter la tragédie, mettre notre pays sur les rails du progrès et le propulser en avant et en haut ;

• Bâtir, au cœur de l’Afrique, un Etat de droit réellement indépendant, souverain, démocratique, pluraliste, moderne et prospère ; une nation-pilote du Monde afro-asiatique, un Etat dans lequel notre Peuple sera l’acteur et l’artisan de son développement ainsi que l’ultime but du développement, le premier bénéficiaire des richesses nationales et pourra vivre en paix, uni, libre, sécurisé, heureux, respecté dans sa dignité humaine, dans ses droits et ses libertés ;

• Faire de notre Pays un pays émergent et l’Epicentre de la diffusion du Progrès dans toute la Région des Grands Lacs et dans toute l’Afrique ; un pays capable de contribuer aux efforts des nations pour relever les défis auxquels l’Humanité est confrontée ;

• Apprendre à notre Peuple à s’ouvrir aux trésors culturels de toutes les tribus nationales et aux valeurs humaines, universelles, morales, démocratiques, technologiques, industrielles de la mondialisation… ;

• Restaurer dans notre Peuple des repères ontologiques, axiologiques et spirituels détruits par plusieurs décennies de dictature ;

• Imprégner notre Peuple de la Vision du Progrès, de la Culture et de la Civilisation ;

• Entretenir des relations de bon voisinage avec les pays voisins qui respectent notre indépendance, notre souveraineté et l’intégrité de notre Territoire National ;

• Construire des relations de partenariat avec tous les pays amis du Monde ;

7. Résultats du Combat politique de l’UDPS

7.1. Ame, Fer de lance, Moteur et Catalyseur
L’élan, la dynamique, l’ardeur et la mobilisation de notre Peuple contre la dictature dépend de l’état de la santé de l’UDPS car l’UDPS est, depuis la Lettre Ouverte des Treize Parlementaires, l’Ame, le Fer de lance, le Moteur et le Catalyseur du Combat de libération politique, sociale, économique, mentale et morale de notre Peuple pour l’avènement de l’Etat de droit souverain, démocratique, pluraliste, moderne et prospère.
Quand l’UDPS est en bonne santé, le Combat de notre Peuple progresse. Quand l’UDPS est fragilisée ou affaiblie, le Combat de notre Peuple stagne ou recule.
Ce rôle exige constamment de l’UDPS les vrais choix et la fidélité à la Vision de Progrès.
7.2. Le dieu Mobutu a été effectivement démythifié et le Peuple a été définitivement débarrassé de la peur. Imprégné d’une conscience aiguë de la valeur de sa dignité humaine, de ses libertés, de ses droits et de ses responsabilités, notre Peuple combat tout système déshumanisant, avilissant, prédateur et génocidaire ;

7.3. Ayant a reconnu ses aspirations profondes et légitimes dans le Combat de l’UDPS, notre Peuple a adhéré massivement à l’UDPS et participé très activement au Combat politique mené par l’UDPS ;

7.4. Consultations populaires de Janvier-Février 1990 : perte de légitimité politique
Mis sous une pression irrésistible et contraignante, Mobutu fut contraint d’organiser les Consultations populaires sous forme des Assemblées et des Mémorandums en Janvier-Février 1990. Le Peuple, débarrassé de la peur grâce au Combat de l’UDPS, exprima au dictateur, comme en écho, à travers plus de 6180 mémorandums et de vive voix, son désaveu officiel et public de la dictature, son mépris et son aversion contre tous les organes du MPR Parti-Etat et contre ses dirigeants, et son option fondamentale et irréversible pour la démocratie.
Mobutu comprit que lui-même, tous ses collaborateurs et tous les organes du MPR Parti-Etat avaient perdu toute légitimité politique (confiance populaire).
7.5. Le discours du 24 Avril 1990 : perte de légitimité juridique
Le 24 avril 1990, le dictateur, tirant les leçons des consultations populaires de janvier-février 1990, avoua lui-même, dans un discours officiel et historique, larmes aux yeux, l’échec flagrant et généralisé de tout son système ; il abolit le Parti-Etat et son rôle dirigeant ; il démissionna de la présidence du MPR et instaura le pluralisme politique et syndical.
Par sa démission de la présidence du MPR, Mobutu perdit sa légitimité juridique conformément au prescrit de sa propre constitution.
Mobutu et tous les collaborateurs étaient devenus de simples citoyens comme tous les Congolais. Notre Peuple avait cessé d’être un peuple esclave et était redevenu souverain.
7.6. Le Combat pour le pluralisme intégral et l’émergence de plusieurs Forces Acquises au Changement
Dans son discours du 24 Avril 1990, Mobutu avait décrété le pluralisme politique à trois partis politiques. L’UDPS continua à mobiliser le Peuple pour intensifier la pression sur Mobutu afin d’obtenir le pluralisme intégral. Mobutu parvint à céder : il y eut la création de plusieurs partis politiques et de plusieurs organisations de la Société Civile.
7.7. Echec de l’idée de la Conférence Constitutionnelle
Mobutu tenta d’avoir la mainmise sur la suite du processus enclenché en signant le 6 Mars 1991, l’Ordonnance n° 91-070 portant création et composition d’une conférence constitutionnelle dont la compétence était limitée à la rédaction d’un projet de constitution et à l’élaboration d’un calendrier électoral. Mais c’était sans compter avec la fermeté et la détermination de notre Peuple acquis à l’idée de la Conférence Nationale Souveraine.
7.8. Conférence Nationale Souveraine (CNS) et Immunité de ses Délégués
A la suite de nombreuses manifestations populaires de protestation et de pressions de plus en plus intenses exigeant l’organisation de la CNS, Mobutu craqua, céda et signa le 11 Avril 1991 deux Ordonnances : l’une n° 91-097 instituant la Conférence Nationale et l’autre n° 91-098 convoquant celle-ci.
D’après les prescrits des Ordonnances, la CNS était chargée d’aborder toutes les questions d’intérêt national afin de dégager les options majeures propres à bâtir la 3ème République. Elle avait pour tâches concrètes l’élaboration d’un projet de constitution, la détermination de la teneur de la loi électorale et la mise en forme du calendrier électoral.
Les pressions s’intensifièrent davantage sur le tyran pour obtenir l’immunité des Délégués à la CNS et de la souveraineté de la CNS. Mobutu signa des Ordonnances n° 91-020 et 91-021 reconnaissant les principes de l’immunité des Délégués à la CNS et de la souveraineté de la CNS pour que ses décisions soient souveraines, exécutoires et opposables à tous.
La CNS se tint officiellement à Kinshasa du 7 Août 1991 au 6 Décembre 1992. Elle réunit 2850 Délégués représentant toutes les couches, toutes les tendances, toutes les catégories et toutes les confessions religieuses de notre Pays.
A suivre :
1. La CNS
2. Pourquoi, non seulement le Combat de notre Peuple n’a-t-il pas abouti au Changement politique effectif et durable entre 1980 et 1997, mais la Tragédie congolaise s’est même aggravée par la réinstauration de la dictature, l’agression étrangère en Septembre 1996 et l’occupation étrangère jusqu’à ce jour ?

Mobutu et ses collaborateurs, la Direction politique de l’UDPS, la Classe politique et l’Elite congolaises en sont responsables. Puisque l’autopsie d’une situation malheureuse exige qu’on fasse d’abord l’autocritique de soi-même et qu’on établisse objectivement sa propre responsabilité au lieu de rejeter toute la faute de l’échec uniquement sur les autres, nous nous limiterons sur les erreurs fatales de la Direction politique de l’UDPS (Ame, Force Motrice et Catalyseur du Combat politique pour le Changement) de 1990 à 1997 malgré les conseils pertinents et l’expertise avérée de nombreux Cadres, conseils et expertise basés sur l’échographie, la radiographie et l’analyse judicieuse de la situation congolaise et sur les exemples tirés de l’Histoire Mondiale. Les preuves écrites sur ces conseils et cette expertise existent.

Vu la catastrophe consécutive aux erreurs de la Direction politique de l’UDPS, le débat interne exigeant de la Direction politique les raisons d’avoir cédé aux pressions indues et aux critiques non fondées venant des mobutistes, de certains membres de la Classe politique et des organisations de la Société Civile, nous n’avons eu que des explications non convaincantes et des regrets.
Fait le 04 Décembre 2019.
Pour le Leadership National Congolais de Progrès
Dr François Tshipamba Mpuila
GSM : +32-493-325-104 ; E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr