Joseph Kabila ou l’incarnation du nouveau "mal congolais"?

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Kabedi Bukasa Antho
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Joseph Kabila ou l’incarnation du nouveau "mal congolais"?

Message par Kabedi Bukasa Antho » sam. août 07, 2010 12:39 pm

«On ne doit avoir ni amour, ni haine pour les hommes qui gouvernent. On ne leur doit que les sentiments qu’on a pour son cocher. Il conduit bien ou il conduit mal. Voilà tout.» Cette citation a pour auteur Alfred de Vigny.

Des internautes reprochent souvent au journal en ligne Congoindependant «de ne pas aimer» Joseph Kabila en ne rapportant, soutiennent-ils, que «ce qui ne va pas» au Congo dit démocratique. Une vieille connaissance qui se reconnaîtra a récemment interpellé votre serviteur en ces termes : «Quand on lit tes articles, on sent immédiatement que tu détestes Joseph Kabila.» La réponse a été simple : «Depuis le lancement de ce journal en ligne, il y a bientôt sept ans, on cherche en vain les changements qualitatifs intervenus au Congo au niveau des conditions sociales de la population.»

Le rôle d’un citoyen consiste-t-il à aimer les dirigeants de son pays ? Assurément pas. Le citoyen n’est nullement tenu d’aimer ou de haïr les gouvernants de son pays. Ce sont les résultats qui doivent l’intéresser. Qui dit résultat, sous-entend des réalisations. Les dirigeants sont, en effet, tenus à une obligation de résultats. Au risque de se répéter, c’est à travers les résultats des politiques conduites par ceux qui gouvernent constituent que le citoyen peut juger si son pays se trouve dans la bonne ou mauvaise direction. Toute autre considération n’est que procès d’intention. On ne le dira jamais assez : la République démocratique du Congo est mal gouvernée. Ce pays est pris en otage par des milieux politico-affairistes. Des maffieux. Des faits en témoignent.

Le chef de la Maison civile du chef de l’Etat adresse à celui-ci un rapport confidentiel dans lequel il articule une série d’informations mettant à nu les turpitudes de certains membres du premier cercle du pouvoir. Ce rapport se retrouve comme par enchantement entre les mains du principal «accusé». Et pourtant. Aucune effraction n’a été constatée au bureau du chef de la Maison civile. Comment ne pas conclure, dès lors, que c’est l’auguste destinataire dudit document qui a transmis celui-ci à son homme de confiance mis en cause? Naïf, le chef de la Maison civile qui croyait bien faire en dénonçant des dysfonctionnements, découvre à ses dépens qu’il a mis les pieds là où il ne fallait pas. Il a dénoncé la maffia auprès du «Parrain».

Osons appeler le chat par son nom. Depuis l’arrivée de Joseph Kabila au pouvoir, la RD Congo est devenue captive d’un réseau maffieux qui écrase tous ceux qui osent contrecarrer ses intérêts. «Groupe secret servant des intérêts privés par des moyens illicites». Telle est la définition d’une maffia. Le mot n’est pas trop fort. Après le démantèlement du patrimoine minier de la société d’Etat Gécamines et la «liquidation» de la Minière de Bakwanga, ce «réseau» - dont les têtes d’affiche ont pour nom Joseph Kabila, Augustin Katumba Mwanke et le magnat juif Dan Getler qui sert de prête-nom aux deux premiers - s’attaque maintenant aux hydrocarbures. Là où le bât blesse, c’est que cette maffia a placé ses hommes à tous les rouages de l’Etat. C’est le cas particulièrement au niveau de l’appareil judiciaire.

Sous d’autres cieux, les magistrats du parquet se saisissent d’office dès qu’ils ont connaissance d’une infraction à la loi. Au Congo dit démocratique, les «hommes de loi» ne font preuve de zèle que lorsqu’il s’agit de préserver les intérêts de la «haute hiérarchie» et ceux de sa famille politique ou biologique. Un député interpelle le Premier ministre en alignant des accusations gravissimes sur des cas d’enrichissement illicite dans le chef de celui-ci. L’affaire ne connaît aucune suite judiciaire. Même pas une simple information pour vérifier l’authenticité des faits allégués. Une ministre est interpellée par un député. Des pressions sont aussitôt exercées sur le parlementaire afin qu’il se garde de toute allusion sur des faits mettant en cause le chef de l’Etat. Dans quel pays vit-on ?

Le 1er juin dernier, Floribert Chebeya Bahizire, défenseur des droits de l’Homme, se rend au siège de l’Inspection générale de la police nationale où il avait rendez-vous avec le patron de corps. Le lendemain, son corps est retrouvé sans vie. Fidèle Bazana Edadi, chauffeur et membre de la Voix des sans voix qui l’accompagnait reste introuvable. Plus de deux mois après, pas une seule inculpation n’a été prononcée. La Justice congolaise tant civile que militaire paraît tétanisée. Elle est incapable de répondre à quelques questions pourtant simples. Qui avait convoqué Chebeya au siège de la police? Pourquoi ? Qui l’avait reçu ? Qui l’a tué ? Quel en est le mobile? Qui est le commanditaire de cet assassinat ? Où se trouve Fidèle Bazana ?

L’affaire Chebeya vient allonger la longue liste des exécutions extrajudiciaires camouflées en crimes crapuleux. On peut citer quelques cas : Franck Kangundu dit Ngycke et son épouse Helène Mpaka ; Pascal Kabungulu ; Serge Maheshe ; Didace Namujimbo ; Aimée Kabila. La Justice congolaise est désarmée face aux pouvoirs politique et économique. Elle est simplement impuissante face à la maffia. Et pour cause ?

Il faut être un «aveugle volontaire» pour ne pas voir que les plus hautes autorités de ce pays sont de connivence avec les milieux maffieux qui se plaisent à détourner le pouvoir d’Etat de sa vraie mission : le bien commun. Le double massacre des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo en 2007 et 2008, l’assassinat de Floribert Chebeya et la disparition de Fidèle Bazana constituent des «opportunités providentielles» pour traîner tous les criminels déguisés en hommes d’Etat devant les instances judiciaires internationales. Les Congolais peuvent mettre fin à cette criminalité d’Etat. C’est maintenant ou jamais !

Au début des années 80, l’ancien Premier ministre Nguz a Karl i Bond avait publié un ouvrage intitulé : «Mobutu ou l’incarnation du mal zaïrois». Plus que jamais, Joseph Kabila incarne aujourd’hui le «nouveau mal congolais». Il n’y a pas de fatalité …

Baudouin Amba Wetshi
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Kabedi Bukasa Antho
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