La RD Congo menacée d’implosion

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La RD Congo menacée d’implosion

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(F.M.)

Très peu des gens ont suivi avec attention la déclaration politique lue le week end dernier par un groupe des députés provinciaux du Katanga et dans laquelle ils dénoncent avec force les manœuvres d’arracher deux entités territoriales de la future province de Lualaba pour les rattacher à la future province du Haut Lomami. Aux yeux de ces députés, cette tentative est à condamner car elle risque de provoquer des frustrations au sein des populations de ces entités, ce qui peut être à l’origine d’un phénomène semblable à celui décrié de « Bundu Dia Kongo » qui vient d’endeuiller la nation congolaise.

Sans peut être y penser ou y faire allusion, les signataires de cette déclaration ont touché à l’un des points très sensibles relatif à la problématique du découpage territorial que les rédacteurs de la Constitution de février 2006 semblent avoir négligé. Il y a une semaine, des intellectuels originaires du territoire de Ngandajika au Kasaï Oriental se sont aussi déclarés opposés au rattachement de leur entité à la future province du Lomami. Cela, à raison de plusieurs facteurs tant historiques que sociopolitiques. Une position qui rejoint « mutatis mutandis » celle des députés provinciaux du Katanga et qui attendent avec impatience l’avènement de leur province de Lualaba et qu’ils ne veulent pas voir détachée de toutes ses entités territoriales actuelles.
Cette problématique du découpage territorial aurait été minutieusement et objectivement étudiée en amont, c’est-à-dire avant le referendum constitutionnel de décembre 2005. A cet effet, il aurait été sage de consulter les différentes couches des populations congolaises, rouvrir les archives historiques et sociopolitiques enfouies pour voir comment le découpage découlant de l’adoption de la constitution de Luluabourg avait été exécuté. Les mêmes causes produisant les mêmes effets et toutes choses restant égales par ailleurs, les rédacteurs de la Constitution de la 3ème République se seraient peut être rendus compte de toutes les difficultés auxquelles le pays a dû faire face en 1964 avec des provincettes non viables. Une expérience douloureuse qui a confirmé l’image caricaturale de « congolisation », car ces provinces non viables étaient tout simplement des lieux de règlement des comptes politiques et des conflits tribalo ethniques interminables. Ce, alors que la République était en proie à une rébellion qui occupait plus de la moitié du territoire national.

J.D. Mobutu met fin aux provincettes

Probablement inspiré par cette mauvaise expérience et pour asseoir son pouvoir autocratique, le nouveau régime issu du coup d’Etat de novembre 1965 mit fin à cette situation scrabbleuse. Le Congo revint alors à 8 provinces en plus de la capitale Kinshasa.
Tout au long de son régime et proclamant haut son nationalisme, Mobutu n’a cessé de décrier la présence des plusieurs provinces qui, à ses yeux, constituait une menace sérieuse de l’unité du pays. A qui la faute ? Aux politiciens, répondait tout de go le maréchal du Zaïre.

La part des politiciens

Lors de la campagne référendaire, les acteurs politiques se sont précipités pour contrer et humilier Etienne Tshisekedi qui, qu’on le veuille ou pas, avait vu juste avant tout le monde en réclamant d’abord la réconciliation nationale avant de songer à organiser les élections générales. Les acteurs politiques, on le sait, couraient derrière le positionnement politique en vue d’occuper des postes juteux après les élections étant assurés de l’absence de l’UDPS. Ils ne se sont pas souciés des problèmes de fond relatifs à la problématique du découpage territorial et qui surviennent aujourd’hui et risquent de provoquer des conflits tribalo ethniques interminables comme en 1964 et qui ont fortement endeuillé la nation. Pour preuve, il suffit de relire les sous entendus de la déclaration des intellectuels originaires du territoire de Ngandajika qui refusent de se voir rattacher à la future province de Lomami pour s’en convaincre. Le feu couve sous les cendres et si rien n’est entrepris dans le sens de reconsidérer ce découpage territorial prévu ans la Constitution de janvier 2006, le pays court vers son éclatement. Lequel ne sera pas le fait du Rwanda que l’on accuse de tous les péchés d’Israël et des velléités hégémoniques selon le fameux et mythique plan Hima Tusti.

Le jeu malsain de la communauté internationale

Usant et abusant d’un chantage éhonté avant et tout au long de la campagne référendaire, la Communauté internationale a joué un rôle nocif et destructeur. Ou vous acceptez ce projet de constitution et la guerre s’arrête, ou vous refusez et la guerre se poursuit. Voilà le message fort lancé par les plénipotentiaires de la Communauté Internationale et qui a mis au pas les acteurs politiques, toutes tendances confondues, surtout les belligérants que l’on tenait par la queue en les faisant savoir qu’à tout moment des dossiers compromettants pourraient être balancés dans la rue. C’est ce qui explique toute la colère qu’a nourrie contre l’UDPS celui que l’opinion a fini par considérer comme le père de l’ordre nouveau ou le nouveau gouverneur général du Congo, entendez l’indécrottable Louis Michel. Ce sont des gens de son équipe qui ont d’ailleurs rédigé le projet de cette constitution avant de le faire avaliser par le parlement acquis d’avance à la cause. On comprend tardivement les difficultés nées de l’application de la loi sur la décentralisation surtout en ce qui concerne le sort des recettes générées parles entités décentralisées. C’est là où les romains vont s’empoigner et les signes avant coureurs sont déjà visibles. Notamment, l’intrusion des éléments des forces publiques dans le Bas Congo pour réprimer les adeptes de Bundu Dia Kongo, les contrats chinois etc… . Le cocktail est si détonnant qu’il va suffire d’une moindre étincelle pour que la baraque prenne feu de toutes parts.
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