Manipulation et instrumentalisation de la CPI

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Lacoste
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Manipulation et instrumentalisation de la CPI

Message par Lacoste » lun. juin 23, 2008 8:27 pm

(Jean N’Saka wa N’Saka)

C’est en principe ce mardi 24 juin que le sort de notre compatriote Thomas Lubanga doit être scellé d’une manière ou d’une autre, à la Cour pénale internationale à la Haye, où il est détenu voilà deux ans et trois mois. C’est depuis mars 2006 qu’il a été arrêté et livré à cette cour. Alors que le moment est venu de fixer l’opinion congolaise et internationale, de lever le suspense longtemps maintenu, de soulager Thomas Lubanga de son long calvaire, et de permettre à sa famille et à ses amis de savoir à quoi s’en tenir, on sent surgir curieusement des réticences et des déclarations troublantes de la Cour pénale internationale et de l’Organisation des Nations Unies. Ancien chef de milice à l’Est de la RDC, plus particulièrement dans la Province Orientale dans l’Ituri, Thomas Lubanga est inculpé par la CPI de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants dans les rangs de ses troupes actives. La première audience de ce premier procès historique de la RDC de belligérance prévue pour ce lundi 23 juin n’aurait pas lieu, à cause du refus des Nations Unies de lever la confidentialité des pièces du dossier. L’audience de ce mardi 24 juin devrait en principe aboutir à sa libération !

Le premier procès de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en RDC et tant attendu par l’opinion nationale et internationale, va tourner court de manière tout à fait inattendue. L’obstacle s’appelle l’ONU. Elle refuse de lever la confidentialité des 156 pièces du dossier jugées compromettantes pour certains officiels de la RDC en cas de leur divulgation au cours des débats du procès. Peut-on encore douter de la politisation, de la manipulation et de l’instrumentalisation de la Cour pénale internationale et en exiger la preuve ? Lors du séjour dernièrement à Kinshasa de la délégation du Conseil de sécurité, son chef l’ambassadeur français Jean-Maurice Ripert interrogé par la presse sur la position de l’Onu concernant l’arrestation du sénateur J.P. Bemba à Bruxelles à la requête de la Cour pénale internationale, avait répondu que « La Cour pénale internationale est indépendante et souveraine. Le Conseil de sécurité de l’Onu n’a aucune compétence sur elle. Elle est libre de faire son travail ». Cette déclaration soulignant l’indépendance et la souveraineté de la CPI vis-à-vis de l’Onu vient d’être nettement démentie par l’immixtion flagrante de cette organisation dans le procès de Thomas Lubanga, en y faisant ouvertement obstacle.
Au cours d’une audience de procédure du 10 juin à la Haye, Jean-Marie Biju-Duval, l’un des avocats de Thomas Lubanga, avait déclaré que « le véritable scandale n’était pas du côté du procureur, mais de celui des Nations Unies qui font obstacle à ce que des informations destinées à la vérité judiciaire parviennent aux juges et à la défense. Pourquoi du côté des Nations Unies veut-on priver monsieur Lubanga de sa défense ? Quels sont les puissances et les intérêts qui font dire aux Nations Unies de ne pas divulguer des pièces du dossier à la défense ? On ne peut pas faire valoir la raison d’Etat international sur les intérêts de la justice. Il n’y a qu’une seule solution : constater que le procès est impossible ». Il n’y a plus de doute et de supposition. On voit noir sur blanc que la Cour pénale internationale est politisée, manipulée et instrumentalisée. Elle est à la solde des puissances d’argent et des princes de la terre. Un mécanisme actionné le cas échéant pour sanctionner des faibles et régler des comptes à des protégés qui affichent des tendances à l’émancipation. Si Thomas Lubanga n’était qu’un pion sur l’échiquier comme le confirment des pièces du dossier dont on refuse de lever la confidentialité, il n’en serait pas autrement pour Germain Gatanga et Ngudjolo. Et dans une certaine mesure toutes proportions gardées, Jean-Pierre Bemba qui n’avait jamais été physiquement présent sur le théâtre des affrontements en République centrafricaine.

Liquidation de la justice pour la RDC

L’attitude négative de l’Onu, manifestée in extremis à l’étape décisive du procès de notre compatriote Thomas Lubanga, est troublante et incite à réfléchir. Il y a lieu de se demander si les objectifs que l’Onu poursuit au Congo-Zaïre-RDC depuis l’aube de son indépendance, ne sont-ils pas tout à fait différents de ceux de ce pays et des intérêts du peuple congolais. Elle s’était investie dans le processus politique et électoral soi-disant pour rétablir la démocratie, l’Etat de droit, la justice et la paix. La justice est le socle sur lequel reposent les concepts tels que la démocratie, l’Etat de droit et la paix. En faisant systématiquement obstacle à la justice internationale mise à contribution pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, comment l’Onu peut-elle réellement et sincèrement aider à la restauration de la justice en RDC ? La manipulation et l’instrumentalisation de cette justice par elle sont désormais évidentes. Au moment où l’Onu entrave la procédure devant aboutir au dénouement du procès de Thomas Lubanga à la CPI à La Haye, la Monuc publie à Kinshasa son rapport sur les événements survenus au Bas-Congo entre février et mars 2008, évaluant le bilan à 100 morts, faisant des recommandations aux autorités congolaises.
De ces recommandations faites aux officiels de la RDC, on note l’ouverture d’une enquête sur « les crimes et les violences graves des droits de l’homme » présentés dans le rapport d’enquête de la Monuc afin que « les auteurs présumés de ces actes criminels soient jugés et condamnés conformément à la loi » ! Kinshasa n’avait pas tout à fait tort de désapprouver ce rapport de la Monuc dont les recommandations sont en contradiction avec l’immixtion criante de l’Onu dans le procès de Thomas Lubanga, au stade capital susceptible de conduire à son épilogue. Les manœuvres d’annulation du procès de Thomas Lubanga à la Cour pénale internationale après deux ans de son incarcération, devraient être perçues comme la liquidation de la justice pour le Congo-Zaïre-RDC. Et cette liquidation de la justice pour ce pays sous les auspices de l’Onu, remonte aux années 60, avec la mort tragique du Suédois Dag Hammarskjöld, Secrétaire général de l’Onu, au Katanga à la frontière avec la Zambie. Les circonstances de la catastrophe de l’avion à bord duquel il avait péri n’ont jamais été élucidées jusqu’ici. Il était en mission au Congo en pleine crise grave marquée et accentuée par la sécession de la province du Katanga, fomentée par les puissances d’argent et les pays membres de l’Otan, tireurs de ficelles habituels de l’Onu.
Les pièces du dossier frappées de confidentialité sont celles jugées accablantes pour certains officiels de la RDC et aussi, en remontant toute la filière, ceux de la Monuc et certaines puissances, tous impliqués à différents degrés dans des appuis apportés à Thomas Lubanga. La Monuc et le Conseil de sécurité de l’Onu peuvent-ils encore oser dénoncer des violations des droits de l’homme en RDC ni reprocher aux autorités rdcongolaises le recours à l’usage disproportionné de la force, ou condamner la corruption et l’impunité ? Contrarier le cours normal du procès de Thomas Lubanga à la Cour pénale internationale, c’est consacrer en RDC un condominiumm-Eldorado d’intérêts où la justice est bannie comme dans la jungle. On torpille le procès en gelant la divulgation des pièces maîtresses non pour plaire à des personnages qui y sont cités, mais pour préserver multiples intérêts obscurs qu’on a acquis en RDC avec le concours de certains naïfs et cupides. Après Thomas Lubanga, il sera difficile qu’il en soit plus tard autrement pour Germain Gatanga, Ngujolo, et pourquoi pas Jean-Pierre Bemba. La Cour pénale internationale n’aurait été instituée que pour servir d’épouvantail uniquement en RDC. On inculpe des personnes de façon spectaculaire pour les intimider, divertir l’opinion et avertir les autres de rester sages.

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