Congo- Zaïre-RDC : 48 ans de tribulations et de tâtonnements

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Congo- Zaïre-RDC : 48 ans de tribulations et de tâtonnements

Message par Lacoste » jeu. juil. 03, 2008 5:44 pm

(Jean N’Saka wa N’Saka)

Dès ce mois de juillet 2008, la RDC entre dans la 49ème année de son accession à l’indépendance nationale et à la souveraineté internationale. Cette année comme les années antérieures, la commémoration de cet événement capital s’est limitée aux réjouissances dans les sphères officielles. Les dirigeants déclament de beaux discours, affichent de bonnes intentions, reviennent et renchérissent sur de nouvelles promesses mirifiques. Le bilan objectif n’est jamais donné, étalant les réalisations caractéristiques de l’avancement du pays pour le bien du plus grand nombre. Ni le MPR pendant 32 ans, ni l’AFDL-CPP-PPRD, ni la formule 1+4, ni le régime actuel issu d’un processus qualifié d’espoir, aucun de ces systèmes ne s’est distingué des autres.

Le régime de la première législature fut dominé par une coterie occulte d’intrigants dénommés le «groupe de Binza», manipulés par l'occident. Le Chef de l’Etat était à la merci de ce groupe. Ils avaient mission de contrarier la pénétration du péril communiste en Afrique centrale à partir du Congo considéré comme le point central. Inféodation des organes de presse privés et officiels ; campagne systématique de dénigrement et de calomnie des pays de l’Est, c’est-à-dire du pacte de Varsovie diplomatiquement représentés au Congo, soupçonnés de soutenir les nationalistes révoltés par le scandale de la révocation et de l’assassinat du Premier ministre Patrice Emery Lumumba. Le second régime qui destitua le chef de l’Etat cinq ans plus tard, n’était que la variante du premier, sous l’emprise du « groupe de Binza » et téléguidé par les mêmes puissances occidentales. Il continua de plus belle à contrarier la pénétration du péril communiste, au plus fort de la guerre froide Est-Ouest, et aussi à lutter contre l’expansion de l’aire de rébellion des forces se réclamant de l’idéal de Lumumba. Environ les trois quarts du pays étaient déjà tombés aux mains de ces forces, notamment à l’Est et au Sud dans le Kwilu.
Coups montés et manqués bidon ; pendaisons publiques ; assassinats politiques ; exécutions sommaires, disparitions de personnes sans traces ; culte de la personnalité ; intensification de la terreur et de la campagne contre la pénétration du péril communiste ; régression et décadence du pays dans tous les domaines ; politique de prestige marqué de quelques éléphants blancs à l’intérieur, et de libéralités distribuées aux quatre vents à l’étranger ; acquisition d’une immense fortune personnelle par le guide et ses collaborateurs, planquée dans des coffres-forts bancaires à l’extérieur ; paupérisation absolue des couches sociales. Ayant atteint son apogée dans les voluptés, le sadisme et le cynisme, ce second régime déclina et finit avec tous ses symboles dans l’humiliation, l’ignominie et l’opprobre. L’AFDL n’avait qu’à porter le coup de grâce à un régime agonisant complètement fragilisé et traumatisé aussi bien par les forces combattantes internes très dynamiques et constantes canalisées par l’UDPS, que par ses propres excès. Et il convient de rappeler que jamais la presse n’avait été aussi excessivement mise à contribution, manipulée et instrumentalisée pour magnifier le culte de la personnalité, véhiculer des contre-vérités, des illusions et des inventions inspirées et dictées par les sphères officielles à partir du sommet, que sous ce second régime à dominance caporaliste.

L’AFDL se pare des plumes du paon

Dans l’histoire universelle des mouvements insurrectionnels, il n’est renseigné nulle part des conquêtes territoriales si rapides, nombreuses et étonnantes presque sans coup férir, dans un laps de temps de quelque six mois, du nord au sud et de l’est à l’ouest, de tout un pays aux dimensions d’un sous-continent, dont la superficie est évaluée à 2.345.409 km², que la RDC par l’AFDL, le 17 mai 1997. Avec une armée rudimentaire composée d’enfants mineurs appelés "kadogos", sans formation adéquate, sans équipements sophistiqués, sans commandement stratégique aguerri. Il faut être honnête et reconnaître que Laurent-Désiré Kabila et ses compagnons de rencontre avaient tout simplement fait main basse sur un terrain suffisamment déblayé par les forces du changement internes non-violentes. C’est cette vérité historique qu’on cherche désespérément à occulter, à effacer des annales authentiques du Congo-Zaïre-RDC. Le titre de « libérateurs » du pays et du peuple que s’attribuaient ceux qui passaient pour les tombeurs de Mobutu, paraîtrait excessif, difficilement démontrable de façon convaincante historiquement.
La preuve en est qu’ils ont seulement contraint Mobutu entêté à s’en aller, sans toutefois démolir son système de valeurs négatives et destructrices de la société, qu’ils ont d’ailleurs repris et revivifié comme ils l’ont montré par leur gestion du pays. Le régime AFDL-CPP-PPRD aurait travaillé de façon à faire regretter Mobutu plutôt qu’à le faire oublier ou maudire par l’opinion nationale. Dans un temps record, de l’ombre de ce régime sont sortis de nouveaux riches et des parvenus arrogants qui n’auraient rien à envier aux mobutistes. Les tares sociales typiques du mobutisme se sont développées davantage. Toutes les caractéristiques d’une autocratie claquée sur les dictatures précédentes devenaient de plus en plus manifestes.
La combinaison de la formule 1+4 est apparue et a fonctionné comme le rejeton de l’AFDL-CPP-PPRD, du point de vue de la propension à acquérir de la fortune facilement et sans scrupules, et à la perpétuation des valeurs négatives.
Un régime hétéroclite de belligérants gratifiés de primes d’encouragement par la Communauté internationale disposant d’un agenda caché. Des hommes venus de différents horizons de maquis, en quête de pouvoir pour le pouvoir, sans idéal patriotique et nationaliste, animé d’ambitions personnelles sans élévations morale ni souci du bonheur du plus grand nombre.
Le 48ème anniversaire de la proclamation d’indépendance a eu lieu à mi-chemin de l’ordre institutionnel issu d’un processus politique et électoral financé, organisé et supervisé entièrement par la Communauté internationale, notamment la Monuc et l’Union européenne. On n’est pas avancé pour se différencier des autocraties extravagantes antérieures. On se défend difficilement d’être leur continuité, par les faits et gestes pratiquement calqués sur ceux des régimes passés. On a encore proclamé de bonnes intentions et renchéri sur de nouvelles projections mirifiques.
On a sablé le champagne, banqueté et fait de joyeuses libations dans les sphères officielles. Mais on n’a inauguré aucun ouvrage nouvellement construit quelque part comme témoignage de détermination à relever le pays de sa décadence. Il y a apparemment plus de chrysanthèmes à inaugurer de temps en temps ça et là que de réalisations palpables susceptibles d’impact social visible. Les promesses de campagne électorale sont toujours en souffrance. L’alimentation des villes en électricité et eau potable saine, point vital des 5 chantiers, est progressivement noyée dans les généralités vagues et la mise en train symbolique du partenariat avec la chine.
Illustre et mémorable, gravée en lettres de sang, la journée du 30 juin est devenue une date purement folklorique, sans éclat significatif, sans célébration dans l’enthousiasme et l’allégresse populaires dans les municipalités et les villages.
Les épisodes marquants de cette date, dont notamment le discours pathétiques du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, sont évoqués de façon purement protocolaire, sans conviction et sans adhésion sincère à l’idéal de son contenu. La toile de fond de la pensée de Lumumba, c’est l’affirmation constante de l’indépendance nationale dépendance et la souveraineté internationale du Congo. Est-il possible de concilier l’infinie sur son sol des Casques bleus de l’Onu, ou avec le financement autant que l’organisation et la supervision d’un processus politique et électoral par la Communauté internationale ? Des contradictions choquantes qui ne permettent guère de déterminer le statut réel d’un tel pays. 48 ans après sa décolonisation par la Belgique, le Congo-Zaïre-Rdc parait éternellement enfermé dans un cercle vicieux de tribulations et tâtonnements dont les auteurs sont tous les dirigeants qui se succèdent au pouvoir depuis 1960 jusqu’aujourd’hui.

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