Les Dirigeants africains et le sous-développement à vie de l'Afrique

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Tshipamba Mpuila
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Les Dirigeants africains et le sous-développement à vie de l'Afrique

Message par Tshipamba Mpuila »

Leadership National Congolais de Progrès
Les Dirigeants africains accusés d’être les garants et l’une des principales causes du maintien de l’Afrique dans le sous-développement à vie
Lire les articles ci-dessous

La fuite illicite de capitaux dépasse 75 milliards d’euros par an en Afrique


Corruption, contrebande, évasion fiscale, sous-facturations : le montant des pertes équivaut à la somme de l’aide publique au développement et des investissements directs étrangers, selon de nouveaux calculs de l’ONU.
Par Laurence Caramel
Publié le 28 septembre 2020 à 20h00 - Mis à jour le 29 septembre 2020 à 14h48
L’hémorragie de capitaux d’origine illicite dont l’Afrique est le théâtre sape la capacité de nombreux gouvernements à assurer les services de base à leur population. Cette perte serait d’au moins 76 milliards d’euros (88,6 milliards de dollars) par an selon la dernière évaluation retenue dans le rapport 2020 sur le développement économique de l’Afrique, publié lundi 28 septembre par la Conférence des Nations unies sur le développement (Cnuced). Une somme qui avoisine le cumul annuel de l’aide publique au développement et des investissements directs étrangers reçus par le continent entre 2013 et 2015.
« Ces flux, qui privent les Trésors publics de ressources nécessaires au financement du développement, sont considérables et ne cessent de croître », déplorent les auteurs du rapport, en précisant qu’ils représentent aussi la moitié des 200 milliards de dollars par an jugés nécessaires pour que l’Afrique soit en mesure d’atteindre les Objectifs du développement durable (ODD) d’ici à 2030. La précédente estimation, publiée en 2015 par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, avançait le chiffre de 50 milliards de dollars en moyenne par an sur la période 2000-2008.
Lire aussi : En Afrique, la corruption sape les bases de la démocratie
Ces sorties de capitaux empruntent différents canaux. La corruption, la contrebande, l’évasion fiscale en font partie, mais c’est de loin la manipulation des facturations dans le secteur des industries extractives qui alimente le plus généreusement cette délinquance. La Cnuced estime que le maquillage de ces flux commerciaux permet de soustraire 40 milliards de dollars par an aux yeux des administrations douanières. L’opération consiste pour les entreprises – souvent des multinationales – qui s’y adonnent à sous-facturer le montant des exportations afin de percevoir le bénéfice de la transaction sur un autre compte ouvert dans un pays tiers. La surfacturation des importations permet, de son côté, de faire sortir des revenus acquis de manière occulte.
Le secteur de l’or en tête
« Plus le poids d’un minerai est faible et sa valeur élevée, plus il concentre » les activités criminelles, détaille le rapport, en montrant que le secteur de l’or est à l’origine de plus des deux tiers des détournements, à partir de chiffres obtenus en rapprochant, selon une méthode dite « en miroir », les données déclarées par le pays exportateur d’un côté et le pays importateur de l’autre. Le commerce du diamant génère, lui, 12 % des fraudes et celui du platine 6 %. En volume, plus de la moitié des flux illicites de capitaux proviennent de contrats réalisés au Nigeria, en Afrique du Sud et en Egypte, même s’il faut prendre ces chiffres avec précaution compte tenu de la fragilité des données statistiques.
D’ailleurs, seuls 43 pays sur le continent publient régulièrement des données auprès de la base du commerce international des Nations unies. Junior Davis, directeur du bureau Afrique de la Cnuced et coordonnateur du rapport, regrette que « cette méthode permette mal d’appréhender les flux illicites liés à l’exploitation pétrolière. Les exportations de brut qui passent par les pipelines ne sont pas enregistrées auprès des autorités douanières et une fois raffiné, le pétrole perd toute trace de ses origines, ce qui rend très difficile son traçage dans les statistiques internationales. Notre estimation est en conséquence certainement assez inférieure à ce qu’elle aurait été si les chiffres manquants du pétrole et du gaz avaient pu être intégrés à cette analyse », pointe-t-il.
Lire aussi « L’Afrique souffre de surendettement à cause de la corruption »
Le rapport de la Cnuced se veut l’occasion de rappeler que la présence de cette économie souterraine dans un Etat va souvent de pair avec une faiblesse des ressources consacrées aux services de base. « Les budgets sont en moyenne inférieurs de 25 % dans le domaine de la santé et de 58 % dans celui de l’éducation dans les pays où les flux illicites de capitaux sont importants », pointent les auteurs. De plus, dans ces pays, les méthodes d’exploitation des ressources minières sont aussi parmi les plus « sales » pour l’environnement.
L’enjeu d’un contrôle accru de cette économie mafieuse n’est donc pas seulement financier. Face à cette criminalité organisée, les initiatives pour contrôler ces mouvements de capitaux ont jusqu’à présent connu peu de retombées, constate le rapport qui, en conclusion, insiste sur la nécessité de renforcer la collecte des données douanières et fiscales pour permettre de mieux identifier les sources de détournements.
Laurence Caramel

Cfr : La fuite illicite de capitaux dépasse 75 milliards d’euros par an en Afrique (lemonde.fr)






FUITE ILLICITE DE CAPITAUX AFRICAINS
PAR SENEGAL BLACK RAINBOW · 29 SEPTEMBRE 2020
L’Afrique perd 88,6 milliards de dollars par an

Chaque année, on estime que 88,6 milliards de dollars, soit 3,7 % du Produit intérieur brut (Pib) de l’Afrique, quittent le continent sous forme de fuite illicite de capitaux. C’est ce que révèle le rapport 2020 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), publié hier.
« Les flux financiers illicites privent l’Afrique et ses habitants de leurs perspectives, sapant la transparence et la responsabilité et érodant la confiance dans les institutions africaines », a affirmé le secrétaire général de la Cnuced, Mukhisa Kituyi.
Les flux financiers illicites (ffi) sont des mouvements transfrontaliers d’argent et d’actifs dont la source, le transfert ou l’utilisation sont illégaux, selon le rapport intitulé « Lutter contre les flux financiers illicites pour le développement durable en Afrique » publié par la Cnuced.
Le document, consulté par Libération online, montre que ces sorties sont presque aussi importantes que les entrées annuelles totales combinées de l’aide publique au développement, évaluées à 48 milliards de dollars, et des investissements étrangers directs annuels, fixés à 54 milliards de dollars, reçus par les pays africains – la moyenne pour la période 2013-2015.
Ces flux comprennent la fuite de capitaux, les pratiques fiscales et commerciales illicites comme la facturation erronée des envois commerciaux et les activités criminelles telles que les marchés illégaux, la corruption ou le vol.
De 2000 à 2015, le total des capitaux illicites qui ont fui l’Afrique s’est élevé à 836 milliards de dollars. Par rapport au stock total de la dette extérieure de l’Afrique, qui s’élevait à 770 milliards de dollars en 2018, cela fait de l’Afrique un « créancier net du monde », fait valoir le rapport.
Les ffi liés à l’exportation de produits extractifs (40 milliards de dollars en 2015) sont la principale composante de la fuite illicite de capitaux hors d’Afrique. Ils représentent une ponction majeure sur les capitaux et les revenus en Afrique, sapant la capacité de production et les perspectives de l’Afrique pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), souligne le document.
Par exemple, le rapport constate que, dans les pays africains où les fif sont élevés, les gouvernements dépensent 25% de moins que les pays où les ffi sont faibles pour la santé et 58% de moins pour l’éducation. Comme les femmes et les filles ont souvent un accès plus restreint à la santé et à l’éducation, ce sont elles qui souffrent le plus des effets négatifs des ffi sur le plan budgétaire.
L’Afrique ne sera pas en mesure de combler l’important déficit de financement pour réaliser les Odd, estimé à 200 milliards de dollars par an, avec les recettes publiques existantes et l’aide au développement.
Le rapport constate que la lutte contre la fuite des capitaux et les ffi représente une importante source potentielle de capitaux pour financer des investissements indispensables, par exemple dans les infrastructures, l’éducation, la santé et les capacités de production. Il montre aussi que la lutte contre la fuite illicite des capitaux pourrait générer suffisamment de capitaux d’ici 2030 pour financer près de 50% des 2.400 milliards de dollars dont les pays d’Afrique subsaharienne ont besoin pour s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets.
Libéonline
Cfr : FUITE ILLICITE DE CAPITAUX AFRICAINS – Sénégal Black Rainbow (senegalblackrainbow.org)







En Afrique, la corruption sape les bases de la démocratie
Selon le rapport 2018 de Transparency International, le continent est la région du monde où la corruption est la plus forte, notamment dans les régimes autoritaires.
Par Fabien Mollon
Publié le 06 février 2019 à 10h26 - Mis à jour le 06 février 2019 à 12h17

Rouge, désespérément rouge. Année après année, lorsqu’on regarde la carte établie par Transparency International selon l’indice de perception de la corruption, l’Afrique s’affiche en écarlate, signe que la situation y demeure très critique. Le rapport 2018, publié mardi 29 janvier, confirme ce constat, puisque le continent est la région du monde enregistrant les plus mauvais scores. L’ONG classe chaque pays selon une note allant de 0 (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu) et la moyenne africaine se situe à 32, contre 43 au niveau mondial. L’Union africaine avait désigné 2018 comme l’année pour « gagner la lutte contre la corruption » : visiblement, c’est raté.
Lire aussi : Lutte contre la corruption et autonomie financière au menu du sommet de l’Union africaine
Et c’est d’autant plus inquiétant que, comme le souligne Transparency International, « la corruption est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie », produisant « un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques » ; lesquelles, à leur tour, ne sont plus « en mesure de contrôler la corruption ». Ainsi, on ne s’étonnera pas de trouver, dans les profondeurs du classement, la Somalie (180e sur 180 pays, avec un score de 10 sur 100), où plusieurs régions ont cessé de coopérer avec le pouvoir central de Mogadiscio, le Soudan du Sud (178e), ravagé par cinq ans de guerre civile, et le Soudan (172e), où le régime autoritaire d’Omar Al-Bachir est de plus en plus contesté, avec des manifestations récurrentes depuis décembre.
L’exception rwandaise
En Afrique, « les régimes autocratiques, les troubles civils, des institutions faibles et des systèmes politiques insensibles continuent de miner les efforts de lutte contre la corruption », pointe Transparency, citant les points communs aux pays les moins bien notés : « un exercice limité des droits politiques », « une liberté de la presse peu garantie » et « un Etat de droit faiblement développé ». « Dans ces pays, les lois sont souvent inappliquées et les institutions ne disposent que de peu de ressources, n’étant pas préparées pour traiter les plaintes pour corruption, poursuit le rapport. Les conflits internes et l’instabilité des structures de gouvernance contribuent en outre à des taux élevés de corruption. »
Lire aussi Au Kenya, la guerre contre la corruption ne convainc pas
A l’inverse, les pays africains les moins corrompus sont, sans surprise, les Seychelles (28e, avec un score de 66 sur 100), qui ont connu une transition démocratique exemplaire en 2016, le Botswana (34e), souvent cité comme un modèle de bonne gouvernance, et le Cap-Vert (45e), où l’Etat de droit est également bien ancré. Le Rwanda, où le président Paul Kagame a été réélu avec 98,7 % des voix en 2017 et où des ONG tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur la question des droits humains, est lui aussi bien placé (48e) et fait donc figure d’exception à la règle liant transparence et vitalité démocratique.
Transparency salue également les efforts fournis par le Sénégal (67e) et la Côte d’Ivoire (105e), où « des réformes institutionnelles, politiques et juridiques » ont été engagées et où les dirigeants ont fait preuve de « volonté politique » dans la lutte contre la corruption. L’ONG fondée en 1993 par l’Allemand Peter Eigen, un ancien cadre de la Banque mondiale, souligne enfin les progrès enregistrés par la Gambie (93e) et l’Erythrée (157e), où « l’engagement politique, appuyé par des lois, des institutions et la mise en œuvre de mesures, contribue à un meilleur contrôle de la corruption ».
Scandales en Afrique australe
En revanche, la situation s’est particulièrement dégradée au Mozambique (158e), où le scandale dit des « dettes cachées » implique plusieurs anciens responsables gouvernementaux accusés d’avoir dissimulé plus de 2 milliards de dollars (plus de 1,75 milliard d’euros) d’endettement. Le 29 décembre, l’ancien ministre des Finances Manuel Chang, visé par un mandat d’arrêt américain pour fraude et blanchiment d’argent, a été arrêté en Afrique du Sud. Au Mozambique, relève Transparency, « la multiplication des enlèvements et des agressions contre les analystes politiques et les journalistes d’investigation crée une culture de la peur qui nuit à la lutte contre la corruption ».
Lire aussi En Afrique du Sud, « même le pape, on l’aurait corrompu »
Autre pays touché par un vaste scandale de corruption : l’Afrique du Sud (73e), où la « captation de l’Etat » par les frères Gupta, des hommes d’affaires proches de l’ancien président Jacob Zuma, a défrayé la chronique ces dernières années. Depuis l’élection de Cyril Ramaphosa à la tête du pays il y a un an, « l’administration a pris des mesures supplémentaires pour enrayer la corruption au niveau national », indique Transparency, qui se félicite de « la mise en place de plusieurs commissions d’enquête », notamment sur « l’administration fiscale et la gouvernance du service sud-africain des impôts ».
De même, le nouveau président angolais, Joao Lourenço, arrivé au pouvoir en septembre 2017, affiche sa volonté de rompre avec les pratiques népotiques de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos. Il a notamment écarté sa fille, Isabel dos Santos, de la présidence de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol, tandis que le fils de l’ancien chef de l’Etat, José Filomeno dos Santos, a été accusé d’avoir conclu une opération frauduleuse d’un montant de 500 millions de dollars provenant du fonds souverain angolais. Le pays pointe à la 165e place du classement de Transparency, preuve que le problème de la corruption ne s’y limite pas à la famille dos Santos.
Déclarations de bonnes intentions
Enfin, l’ONG basée à Berlin se penche sur le cas du Nigeria (144e), où « le gouvernement du président Buhari a pris un certain nombre de mesures positives, parmi lesquelles la création d’un comité consultatif contre la corruption placé auprès du président, l’élaboration d’une stratégie nationale anticorruption et l’amélioration du cadre juridique et politique de lutte contre la corruption dans des domaines comme les marchés publics et la déclaration patrimoniale »… sans que ces efforts n’aient pour l’instant produit « les résultats escomptés ».
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Même volonté affichée au Maroc (73e), où l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information a permis au pays de rejoindre, en avril 2018, le Partenariat pour un gouvernement ouvert, un réseau multilatéral de gouvernements et d’organisations de la société civile engagés dans la lutte contre la corruption. Néanmoins, cette loi est « vivement critiquée », affirme Transparency, car elle contient « une série d’exemptions relatives à la défense nationale, à la sécurité intérieure et extérieure et aux informations privées qui affaiblissent son pouvoir général », si bien que la hausse du score du Maroc offrira « peu de réconfort à ses citoyens ».
Des déclarations de bonnes intentions aux mesures ayant un réel impact sur les populations, lassées des bakchichs quotidiens comme des pots-de-vin et détournements de fonds au plus haut niveau, il y a un fossé dont l’UA et ses pays membres doivent prendre toute la mesure pour que le continent ne demeure pas, indéfiniment, dans la zone rouge.
Fabien Mollon

Cfr :En Afrique, la corruption sape les bases de la démocratie (lemonde.fr)

Articles reproduits par le Leadership National Congolais de Progrès
Le 24 mai 2021
Dr François Tshipamba Mpuila
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