La faiblesse et la force des pouvoirs déshumanisants

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Tshipamba Mpuila
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La faiblesse et la force des pouvoirs déshumanisants

Message par Tshipamba Mpuila »

La faiblesse et la force des pouvoirs déshumanisants

Les pouvoirs déshumanisants rivaux du pouvoir démocratique sont notamment : l’occupation étrangère d’un autre pays, l’esclavage, la colonisation, la tyrannie de droite (militaire) et de gauche (communisme), l’absolutisme, le fascisme, le nazisme, l’apartheid et le racisme.

1. La première faiblesse de ses pouvoirs déshumanisants est intrinsèque

Cette faiblesse intrinsèque se trouve au niveau même des principes de ces pouvoirs : leurs principes contiennent des défauts graves, des incohérences et des contradictions fondamentales qui finissement inévitablement par entraîner l’effondrement et l’éclatement de ces pouvoirs. Les systèmes déshumanisants se caractérisent par le manque de l'auto-légitimité rationnelle de leurs fondements idéologiques.

Mais le pouvoir démocratique est, au niveau de ses principes, exempt de ces défauts, de ces incohérences et de ces contradictions. Les conflits politiques et sociaux qui se produisent dans les pouvoirs démocratiques sont plutôt dus à la conception tronquée, unidimensionnelle et individualiste de la personne humaine, à l’application incomplète et imparfaite des principes du pouvoir démocratique, à la représentation insuffisante des peuples dans les institutions et à la non-satisfaction de leurs aspirations profondes et légitimes par ceux qui sont censés les représenter dans les institutions.
Les défauts, les incohérences et les contradictions que contiennent, au niveau de leurs principes, les pouvoirs déshumanisants ci-haut cités sont notamment :

• La méconnaissance du caractère sacré et inviolable de la vie humaine, de la valeur de la dignité humaine, des libertés individuelles et publiques et des droits fondamentaux, civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels ;

• La méconnaissance de la liberté, de reconnaissance de soi, de l’estime de soi, de la considération de soi, de l’honneur, de l’indépendance, de la souveraineté nationale ;

• La méconnaissance de la créativité, de la capacité de la personne humaine à prendre des initiatives, à s’auto-gérer, à se prendre en charge, à s’organiser et à réussir ; à adhérer aux associations et aux organisations de son choix ;

• La méconnaissance de la sphère individuelle et privée de l’homme : ces pouvoirs veulent contrôler et régenter toute la vie de la personne humaine (vie privée et vie publique), l’organiser, la surveiller partout et à tout moment depuis sa naissance jusqu’à sa mort (dans la famille, dans la rue, à l’école, au travail, au W.C., dans le sommeil, dans ses rêves, au sport .…), lui dicter ce qu’il faut savoir, ce qu’il ne faut pas savoir, ce qu’il ne faut pas faire, ce qu’il faut faire et comment il faut le faire. Ces pouvoirs dévalorisent la personne humaine, l’humilient, l’infantilisent, l’étouffent, l’asphyxient, l’écrasent, empêchent son développement, son épanouissement et son progrès ;

• La méconnaissance du rôle du peuple en tant que le fondement et la source de la légitimité du pouvoir politique, de son organisation, de son fonctionnement et de son exercice ; la méconnaissance du peuple en tant qu’acteur et artisan de son développement et du progrès ; maître de son destin, et fin ultime du progrès ;

• Le recours à la violence, aux armes, à l’oppression, au mensonge, à la démagogie, à la propagande, aux méthodes et stratégies de manipulations des masses pour obtenir l’obéissance ;

2. Le Combat des Peuples et des Forces de Progrès

En plus de leur faiblesse intrinsèque ci-haut décrite, les pouvoirs déshumanisants sont combattus par les Peuples qui en sont des victimes et par l’ensemble des Forces de Progrès dans le Monde.

Aucun de ces pouvoirs déshumanisants ne peut survivre, persister, perdurer, tenir longtemps debout, si armé soit-il. Il ne peut survivre dans une société, dans un pays, s’y installer confortablement, se consolider, perdurer, y dicter sa loi s’il ne trouve aucune complicité, aucune confiance, aucun soutien, aucune collaboration, aucune légitimité auprès de certaines de ses victimes et de ses proies.
Lire à ce sujet notamment :

• La Dialectique du Maître et l’Esclave dans la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel (1807)
• Civilisation ou Barbarie de Cheikh Anta Diop, (1981),
• Le Discours de la Servitude volontaire » d’Etienne de la Boétie (1576)
• La fin de l’Histoire et le dernier Homme » de Francis Fukuyama (1992)

3. Les pouvoirs déshumanisants échouent et s’effondrent là où ils se heurtent à une conscience patriotique et démocratique aiguë, à un rejet absolu, total et non négociable, à la détermination, au courage et à la bravoure ; ils s’effondrent là où ils ne trouvent aucune naïveté, aucune lâcheté, aucune résignation, aucune capitulation, aucune complicité, aucune collaboration… chez les victimes
Les exemples de cette réalité sont légions dans l’Histoire. Citons-en quelques cas :

La Guerre d’Indochine est un conflit armé qui se déroula de 1946 à 1954 en Indochine française (actuels Vietnam, Laos et Cambodge). La France, malgré son armée puissante, essuya une défaite cuisante puisque, en Indochine, la France ne trouva aucune complicité, aucune collaboration chez les autochtones. Les autochtones, motivés par un sens très aigu de l’honneur, de la dignité, de la liberté, de l’indépendance et de la souveraineté nationale opposèrent une résistance farouche contre la puissante armée française et mirent l’armée française en échec.

La guerre du Viêt Nam (également appelée deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui opposa, de 1955 à 1975, la puissante armée américaine aux autochtones. Les autochtones, motivés par le sens aigu de l’honneur, de la dignité, de l’indépendance et de la souveraineté nationale, mirent en échec l’armée américaine.

La guerre d’Afghanistan qui opposa la puissante armée de l’URSS face aux moudjahidines (1979-1989). L’armée de l’URSS essuya un échec puisque les autochtones ne montrèrent aucune complicité, aucun soutien, aucune collaboration, aucune tolérance à la présence de l’armée de l’URSS sur leur territoire. Ils ont courageusement affronté l’armée de l’URSS et ils étaient prêts à accepter tous les sacrifices possibles y compris le don de leurs vies pour sauvegarder leur liberté, leur honneur, leur dignité, leur indépendance et leur souveraineté nationale. L’armée de l’URSS dut quitter l’Afghanistan.

4. La Meilleure Forteresse du Bourreau est la médiocrité, la naïveté et l’affection de ses victimes et de ses proies

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux »
(Pierre Victurnien Vergniaud, célèbre avocat, homme politique et révolutionnaire français)
Contrairement à ce que nombreux s’imaginent quand ils pensent que la servitude est forcée, elle est en vérité toute volontaire. Ceux qui croient que la servitude est obligatoirement imposée se trompent. Partout dans le Monde, un petit nombre qui est au pouvoir ne peut contraindre l’ensemble des autres citoyens à obéir aussi servilement. Tout pouvoir, même quand il s’impose d’abord par la force des armes, ne peut dominer et exploiter durablement une société sans la collaboration, active ou résignée, d’une partie notable de ses membres. Si le peuple est résolu à ne plus être asservi, il sera libre.

Plus on sert le tyran, plus il pille ; plus il exige des actes humiliants de ses collaborateurs et du peuple ; plus il détruit et ruine le pays ; plus il se fortifie et devient toujours plus fort et plus frais pour anéantir et détruire tout. Dès que l’on cesse de lui obéir, sans combattre, il devient nu et vaincu et n’est plus rien. Il est comme un arbre qui n’a plus de racine ni d’aliment, il devient sec et meurt.
Un tyran n’a d’autre pouvoir que celui que ses collaborateurs et le peuple lui donnent. Sans le soutien actif de ses collaborateurs et du peuple, n’importe quel tyran tombe. La désobéissance passive suffit à briser les chaînes de la domination.

C’est bien le peuple qui délaisse la liberté, et non pas le tyran qui la lui prend. Tout système déshumanisant s’installe et perdure là où les hommes non seulement se résignent à la soumission mais, bien plus, servent avec leur plein consentement. Certains hommes seraient même prêts à perdre leur vie pour sauver celle du tyran. Seule la servitude de l’homme permet au tyran de rester au pouvoir.
Le cas de la RDC
Le fait que les pouvoirs déshumanisants se sont installés facilement en RDC, y ont provoqué une tragédie, s’y consolident chaque jour, se pérennisent et aggravent continuellement la tragédie n’est pas dû à la force intrinsèque (qui n’existe pas) de ces pouvoirs, mais à la médiocrité, à la lâcheté, à la naïveté, à la complaisance, à la complicité et à la trahison du Leadership congolais (chefs coutumiers, leaders politiques, religieux, socioprofessionnels, dirigeants congolais, Milieux universitaires, Etudiants mouchards, leaders féminins….).

Ce Leadership se met dans le camp des auteurs des systèmes déshumanisants au lieu de renforcer les mécanismes et les moyens d’auto-défense qui étaient négligés dans notre superstructure idéologique traditionnel ; au lieu de rester dans le camp du peuple, d’adapter et d’améliorer notre superstructure idéologique traditionnel pacifiste, qui fait exclusivement l’éloge et l’apologie des valeurs politiques, sociales et spirituelles ; au lieu d’éduquer le peuple, de le sensibiliser, de le conscientiser, de l’encadrer, de le mobiliser, de lui apprendre à se défendre et à défendre la patrie, de l’entraîner à combattre sans relâche les systèmes déshumanisants, le Leadership congolais recourt plutôt à tous les moyens y compris la corruption, la manipulation, le tribalisme, les mensonges… pour amener le peuple à tolérer les systèmes déshumanisants en RDC, à les accepter et à leur obéir. Ainsi se construit la pyramide de la domination sociale dont parle Etienne de la Boétie dans « le Discours sur la Servitude volontaire ».

La Cause principale de la Tragédie Congolaise n’est pas à chercher dans les ressources naturelles de la RDC, ni dans la position multi géostratégique de notre pays, ni dans les richesses naturelles de notre pays, ni dans les ambitions expansionnistes et hégémonistes des Occidentaux et de certains pays voisins (Ouganda, Rwanda), mais dans la médiocrité du Leadership congolais.

Sans la complicité du Leadership congolais, aucune puissance extérieure n’aurait réussi à entrer facilement dans notre pays, à s’y installer confortement, à s’y enraciner profondément, à piller les richesses naturelles de notre pays, à mettre le peuple congolais à genoux, à l’écraser, à le massacrer…

Le Leadership Congolais n’a pas seulement livré le peuple et la patrie en pâture aux ennemis étrangers, il s’est comporté comme les ennemis étrangers : les Congolais qui ont accédé au pouvoir ont démontré que le pouvoir équivaut pour eux à une vulgaire mangeoire. Ils ont été des fossoyeurs de l’Etat, des affameurs, bourreaux et assassins du peuple, des pilleurs des caisses de l’Etat, et des prédateurs des ressources nationales.
L’un des paramètres fiables qui nous aident à évaluer le degré de la médiocrité du Leadership Congolais est l’existence et la persistance de la tragédie dans notre pays, sa durée et son ampleur.

Fait le 11 03 2022
Pour le Leadership National Congolais de Progrès
Dr François Tshipamba Mpuila
GSM +32-493-325-104 ; E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr

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